La préparation d'un tel voyage n'est pas une mince affaire, préparer le trajet, trouver le voilier, sélectionner l'équipement
nécessaire puis équiper le voilier.
Préparation du Trajet
Choix du Voilier
Equipement personnel
Equipement du voilier
Préparation du Trajet:

Il est déjà loin le temps où ce projet a germé dans mon esprit. Je ne suis même plus capable de dire quand l'idée est apparue.
Ce que je sais par contre, c'est que l'idée a tout de suite été de faire le tour du monde. Je n'ai jamais imaginé un autre but que le
tour du monde. Quant au trajet, il m'est aussi apparu très rapidement évident, passer par les 3 caps.
Il a fallu ensuite s'attaquer au détail et tout d'abord, il a fallu informer ma mère.
Sa réaction: 
Le choc de la nouvelle passé, j'ai continué à travailler et ai beaucoup surfé sur le Net pour trouver des forums, des sites, des
informations fournies par des navigateurs ayant déjà réalisé un tel parcours. Je me suis alors rendu compte que la majorité
des tourdumondistes passait au mieux par les 2 canaux (Suez et Panama) voire uniquement Panama dans les 2 sens.
Sans rejeter tout à fait cette option, j'ai étudié ce que serait un passage par Suez et Panama mais ai assez vite abandonné l'idée
, surtout pour ce qui est du Canal de Suez.
Et puis, les rencontres, les lectures, l'analyse de la météo et des conditions aux différentes périodes m'ont dernièrement
fait changé d'avis et j'ai donc décidé de partir par le canal de Suez pour commencer.
Plusieurs raisons à cela:
- Il y avait certes ma préférence pour l'océan Atlantique mais en partant en Mars, j'arrivais en Afrique du Sud en juin,
c'est à dire en plein hiver là-bas et même si il ne fait pas trop froid en hiver au Cap, la température peut
descendre à 10°C et je n'ai pas tellement envie de me protéger du froid si tôt dans mon périple.
- A cette période, les vents moyens sont de force 6, à savoir 50 km/h et ce ne sont que des moyennes.
- Il existe un courant qui descend entre l'Afrique et Madagascar vers le Sud et qui lève des énormes vagues quand le vent
est contre ce courant, ce qui arrive souvent en hiver là-bas(notre été).
- Je souhaite aussi arriver assez tôt à la Réunion (non pas pour les moustiques...).
- Ce trajet me permettra de passer par les Seychelles qui sont absolument à voir d'après beaucoup de monde
- Pour Panama, sans rejeter définitivement l'idée d'un retour par ce passage, je préfère passer par le Cap Horn
pour revenir, pas seulement pour éviter les problèmes qui peuvent survenir dans cette zone d'Amérique Centrale,
mais aussi tout simplement parce que j'espère pouvoir boucler mon tour du monde par le grand, le mythique, le superbe Cap Horn.
Pour le reste du voyage, j'ai simplement repéré les pays que je souhaitais visiter et éliminé ceux qui représentaient un réel danger
(instabilité politique, pirates, ...). Il a fallu ensuite organiser le parcours en suivant les vents dominants, les courants, en
sélectionnant les pays en fonction du parcours. C'est ainsi que j'ai décidé de ne pas aller en Asie, d'éviter l'Afrique ainsi que la
majeure partie de l'Amérique du Sud.
Pour ce faire, j'ai utilisé différents outils:
- les sites des ambassades et de
la diplomatie Française
- Les indispensables livres de Jimmy CORNELL "Routes de Grandes Croisières" et "Escales de grandes croisières".
- Les "pilots charts" pour tous les océans. Il s'agit de cartes reprenant pour chaque océan, mois par mois, les statistiques
des vents et courants observés sur plusieurs années. On obtient ainsi petite zone par petite zone, l'orientation des vents et
leurs forces. Les cartes peuvent être achetées ou plus simplement téléchargées gratuitement en totale légalité sur le site
américain de la
NATIONAL GEOSPATIAL INTELLIGENCE AGENCY.
- Et des lectures, MOITESSIER, SLOCUM, Nicole VAN DE KERCHOVE, ..., autant de grands marins, de grandes histoires, de grands rêves.
Le seul problème dans tout cela, c'est que tout est virtuel, le trajet, les conditions météo, la vitesse estimée du voilier
servant de base au calcul du temps en mer, la durée des escales...
La réalité est parfois bien loin, la mer décidera de tout à commencer par la date de départ qui pourra être repoussée si les
conditions météo le décident.
Choix du Voilier:

Quel casse tête, il y a le bateau idéal, le budget idéal, l'équipement idéal, l'équipière idéale (non, je m'égare, je pars seul!)...
En fait de bateau idéal, il n'en existe pas, ou plutôt aucun qui le soit pour tout le monde. Pour moi, le bateau idéal doit être
solide, rapide, résistant, confortable... Bon jusque là, je pense que tous les marins seront d'accord.
Je ne parlerai que des monocoques, un multicoque étant trop cher et non adapté à mon programme. En effet, un catamaran est certes
très rapide et super stable, mais tellement stable qu'il l'est aussi bien à l'endroit qu'à l'envers!!!
Pour un monocoque, Il y a tout d'abord le matériau de construction. Acier, Aluminium, Polyester, Ferrociment, Bois...
le choix est large.
- l'Aluminium: Il est vrai que l'aluminium est très prisé pour le voyage, il est léger et très solide mais il a 2 défauts majeurs,
l'electrolyse et le prix. En effet, les voiliers Alu sont très chers, même et surtout d'occasion, un Ovni coûte plus cher d'occasion
que neuf (Eh oui!!!) je n'ai pas le budget pour.
- L'Acier: pas de problème de prix pour ce matériau, mais un problème de poids, le poids! Un voilier en acier est assez lourd
donc beaucoup plus lent. Il n'en demeure pas moins qu'un tel voilier est extrêmement solide, voire incassable et donc très sécurisant.
J'ai longtemps hésité entre acier et polyester. M. Moal, créateur de la société
CNA m'avait présenté un Ile Disko, voilier Acier de 13m.
Certes, ce voilier n'était pas dans un état parfait, il y avait pas mal de choses à faire à l'intérieur mais sans la découverte d'IDEFIX,
mon SUN SHINE, j'aurai sans doute acheté l'Ile Disko. Il n'en reste pas moins que ce type de voilier présente un handicap,
la revente. Comme il s'agit d'un voilier de grand voyage, le nombre d'acheteurs est limité.
- Le Ferrociment: pas grand chose à dire, ça a l'air très solide mais je ne m'y risquerai pas personnellement.
- Le Bois: très solide, assez facile à travailler, c'est sans doute une option pour qui fait du cabotage. Je n'irai pas non plus en grande
traversée avec ce type de voilier, mais c'est sans doute plus par méconnaissance.
- Le Polyester: c'est le matériau le plus répandu, donc les voiliers les moins chers. On trouve de tout parmi les voiliers en
polyester, il faut bien sûr faire attention à ce que l'on trouve. il est vrai qu'en France, beaucoup ne jure que par l'aluminium pour
les voiliers de voyage. C'est à mon avis un problème franco-français, la majorité des voiliers de grands voyages chez nos voisins
Anglais, Suédois, ..., sont en polyester.
Certes, il faut bien choisir. Parmi les voiliers neufs, je ne m'amuserai pas à partir loin sur un grand nombre d'unités. L'évolution
de la production des voiliers a poussé les chantiers à réduire les coûts et la résistance des voiliers a, à mon avis, sensiblement diminué.
Les productions d'il y a une vingtaine d'année étaient beaucoup plus solides au dire de nombreux spécialistes.
Une fois le choix du matériau effectué, en l'occurence le polyester, il reste à choisir, la longueur, le type de gréement, ...
Premier problème, la catégorie de conception. Pour les novices, un voilier possède une catégorie de conception (A, B, C, D).
Chaque catégorie indique la capacité d'un voilier. Pour un voilier en catégorie A, le voilier pourra supporter des vagues de plus de 8
mètres et des vents supérieurs à force 8.
Pour qu'un voilier soit en catégorie A, il faut en général qu'il fasse plus de 10 mètres (il existe néanmoins des voiliers de
moins de 10 mètres classés en catégorie A). On a donc la taille minimum, mais quelle est la juste taille?
Et bien ça dépend, du nombre de passagers, du programme... En solitaire, je ne voulais pas avoir un voilier trop grand car il serait
trop difficile à manoeuvrer tout seul. J'avais donc choisi des voiliers entre 10 et 13 mètres. Il y a aussi un problème de prix,
chaque mètre supplémentaire coûte cher, un voilier de 12 mètres étant en général 2 fois plus cher qu'un voilier de 10 mètres.
Et il y a le dicton "petit voilier, petit problème, gros bateau, ...". CQFD.
La longueur étant choisie, il ne reste plus qu'à passer plusieurs heures sur Internet. A l'aide du bouquin quasiment indispensable
"Le guide du voilier d'occasion de 9 à 12 mètres", on apprend asez vite à connaître tous les voiliers du marché et en discutant
à droite à gauche, on découvre les bonnes occasions, les marques à éviter, celles qui ont très bonnes réputations...
L'équipement personnel:

L'Informatique
Communication
Vêtements
Les loisirs
L'informatique:
C'est l'outil indispensable pour moi, d'ailleurs, je pars avec 2 PC. Je me suis finalement décidé
pour 2 ordinateurs portable, un ACER que j'ai depuis presque 1 an et un DELL que je viens d'acquérir. L'idée est surtout de
ne pas tomber en rade d'informatique, non pas que je compte uniquement sur l'informatique pour naviguer, mais surtout pour mes loisirs.
L'ordinateur me servira pour travailler l'informatique, la rédaction de mon journal de bord, l'envoi et la réception des emails,
l'écriture de mes mémoires...(pour la correction automatique de l'orthographe).
La communication: Pour garder le contact avec mes amis terriens, 2 possibilités, le satellite ou la BLU.
- Le satellite: un réseau de satellite permet, avec le téléphone irridium, de téléphoner, d'envoyer ou de recevoir des emails
partout sur la planète. Le hic de ce système est le prix. Le prix de l'équipement, d'environ 1500 euros et le prix des communications,
de 1$50 la minutes avec une vitesse de transfert de fichier de 2,6 Kb/s.
- La BLU (Bande Latérale Unique): il s'agit d'ondes radio qui, du fait qu'elles peuvent se propager et se réflechir dans les hautes
couches de l'atmosphère, permettent ainsi d'établir des liaisons avec des stations réparties partout dans le monde. Les données
sont transformées en ondes radio pour être envoyées aux stations qui les transmettent ensuite sur le réseau.
Le système est un peu plus cher à l'achat (2000 euros) mais ensuite, le coût est fixe, 250$ par an pour 90 minutes de transfert
par semaine, de quoi recevoir et envoyer pas mal de mails, même si le taux de transfert n'est pas très important.
Le handicap de ce système réside dans l'installation de la station (surtout pour l'émission) et le flou autour du type de licence
radio qu'il faut avoir pour utiliser un tel matériel.
Le choix a été fait, c'est l'Iridium que j'ai choisi. Grosse facture à l'achat, 2400 euros pour le téléphone et 500 minutes de communication
prépayées. Mais je vais essayer d'utiliser la BLU pour recevoir des cartes météos. En connectant la radio à
l'entrée micro de l'ordinateur, un logiciel décode les signaux et les interprètent pour sortir des prévisions météo, des cartes de
pression et de vent. Le plus difficile est de connaître les fréquences d'émissions et les heures. Si j'arrive à recevoir la météo ainsi,
j'éviterai de trop utiliser l'Iridium pour la météo et mes minutes seront utilisées pour appeler la famille et les amis.
La BLU va aussi me servir à me tenir au courant de l'actualité, même en pleine mer. En effet, on peut capter même très loin
des radios comme RFI ou la BBC. Pour cela, il faudra que j'installe une antenne de qualité, on verra cela en Méditerranée.
Mes vêtements:
bien entendu, il y a les vêtements spécifiques, ceux de mer et ceux que je compte mettre le plus
souvent possibles, des shorts.
Je pars avec 3 tenues complètes pour différentes conditions. 2 tenues pour les conditions difficiles et une tenue MUSTO MPX
pour le très gros temps. J'ai aussi mis plusieurs polaires dans ma valise et quelques "costumes de Batman", à savoir des sous-vêtements
respirants.
Et puis, il ya les shorts et les tee-shirts, en grande quantité car ceux-ci seront mes habits les plus fréquents.
Les loisirs:
que l'on ne se trompe pas, des semaines en mer, ça ne veut pas dire 20 minutes de sommeil par tranche
de 2 heures toutes les 8 heures... Avec les pilotes automatiques, le bateau avance tout seul. L'electronique veille et surveille.
Il faut donc occuper les journées. Certes, on navigue un peu, on trace sa route, on remplit le journal de bord mais cela est loin
de combler les longues journées et flémarder au soleil n'a jamais été mon fort. J'ai donc avec moi de quoi m'occuper:
- Beaucoup de livres, romans, essais, ... et je compte sur vous pour m'aider à compléter
ma bibliothèque en me fournissant vos idées.
- Une guitare basse, MERCI DAVID. (au moins au milieu de l'océan, personne ne se plaindra du bruit)
- De quoi apprendre l'Espagnol et me perfectionner en Anglais
- De quoi apprendre à programmer en Delphi, C++...
Oui,oui, je sais!!!
- Des films
- Beaucoup de musique
- Du matériel de pêche
- Des mots croisés, Sudoku, jeux d'échec sur PC, ...
Equipement du voilier:

Le détail de l'équipement du voilier est repris dans la description de mon voilier.