Vous pouvez accéder directement au date qui vous intéresse en cliquant sur les lien ci-dessous.
Les dates apparaissant en couleur offrent des liens vers des photos, les positions géographiques vers une carte.
Vous pouvez visualiser le parcours déjà réalisé avec Idefix sur la carte Mon Parcours
NOVEMBRE 2005
01/11/2005
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Salon Nautique du Crouesty. 1 jour ne sera pas suffisant, il m'en faudra 2 pour faire le tour de ce paradis de la voile.
J'y ai vu plusieurs voiliers dont 1 Sun Rise particuliérement intéressant.
05/11/2005 : Transat Jacques Vabre. Départ des monocoques de la Transat Jacques Vabre sur la vedette du PAH, Merci Frédérique.
18/11/2005
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Visite avec CNA. Visite de 2 voiliers avec M. Moal de Courtage Nautique des Abers - http://www.cna-yachts.fr/
24/11/2005 : Lancement du Site Internet. C'est parti pour le site Internet, il est en ligne même si pour l'instant, je ne donne pas trop l'adresse du site, j'attends d'avoir finaliser quelques projets.
29/11/2005
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Plusieurs visites sur La Rochelle. Visite d'un Furia 332 et d'un Feeling 346.
30/11/2005
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Visite d'un Gib Sea 106. Visite à Lorient d'un Gib Sea 106 assez sympa mais un peu cher vu les défauts constatés.
DECEMBRE 2005

22/12/2005 : Visite d'un Sun Shine. Suite à l'annonce vu sur le site STW, visite d'un Sun Shine 36 tout équipé pour le tour du monde. La visite est très concluante, ce voilier me conviendrait parfaitement.">
JANVIER 2006

03/01/2006 : Proposition pour IDEFIX. Contact du propriétaire d'IDEFIX, le Sun Shine visité; le 22 décembre pour une proposition. Après négociation, l'affaire semble conclue à 60 500 euros. C'est un peu au-dessus du budget prévu mais il en vaut la peine.
10/01/2006
:
Position :
45° 56' N / 0° 57' W
LE BATEAU EST ACHETE!!!. Me voici donc l'heureux propriétaire d'IDEFIX, Sun Shine 36 de 1983. Il me reste quelques travaux de préparation de la coque avant une remise à l'eau et un convoyage de La Rochelle vers BREST.
Il est à voir dans Mon Voilier
24/01/2006
:
Position :
45° 56' N / 0° 57' W
Remise à l'eau d'IDEFIX. Après avoir remis un bel Antifouling, Idefix est reparti à l'eau, non sans un peu d'émotion. Dès le lendemain, en route pour Brest avec 2 matelots de fortune, Loïc et Stéfan, respectivement le grand et le petit frère.
25/01/2006
:
Position :
46° 30' N / 1° 47' W
1er voyage d'IDEFIX jusqu'aux Sables d'Olonne. Départ de Rochefort à 14H00 en compagnie de Loïc (mon grand frère). Nous arriverons à 2H00 du matin dans le port des Sables d'Olonne.
26/01/2006
:
Position :
46° 41' N / 1° 56' W
Petite journée vers St Gilles Croix de Vie. La météo n'est vraiment pas avec nous, certes le vent est bien là mais la mer est formée (2m de creux) et le froid est difficilement supportable. C'est décidé, je n'irai pas au Groenland. Cela a au moins été un bon moyen de tester mon équipement, je suis bien content d'avoir acheté mon ensemble Musto en Gore Tex, il fait chaud là-dessous.
Une fois au port, Loïc et moi attendons le troisième équipier, notre petit frère Stéfan.
27/01/2006
:
Position :
47° 20' N / 2° 30' W
En route pour la Bretagne. Loïc, Stéfan et moi, par un froid glacial faisons route vers la Turballe pour qu'Idefix retrouve les terres de Bretagne. Le temps est vraiment glacial, un bon vent de 20 noeuds d'est qui nous permet d'avancer à 7 noeuds à la voile avec 3 ris dans la grand voile et un génois enroulé ne laissant que 20 % de sa surface. C'est donc une bonne nouvelle que de voir que mon voilier avance vite et bien même avec une surface de voile très réduite. Nous arriverons au moteur de nuit à la Turballe et la douche chaude, même si elle sera limitée à 7 minutes par personne fera un bien fou.
28/01/2006
:
Position :
47° 35' N / 3° 1' W
Et en plus il neige.. Stéfan a décidé d'aller récupèrer sa voiture et de nous retrouver au bateau à la Trinité sur mer. Loïc et moi partons donc pour la Trinité sous la neige,assez surprenant en Bretagne. En 5 heures de route, nous aurons tout de même le temps de nous frigorifier. A l'arrivée sur la Trinité, avec une visibilité d'environ 500 mètres, c'est à un ponton recouvert de 3 cm de neige que j'amarre mon voilier.
Je retournerai mardi sur Idefix pour finir le voyage vers Brest en solo.
FEVRIER 2006

01/02/2006 :
Position :
47° 38' N / 3° 27' W
En route pour Groix. Je retrouve IDEFIX pour un voyage vers Brest, en solitaire cette fois. Je fais une première halte à l'ile de Groix, il n'y a vraiment personne en février là-bas.
02/02/2006 :
Position :
47° 49' N / 4° 10' W
Loctudy. Rien à signaler, je me gèle en Bretagne.
03/02/2006
:
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
IDEFIX est à la maison, accueilli par des dauphins.. Ponton J, place 10. C'est ici qu'IDEFIX va passer le mois et demi qui nous sépare du grand départ. Pour y arriver, cela n'a pas été des plus faciles. D'abord, il y a eu la formidable rencontre avec un petit groupe de dauphins gris qui m'ont accompagné au niveau de la pointe de Penmarc'h. Difficile de prendre des photos, sans pilote le bateau ne va pas droit et sans vitesse, les dauphins ne jouent plus. J'ai quand même eu le temps de faire une petite vidéo à télécharger sous le journal de bord ou la section photos-vidéos.
La suite a été moins drôle avec une panne de gasoil pour un problème de vanne. Pas trop gênant, sauf quand on est à moins de 1 km du Raz de Sein que je venais de passer, avec une mer bien formée. Gardant mon sang froid, je me suis écarté du Raz avant de réamorçer le moteur, 1 heure 30 quand même la tête dans le gasoil. Arrivé à 22H30 sur Brest, vraiment crevé et frigorifié...
14/02/2006
:
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
Ma mére découvre IDEFIX. Un petit tour de Brest à Camaret à bord d'IDEFIX pour faire découvrir à ma maman les joies de la navigation à voile. Un bon moment.
26/02/2006 :
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
Changement de programme.. Après beaucoup de réflexions, une bonne analyse météo, j'ai décidé de modifier le début de mon programme en prenant l'option Canal de Suez en lieu et place d'un passage par le Cap de Bonne espérance. C'est la météo (jusqu'à 10°C au Cap au mois de juin, des vents moyens de force 6 à 7) qui est la principale raison de ce changement mais le tour du globe sera quand même là.
MARS 2006

10/03/2006 :
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
Retour à Brest. Après un dernier petit tour pour dire au revoir à la famille et aux amis, me voilà de retour sur Brest. Premier moment délicat avant le départ, un peu d'émotion en disant au revoir à ma grand-mère, en quittant Messas ou Le Havre et en me disant, regardant dans le rétroviseur, que je ne reviendrai qu'après mon projet réalisé... Je commence ainsi à envisager ce que sera le jour du départ, ..., on verra bien.
En attendant, le calendrier de mes escales a été complété et je vous invite à aller y jeter un petit coup d'oeil.
12/03/2006 :
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
1 semaine. Encore 7 jours avant le grand jour. A partir de lundi ou mardi, j'aurai déjà une idée sur la météo du week-end prochain, je vous tiens au courant.
15/03/2006 :
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
La météo devrait être bonne.. Les données météo m'arrivent petit à petit et tout semble bon pour dimanche. Il va y avoir un bon coup de vent dans la journée de samedi mais tout devrait être OK pour dimanche et le début de la semaine suivante pour passer le golfe de Gascogne. Je continue de préparer IDEFIX, beaucoup de rangement et un problème de pilote qui traîne et que je dois absolument régler avant le départ. Côté communication, j'ai mon téléphone satellite mais là aussi, quelques soucis à régler avec mon fournisseur. J'espère que tout va bien se goupiller d'ici à dimanche et que j'aurai le temps de mettre sur le site toutes les infos pour me contacter.
17/03/2006 :
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place.. Scéance rangement pendant une partie de la journée. Côté pilote, les 2 sont maintenant fonctionnels. La météo est correcte pour Dimanche, départ confirmé.
18/03/2006 :
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
Dernier jour.... Les courses ont été faites (un ticket de caisse d'1m50) et chargées à bord avec l'aide de la famille pour tout décharger et un gros coup de main de Daniel pour tout ranger. Un dernier petit restau le soir et c'est parti. En ce samedi, le vent a beaucoup soufflé sur la Bretagne, j'espère que les prévisions seront exactes pour dimanche et que la mer ne sera pas trop démontée ce qui peut arriver après 3 jours de vents comme on en a connus. J'espère que les prochaines nouvelles arriveront de la mer. Le coeur est gros à l'aube de cette nouvelle aventure. A dans 2 ans.
19/03/2006
:
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
LE DEPART. On court un peu le matin, quelques courses à faire encore et du rangement sur le bateau. Il y a quelques amis et la famille qui sont venus pour m'accompagner ou me soutenir...
En tout cas, j'ai vraiment beaucoup apprécié leur présence, ça fait chaud au coeur tout comme les coups de fil que j'ai reçus ce jour pour me souhaiter bonne chance. Merci à tous pour vos pensées.
20/03/2006 :
Position :
48° 16' N / 4° 35' W
A CAMARET. Je ne pensais pas que ma première étape serait Camaret mais un BMS ( Bulletin Météo Spécial ) et 5 pains de la boulangerie Autret m'ont poussé à changer mes plans. J'analyse aujourd'hui la situation météo pour envisager mon départ aujourd'hui pour l'Espagne.
24/03/2006 :
Position :
48° 16' N / 4° 35' W
Toujours bloqué à Camaret.. Après un départ un peu raté pour récupérer du pain spécialement préparé par un ami boulanger M. Autret à Argenton, j'ai voulu résoudre mon problème de téléphone satellite qui ne recevait pas les SMS. Et puis la météo s'en est mêlée. Depuis 4 jours, des vents soutenus, supérieurs à 25 noeuds avec des pointes à près de 40 noeuds, des vents de sud sud-ouest sur l'Espagne rendant difficile l'approche de la péninsule hispanique, une mer formée, de la pluie. Je suis donc toujours bloqué et attends de voir cet après- midi les prévisions pour les prochains jours. J'ai bon espoir de pouvoir quitter la France dimanche pour des cieux plus cléments. En attendant, la vie sur le bateau prend forme, je m'occupe pas mal, je bricole et j'ai commencé à lire l'un des 150 bouquins que j'ai pris avec moi.
Je continue donc de scruter le ciel en attendant le soleil et des vents favorables, mais pas de pression, j'ai tout mon temps.
AVRIL 2006

02/04/2006
:
Position :
48° 16' N / 4° 35' W
Pour en finir avec Camaret. Après 2 semaines dans la jolie mais trop petite ville de Camaret, une fenêtre météo s'ouvre enfin me permettant de partir mercredi 5 avril (le temps de voir Milan-Lyon quand même).
Ces 15 jours à Camaret m'auront quand même laissé le temps pour bricoler, ranger et me balader. Cela a aussi permis à ma chatte Nan de s'habituer au bateau et au mouvement, le port de Camaret n'étant pas très bien abrité de la houle.
J'ai eu pendant tout mon séjour ici un voisin de choix, l'Abeille Bourbon. Pour ceux qui l'ignorent, l'Abeille Bourbon est le remorqueur le plus puissant du monde. Il est basé sur Brest où il a remplacé il y a peu l'Abeille Flandre.
Ce remorqueur a en charge la sécurité des navires et des personnes (en collaboration avec la SNSM) sur toute la Bretagne et particulièrement le rail d'Ouessant, zone de tous les dangers. Dès que le vent monte et que la mer devient forte, l'Abeille Bourbon sort de Brest et vient se positionner à Camaret, au Conquet ou au large de Ouessant. Cela permet de gagner au moins 30 minutes en cas d'intervention sur un navire en perdition. L'abeille Bourbon est donc depuis 2 semaines quasiment sans arrêt au large de Camaret, preuve s'il en était besoin que la météo n'était vraiment pas favorable pour un départ. C'est un excellent indicateur pour les marins dans la région.
A part l'Abeille Bourbon, j'ai aussi profité des quelques moments d'éclaircies pour me balader un peu en vélo autour de Camaret jusqu'à la pointe de Penhir.
Cette première escale a aussi été l'occasion de mes premières visites, Ghislaine et Laurent sont en effet venus 2 fois me voir, une bonne occasion pour cuisiner un gâteau au chocolat.
05/04/2006 :
Position :
48° 16' N / 4° 35' W
C'est Parti. Enfin, tous les feux sont au vert. Les vents qui étaient orientés sud ouest depuis plus de 2 semaines ont enfin tourné au nord est. 2 jours de vents soutenus de nord vont laiser place à des vents plus modérés,l' idéal pour un commencement. Départ jeudi 6 avril, avec un peu de retard sur le planning mais j'ai tout mon temps.
07/04/2006
:
Position :
46° 38' N / 6° 47' W
En route pour l'Espagne. Parti depuis 2 jours, je suis en ce vendredi soir à mi-chemin entre la Bretagne et l'Espagne. La première nuit n'a pas été facile.Je regrette de ne pas m'être occupé du grincement incessant de la barre à roue pendant mon séjour à Camaret. Il est vrai que la météo ne m'encourageait pas à bricoler dehors. Le soleil est donc tombé sur ma première nuit en pleine mer, seul, et j'avoue que j'ai passé de meilleurs moments dans ma vie. Durant la nuit, le pilote automatique barre le navire et le radar scrute l'horizon à intervalle régulier pour me prévenir d'un obstacle. Et des obstacles, il y en a dans cette zone, l'alarme sonnait en moyenne une fois par heure.
Bref, entre les grincements de la barre et l’alarme du radar, un empannage et une température de 9°C dedans, 7°C dehors, j'ai dormi à peine 2 heures cette nuit, je suis bien crevé mais je m'habituerai. Cela n’a pas empêché Nan de dormir elle, d’ailleurs elle a continué sa nuit toute la journée et continue encore.
En ce vendredi, le vent fait défaut, j'avance pas mal au moteur, la mer est un peu agitée, ça brasse pas mal et je n'ai pas encore pu avaler un repas digne de ce nom. Seul mon petit déjeuner ce matin a été bien copieux. J'ai passé cette première journée à bouquiner l'excellente BD "le sommet des dieux", j'ai pris ma première douche sur le pont (il fait seulement 13°C dehors, j'ai fait vite). Je pense arriver dimanche en Espagne, et passer une bonne nuit sans scruter le moindre bruit suspect. Je retrouverai aussi alors l'usage de mon téléphone portable.
Kenavo
09/04/2006 :
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Première escale. Après 3 jours de mer me voici en Espagne, plus précisement à La Corogne. Le dernier jour de mer a été assez éprouvant avec moins de 3 heures de sommeil au total et une réduction de la voilure à 4 heures du matin sous un vent de 30 noeuds (60 km/h pour simplifier). Dès le bateau bien amarré, j'ai tout de suite été prendre une douche, bien plus agréable que celle prise sur le pont par 13°C. Mon premièr après-midi ici m'a permis de découvrir à pied le centre de La Corogne, des petites ruelles, des beaux monuments, une vue imprenable sur la mer qui entoure littéralement la ville. Le temps de manger un morceau, ce qui ne m'était pas arrivé depuis 24 heures et je continue ma balade jusqu'à ce petit cyber café à 1,2 € de l'heure d'où j'écris ce message et qui est branché sur Fréquence3, une radio ... Francaise avec donc les 40% de chansons de notre hexagone. De quoi ne pas me dépayser trop vite. Le fait d'être encore en Europe fait que mon portable capte, vous pouvez donc m'appeler sans surcoût.
A+ et bonne semaine à vous
11/04/2006
:
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Decouverte de La Corogne. Ma découverte de La Corogne a commencé par ma rencontre avec Georges, André et Jacques, venus de Bénodet sur un Pogo 8.50 et qui ont affronté des vents de 50 noeuds pour arriver jusqu'ici. Après un déjeuner à bord de VAMOS, un apéro sur IDEFIX et un dîner en ville (la paella typiquement espagnole), ils s'en sont allés vers le sud pour ensuite rejoindre Toulon, nouveau port d'attache du voilier. Une première rencontre vraiment très sympa dont vous découvrirez les photos dans la partie Photos & Videos du site. La Corogne est une ville vraiment agréable, assez grande et plutôt jolie. Il est temps pour moi de reprendre ma route pour une courte période, la prochaine escale est proche. J'aurai quand même l'occasion avant de larguer les amarres de passer dire bonjour à Claude, une autre rencontre, un Québécois qui via les Açores rejoint la France pour une visite de l'hexagone. Vraiment sympa de l'entendre parler de son périple et de son pays avec cet accent si chantant. Puis je répondrai favorablement à l'invitation pour boire le café sur un catamaran arrivé hier. Vraiment pas de quoi s'ennuyer dans les ports.
14/04/2006
:
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Encore à la Corogne!!!. Hier, comme prévu, j'ai largué les amarres pour me rendre á Portossin ou Vilagarcia, un peu au sud du Cap Finisterre. A peine la digue passée, une mer courte et hachée m'attendait avec le vent dans le nez. Et c'est là que les problèmes ont commencé. Le moteur n'arrivait pas à prendre des tours, un bruit étrange venait du fond du bateau et je n'avançais vraiment pas. Alors que j'allais me décider à faire demi tour, le moteur s'est arrêté. Impossible de le relancer. Le catamaran Malusteva de Paul, Dominique et un autre Paul avec qui j'avais pris le café avant de partir m'a alors rattrapé. Contact pris par la VHF et une fois le problème expliqué, ils me proposent gentiment de me prendre en remorque pour me ramener à la Corogne. Ils ont même eu la gentillesse de contacter le port pour organiser mon arrivée, la solidarité en mer... Il est vrai que sans moteur pour manoeuvrer un bateau de 6 tonnes, les choses peuvent vite devenir difficiles. J'ai été accueilli par Alex, l'employé du port parlant en plus Français, qui avec son petit zodiac m'a pris en charge à l'entrée de la marina. Analyse effectuée par un mécano, j'ai tordu l'axe de l'hélice, je ne sais pas où exactement mais il va falloir réparer et les 2 jours avant le WE sont fériés pour la semaine sainte en Espagne... J'attendrai donc lundi. Mais il n'y a pas que des mauvaises nouvelles, ce retour m'a permis de faire des rencontres. A peine amarré, Alexandra, en stand by à la Corogne attendant 2 équipiers et une fenêtre météo pour convoyer un voilier vers l'Angleterre est venue me rendre visite. Nous avons sympathisé. Après quelques courses, nous avons été invités par 2 anglais qu'Alexandra connaissait déjà, Alan et Steeward. Nous avons été rejoints par Alex à la fin de son service. Après avoir dégusté une bonne quantité de Rhum des Caraïbes, nous sommes tous allés manger un morceau à 23H, l'heure normale pour dîner ici. Alan et Steeward qui repartaient vers le Nord nous ont quittés après le restaurant, ils partaient le lendemain pour ramener le catamaran en Angleterre. Alex nous a alors emmenés dans un petit bar où il nous a offert à boire, la soirée s'est terminée vers 3 heures. De quoi faire connaissance. Alexandra est Suisse, a vécu à Miami, en Afrique du Sud, connaît un peu tous les coins du monde, son métier est de convoyer des bateaux pour l'instant, avant peut-être de faire un peu de Charter. Elle est vraiment sympa, elle a la pêche et m'a prodigué quelques bons conseils pour mes escales à venir. C'est vraiment bien d'avoir les impressions de professionnels de la mer.
Alex lui est Anglais, il est arrivé il y a 2 ans sur son bateau de 8 mètres. Il était en fait en route pour les Açores mais n'a jamais quitté La Corogne depuis.
Le 14, Alexandra a enfin récupéré son deuxième équipier et la météo étant correcte pour remonter vers le nord, ils ont pris la route. Petit pincement en voyant Alexandra partir, chaque Français qui part m'éloigne un peu plus.
Mais pas le temps de m'ennuyer, j'ai dans l'après midi rencontré Joe et Jane chez qui j'ai déjà pris 5 ou 6 thés (avec du lait!). Nous avons même mangé à bord avec Alex, Jane cuisine vraiment très bien. J'ai échangé pas mal d'info avec Joe, il m'a passé quelques logiciels et documents sous format informatique, je lui ai copié des films en VO que j'avais à bord (Hitchcock et Monty Python). Ce sont vraiment des gens charmants, ouverts au monde, heureux de faire des rencontres et de partager leur expérience, un vrai bonheur.Le bateau de Joe est un peu comme la caverne d'Ali Baba, on y trouve vraiment de tout.
Mais c'est surtout avec Alex que j'ai passé pas mal de temps, il me fait rencontrer beaucoup de gens ici, et même s'il parle très bien le Français, nous parlons souvent Anglais.
15/04/2006
:
Position :
42° 52' N / 8° 32' W
Une Visite, pas un pèlerinage!. Il ne faut pas confondre le tourisme avec la religion, si je me retrouve un jour à 1 heure de train de La Mecque ou du mur des lamentations, j'irai sans aucun doute. J'ai donc pris le train à La Corogne le matin et en 53 minutes, j'étais à Saint Jacques de Compostelle, Santiago de Compostella en local. La ville n'est pas trop grande et une demi journée est suffisante pour faire la visite. La ville est vraiment jolie, des petites ruelles étroites débouchent sur de grandes places. A chaque coin ou presque on trouve une église, un monastère, une cathédrale... La fameuse cathédrale de Saint Jacques est située sur la grande "Praza Do Obradoiro", elle est vraiment imposante. En entrant, j'ai été impressionné par le gigantisme de ce monument puis par le fanatisme... De nombreuses personnes attendaient pour pouvoir se recueillir sur la colonne du porche de la gloire représentant l'apôtre St Jacques. Il y aurait sans aucun doute pas mal de comparaisons à faire avec d'autres religions, il n'y a finalement pas beaucoup de différence.
L'intérieur de la cathédrale est aussi impressionnant que l'extérieur, pourquoi tant de luxe?
Le tour du centre ville est assez raide, les petites rues, même à la mi-avril sont assez fréquentées, il y a de nombreuses boutiques de souvenirs dont une au nom qui rappelle que c'est ici une terre Celtique. La Galice est en effet proche des pays celtes, raison sans doute pour laquelle je me sens bien ici.
Après 6 heures de marche, je suis rentré vraiment fatigué mais content d'avoir découvert cet endroit dont je vous conseille la visite si vous passez à moins d'une heure comme je l'étais.
20/04/2006 :
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Remise à l'eau. Pour résoudre mon problème, j'ai du sortir lundi Idefix de l'eau. Un mécano est venu et nous avons démonté l'axe et l'hélice. L'axe était effectivement bien tordu. Mais le mécano qu'Alex m'avait conseillé a réussi à redresser l'axe. Après remontage, j'ai remis Idefix à l'eau mercredi puis je suis retourné à la marina du centre de La Corogne où Alex et Joe m'ont aidé à amarrer le bateau. Je suis allé voir Bill, un autre Anglais qui vit sur son bateau avec son épouse pour savoir où ils allaient voir le match Arsenal-Villa real. Et me voici une fois encore invité à manger, un superbe plat de lasagnes maison accompagné d'un bon verre de vin rouge et Allan Stivell en musique de fond. La soirée s'est bien finie avec la victoire d'Arsenal. Bill et Ana naviguent à travers l'Atlantique depuis environ 10 ans, ils sont vraiment adorables.
Côté mécanique, il me reste à vérifier le réglage avec le mécano cet après midi et à faire ma déclaration à l'assurance.
Je pense rester à la Corogne au moins jusqu'à samedi, Alex organisant une fête à laquelle je suis convié vendredi soir. Et puis il y a la météo que je dois analyser.
24/04/2006
:
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Un axe tordu mais une vie tranquille. Je n'imaginais pas avant cette première escale combien chaque moment, chaque endroit pouvait m'apporter. J'ai fait tellement de rencontres ici, croisé tellement de gens vraiment sympathiques, échangé des idées, écouté des histoires, des vies... Et comme je l'ai déjà dit, la ville est agréable, je vous conseille vivement la Corogne, en attendant de vous conseiller j'espère chacune de mes escales si elles peuvent toutes être du niveau de celle-ci. Mais il va être maintenant temps pour moi de larguer les amarres, après la demi finale retour Villareal-Arsenal, sans problèmes moteurs ou je ne sais quoi pour me déranger. En route pour le Portugal, en 3 jours à Lisbonne en route directe ou en plus si je fais des pauses. La côte Ouest de l'Espagne et du Portugal est très fréquentée par les pêcheurs, je devrai donc rester suffisamment loin pour éviter que le radar ne sonne toute la nuit mais pas trop loin pour éviter la route empruntée par les cargos et notre Clémenceau qui doit passer par ici dans peu de temps. J'espère surtout que le soleil pourra accompagner ce parcours, cela fait une grande différence quand on peut passer son après midi au soleil à bouquiner.
26/04/2006 :
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
ARSENAL-BARCELONE. Non, ce ne sont pas mes prochaines escales mais simplement la finale de champions league pour cette année, enfin je le crois. J'étais hier soir dans un bar avec Bill et Ann et nous étions bien sûr les seuls supporters d'Arsenal. Changement de décor aujourd'hui, nous allons supporter avec tous les espagnols les joueurs de Barcelone.
MAI 2006

03/05/2006 :
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Toujours à La Corogne mais je bosse. J'attends maintenant une fenêtre météo correcte pour passer le cap Finisterre à la pointe Espagnole.
Mais en attendant, je bosse, j'apporte quelques améliorations au bateau et à ce site qui est maintenant disponible en Anglais.
Et je continue les rencontres et les découvertes.
08/05/2006
:
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Petit cours de météo. On finit par se demander dans les chaumières, et moi le premier, mais que fait il donc encore à La Corogne... Et bien j'attends, que le monde change, que changent les gens, que ce monde étrange se perde et que tournent les vents... (c'est pas du Delerme). Non, je suis vraiment en train d'attendre que les vents passent au nord pour pouvoir aller au Portugal. Mais j'ai une date butoir, il faut que je sois dans un grand port le soir du 17 mai, c'est vital (dommage pour l'OL). Vous trouverez dans le lien du journal de bord une petite explication météo, si en plus je peux vous apprendre 2 ou 3 trucs sympas.
12/05/2006 :
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
En attendant je marche. La Corogne est une ville sympa, je l'ai déjà dit, mais en plus elle accueille des évènements internationaux comme la 22ème coupe du monde de marche. Depuis hier, j'observe donc des gens à la drôle de démarche déambuler dans les rues de La Corogne comme des pantins désarticulés. J'ai ainsi une pensée pour certains que je connais qui se font le marathon ou le semi marathon, il faut du courage, je suis fatigué rien qu'en y pensant. Pour la course de ce WE, le circuit est à 2 pas du port, si vous regardez la télé, vous pourrez peut-être voir Idefix, je suis au bout du 2ème ponton, je porterai une rose à la boutonnière, un beret et une baguette de pain!!!
18/05/2006 :
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Devinez où je suis?. Qu'il a été triste pour moi et mes amis Anglais de voir Arsenal perdre de cette façon contre Barcelone. La compétition qui existe entre la Galice et la Catalogne fait qu'il y avait beaucoup de supporters d'Arsenal ici. Enfin, la prochaine échéance sportive commence le 9 juin, où serai je?
Je commence à manquer d'inspiration pour bricoler sur le bateau, la météo annonce maintenant des vents jusqu'à 55 noeuds (100 km/h) pour le début de la semaine prochaine, ça commence à faire beaucoup.
Nan a de plus en plus de fans dans le port et s'invite maintenant sur les bateaux de mes voisins. En parlant de voisins, j'ai vu arriver Jean-Pierre et Didier sur un Sun Rise venant de Bretagne. J'ai été invité à déguster des crêpes faites maison, un régal. Il y a maintenant 5 bateaux Français dans le port, nous attendons ensemble le feu vert d'Eole pour nous lancer vers le Sud.
24/05/2006
:
Position :
43° 22' N / 8° 22' W
Une escale qui se termine. Cela faisait quelques temps que je n'avais pas donné de nouvelles et surtout mis de nouvelles photos que vous pourrez voir sur le site. Il faut dire que mon escale a été bien plus longue que prévue, riche de rencontres, de découvertes et d'enseignement. Ainsi donc, le jour de mon départ pour le sud (enfin) je vous informe d'une nouvelle modification de taille dans mon parcours. J'ai pris par mal de retard au départ avec une météo capricieuse. Ne pouvant arriver sur la mer rouge avant le mois de Juillet, je me retrouverai dans la pire des périodes pour passer en mer rouge, l'été. Sur la mer rouge en Juillet et Août, il fait 50° à l'ombre mais sans ombre. De plus, si je décale mon départ, je n'arriverai qu'en septembre à la Réunion, la période des cyclones commence en octobre et il vaut mieux ne pas être dans le coin à ce moment. Rajoutons qu'un navire de plaisance s'y est encore fait attaqer dernièrement et que beaucoup de gens croisés m'ont conseillé d'être armé dans ces zones st le constat est vite fait, pas de canal de Suez, pas de mer rouge. Mais alors que va t'il faire vous dites vous, où donc va t'il aller???
Et bien, je vais continuer mon petit bonhomme de chemin. J'ai décidé d'aller faire un petit tour en Méditerranée au début de l'été, je risque d'ailleurs de venir vers le sud de la France du côté de la frontière Franco Espagnole avant d'aller faire un tour en Corse, Sardaigne... Je vous raconterai ça. Et puis vers le mois d'août ou septembre, je repasserai Gibraltar pour filer vers les îles de l'Atlantique, Madeire, Canaries, Cap Vert puis je traverserai l'Atlantique vers les Antilles. ce faisant, je reprends un parcours que l'on pourrait qualifier de plus classique. Je ne manquerai pas de mettre à jour le site ultérieurement.
Cette étape aura été importante pour beaucoup de choses, des rencontres, des infos et des décisions, dont la principale, à quoi servirait un tel voyage si ce n'était pour faire des rencontres et que les rencontres, on ne peut les faire que si on reste un minimum de temps à un endroit. Finis donc les calendriers trop précis, je vais simplement vivre mon voyage et c'est déjà pas mal.
Ces dernières semaines à la Corogne m'ont aussi permis de continuer les visites et les rencontres. 2 voiliers Français cette semaine, une balade sur un voilier Anglais avec Alex il y a 15 jours, la 22ème coupe du monde de marche, la défaite d'Arsenal, plein d'aménagement sur Idefix, une inspection en tête de mât à 16 ou 17 mètres d'altitude (ça bouge la haut). Je me suis vraiment senti bien ici pendant un peu plus d'un mois. Les Espagnols sont vraiment chaleureux, gentils, souriants. Les Espagnoles sont charmantes, très branchées mode, très soucieuses de leur apparence. La Galice ressemble beaucoup à la Bretagne, même paysage, climat assez proche, même mentalité.
Je suis maintenant sur le départ, le bateau est bien rangé, le frigo est plein, les batteries sont chargées, le deuxième pilote réparé (j'ai refait les soudures), un bonne nuit de sommeil et je serai en route jeudi en début d'après midi pour un nombre indéterminé de jours de voile, cela dépendra surtout du nombre de bateaux (pêcheurs, cargos, voiliers...) que je croiserai et de la qualité de mes nuits de sommeil en mer, rendez vous à la prochaine news.
28/05/2006 :
Position :
39° 21' N / 9° 22' W
PENICHE - PORTUGAL. Tout d'abord bonne fête à toutes les mamans et particulièrement la mienne.
Je suis arrivé au Portugal après 2 jours de mer dont une nuit assez agitée au large du cap Finisterre où j'ai eu des vents jusqu'à 45 noeuds (85 km/H) en pointe enregistrés sur l'anémomètre. Sous 2 ris et génois bien enroulé, par vent arrière, IDEFIX avançait à près de 7 noeuds.
Allant vers le sud, je touche enfin le soleil et la chaleur. La dernière journée, en short sur le pont, sous spi, je cherchais l'ombre pour m'abriter. Je suis arrivé en soirée à PENICHE, petite cité possédant une citadelle du XVIème siècle et entourée par des remparts. Ces remparts n'ont pas arrêté les Anglais qui ont débarqué en 1589, décidément, les Anglais et les débarquements...
Maintenant que j'ai passé le cap Finisterre, le climat a vraiment changé, alors que la Corogne ressemblait au sud Bretagne (25° l'été), ici, il fait déjà 30°C à 11H et le soleil ne sera à son zénith que vers 15H00. Heureusement, il y a un peu d'air, juste assez pour ne pas dépasser 27°C dans le bateau, rideaux fermés. Nan n'est d'ailleurs pas folle, elle reste bien tranquille dans le bateau. Après avoir pris une douche et effectué les formalités d'entrée, je me suis fait une petite balade au musée et dans la ville. Sur une dizaine de Portugais avec qui j'ai parlé jusqu'ici, 8 parlaient très bien le Français. C'est étonnant de voir les traductions en Anglais et Français dans les restaurants, les cafés, le musée. Mais pas de traduction en Espagnol?? La ville semble vraiment ouverte au monde, résultat d'une histoire et d'une situation gégraphique qui a fait de ce lieu un passage très fréquenté par les voyageurs.
JUIN 2006

03/06/2006
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Position :
36° 8' N / 5° 21' W
Gibraltar, à un cheveu de l'Afrique. Mon idée en partant de PENICHE lundi dernier était d'atteindre tranquillement dans la soirée Lisbonne. Le vent portant bien, le soleil bien présent et ma grande forme m'ont fait changer d'avis et je me suis dis que je pouvais bien filer directement jusqu'à Cadix. M'approchant de Cadix après 2 jours de mer, j'ai pris un bulletin météo et vu que le détroit de Gibraltar allait être dur à passer dans les prochains jours, j'avais donc une demi journée pour me lancer avant que les vents d'Est, donc contraires ne viennent me barrer la route. J'ai donc pris directement la direction du détroit. Au petit matin, dans un brouillard tel que je ne pouvais voir les côtes (que mon radar lui voyait très bien), le vent a commencé à forcir. Il m'a manqué 3 ou 4 heures pour arriver vraiment tranquillement. Au lieu de cela, j'ai dû tirer des bords au milieu du détroit de Gibraltar, des cargos et des pétroliers, par 30 noeuds de vents contraires (55 km/h) avec une houle de 2 à 3 mètres elle aussi contraire. Secoué dans tous les sens, le bateau gîtant jusqu’à 40°, je suis quand même arrivé dans la baie de Gibraltar. Une halte à Algeciras le premier soir, les ports de Gibraltar étant remplis par une régate, et me voilà enfin à quai et je vais profiter un jour ou 2 du fameux rocher. Les photos seront disponibles dès demain.
07/06/2006
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Position :
36° 50' N / 2° 26' W
ALMERIA. Retour en Espagne non sans mal, décidément, j'ai encore des vents contraires. Depuis mon départ, j'ai vraiment l'impression d'avoir régulièrement les vents contre moi. Ainsi donc, après 1 jour et demi en mer à tirer des bords pour remonter le vent, avec une houle contraire d'environ 2 mètres, et un trafic intense dans cette région, je suis arrivé ce matin sur Almeria, sur la côte sud de l'Espagne. Je suis un peu vidé de n'avoir pas beaucoup dormi. J'ai aussi été surprs par la lourde chaleur ici, pas moins de 32° à 11H.
Je vais certainement voir Marguerite et Jean-Philippe ce soir ou demain, ils sont en vacances dans le coin. J'observe aussi la météo, je ne veux pas passer à côté d'une bonne fenêtre pour remonter et ne pas râter trop de matches de la coupe du monde... Ah le foot...
13/06/2006 :
Position :
38° 58' N / 1° 18' E
San Antonio - IBIZA - BALEARES. Le pourcentage d'avis de coup de vent au mois de juin en Méditerranée est de 0.8%. Cela fait donc une journée en juin tous les 4 ans avec des vents à 30 noeuds. Comme j'ai vraiment de la chance, j'ai pris 4 jours de coup de vent, de face en plus, avec une mer formée, à prendre de l'eau un peu partout. J'ai donc pris pour 16 ans de coup de vent en Méditerranée au mois de juin, Youpi...
Cela a commencé en quittant Almeria, les fichiers météo les plus récents ne prévoyaient pas de vent au dessus de 15 noeuds. Résultat, après 3 heures, j'étais en train de batailler à l'avant pour changer de voile, avec 30 noeuds de vent en pointe, au prés (contre le vent). J'ai à cette occasion pris mon premier bain, complètement recouvert par 2 grosses vagues. La nuit a été assez difficile, le bateau gîtait fortement et de l'eau s'infiltrait par le capot de l'entrée (il va falloir que je refasse toute l'isolation). J'ai disposé des serviettes pour protéger l'électronique. Au petit matin, après 22 minutes de sommeil, j'étais toujours dans le gros temps. Allant vers le Nord Est, c'est à dire exactement la direction d'où venait le vent, j'ai tiré des bords pendant 4 jours (6 heures vers le nord, 6 heures vers l'Est puis à nouveau le Nord...). Résultat, j'ai doublé la distance et la durée pour arriver ce matin à 6 heure à San Antonio, port de la côte Ouest de l'île d'Ibiza aux Baléares, juste à temps pour voir le premier match de l'équipe de France. J'espère que le vent va enfin tourner pour me permettre d'arriver plus facilement en France. Mon départ va être conditionné par la météo.
14/06/2006 :
Position :
38° 58' N / 1° 18' E
Match Nul. Quelle déception hier, après avoir tant fait pour voir ce match, j'aurais espéré mieux de la part de notre équipe. La balade à Ibiza aura été courte, je repars cet après-midi vers le nord. J'aurais pu me balader plus longtemps mais le prix prohibitif ne me pousse pas à rester. Dommage car le paysage a l'air sympa, c'est sans doute un lieu agréable à visiter en septembre octobre, avec un peu moins de monde. Il y a ici énormément d'Anglais, on y parle d'ailleurs presque plus Anglais qu'espagnol. J étais hier, pour voir les matches de la France puis du Brésil, dans 2 pub où les matches étaient retransmis en Anglais par la BBC. Sympathique d'ailleurs de voir l'analyse de Marcel Desailly, consultant pour la BBC. Surprenant aussi de voir que les espagnols et les Anglais nous placent parmi les 4 équipes favorites, mais cela c'était avant le match. En sortant du pub à 23H hier soir, j'ai pu apercevoir l'Ibiza dont on parle souvent, de la musique à fond dans la rue, des boîtes de nuit un peu partout, la fête et la débauche, c'est sans doute pour cela qu'il y a tant d'Anglais.
18/06/2006 :
Position :
42° 37' N / 3° 22' E
St Cyprien. Je ne suis là vraiment que pour voir le match de l'équipe de Frqnce en éspérant un score favorable, on verra bien. Dès demain, je suis à Port Camargue pour un bout de temps.
20/06/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Port Camargue, retour à la source (Perrier). C'est juste à côté d'ici que le projet a commencé, avec la maison à rénover, la vente et le départ pour Brest. Je n'avais vraiment pas prévu de passer par ici mais la modification de mon programme m'a tout naturellement poussé à venir faire un petit coucou aus joyeux Nîmois. J'ai prévu de rester au moins un bon mois ici, le temps de voir la coupe du monde bien sûr (pour la France ça risque d'être court) mais surtout de faire toutes les modifications et aménagements sur mon bateau. Le bilan après 3 mois est plutôt bon, exceptées les rentrées d'eau par les hublots et la descente. Ceci va faire l'objet de mon plus grand chantier cet été.
Je n'aurai pas dans les prochaines semaines beaucoup de choses à raconter, ne vous attendez pas à recevoir des nouvelles régulièrement. D'autant qu'en revenant en France, je redécouvre les joies de notre pays, pas de cyber café, accès Internet difficile et au moins 4 fois plus cher qu'en Espagne, pas de poste équipé pour MSN, le bonheur quoi.
Côté décor en plus, il y a plus beau que la région de Port Camargue ou de la Grande Motte. Mais l'avantage de cette région et de ce port, c'est qu'il y a des places de port disponibles et que le tarif est l'un des plus avantageux de la Méditerranée.
A bientôt donc pour les prochaines nouvelles, en espérant qu'on l'on puisse se réjouir de la qualification de nos Bleus. Je vous attends sur Idefix si vous êtes dans le coin ou si vous prévoyez un petit séjour dans la région.
26/06/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Viva España. La vie dans le Port s'organise doucement. J'ai eu le plaisir de recevoir la visite de plusieurs de mes amis Nîmois, j'ai été avec eux à Nîmes où nous avons vécu, souffert et finalement vibré avec notre équipe de France. Pas mécontent de s'en être sorti. A part cela, avec de 30 à 37°C, difficile de beaucoup travailler sur le bateau. Pour l'instant, je fais surtout sécher quelques livres qui ont mal supporté les infiltrations d'eau. J'ai de toute façon pas mal de temps devant moi.
Mon programme journalier s'organise systématiquement autour des matchs de foot, j'ai d'ailleur prévu d'aller jusqu'à Nîmes en vélo mardi pour le match de la France. Je vais en profiter pour me refaire une partie de squash pour ne pas trop perdre la main.
J'espère pour mardi que l'on ne sera pas ridicule, je dois repasser par l'Espagne dans quelques temps moi...
Allez les bleus
30/06/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Vamos a la casa. Ils l'ont fait. Et oui, mon emploi du temps étant organisé autour de la coupe du monde de foot, il est normal que mes nouvelles soient fortement influencées par les résultats des équipes nationales et surtout la nôtre. Pour voir ce match, j'ai encore fait des efforts, 60 km en vélo pour aller jusqu'à Nîmes, 1 heures de squash (3 victoires...) puis un repas plein de légumes (merci Sandrine) et en route pour voir le match sur une terrasse d'un bar de Nîmes. Et à partir de ce moment, ce ne fût que du bonheur mais inutile d'en rajouter, le plus gros reste à venir, et je ne parle pas que de Ronaldo (amis lecteurs de l'équipe). Suivons donc l'exemple de nos voisins Germaniques et renvoyons ces Américains du Sud qui ne réussissent que très rarement sur le vieux continent (en Suède en 58 c'était une erreur).
Mais il n'y a pas que le foot dans la vie, il y a aussi le cyclisme et le dopage, à moins que ce ne soit la même chose. Ullrich va pouvoir voir tous les derniers matchs de la coupe du monde, il doit être content...
Ici, il fait toujours très chaud, difficile de bosser mais j'y arrive quand même. J'ai installé un nouveau feu de mouillage à LED et j'ai changé un injecteur défaillant sur mon moteur. Je continue de faire sécher au soleil des livres qui avaient pris l'humidité, je dois commander les joints de hublots la semaine prochaine.
A bientôt sur Idefix.
JUILLET 2006

03/07/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Sur la route de Berlin. Non, il ne s'agit pas de ma prochaine destination, quoique si vous avez des places et que la soirée de mercredi prochain est une réussite, pourquoi pas. Mais bon, restons dans l'euphorie du week end avant de nous opposer aux Portugais dont on pourra dire pour nous rassurer qu'ils sont les moins fair-play de toutes les équipes avec 20 cartons. Le football n'occupant plus chacune de mes journées, faute de match, je trouve toujours pas mal de choses à faire sur le bateau. Aujourd'hui, grande lessive, pas moins de 14 kg de linge à laver puis à étendre sur le bateau, un peu partout. La chaleur écrasante et le manque d'air ces derniers jours rendent chaque activité difficile, je prends jusqu'à 3 douches par jour et change régulièrement de vêtements (d'où les 14 kg de linge).
Rendez vous après mercredi en espérant que nos bleus nous feront encore vibrer.
06/07/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Ils l'ont fait. Moment de grand bonheur après une soirée de stress intense. Il en aura fallu du temps et de la chance mais nous y sommes. Encore une marche et notre Zizou sera définitivement dans l'histoire. Ces moments partagés avec mes amis Nîmois me confortent dans le choix que j'ai fait de repasser en France cet été, je ne crois pas que j'aurai été le bienvenue en Espagne ou au Portugal, quant à l'Italie, espérons que l'histoire de 2000 se répètera.
11/07/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Une page se tourne. C'est fini, les bleus ne seront pas champions du monde. Nous aurons rêvé ensemble et nous resterons un peu déçus du geste malheureux de celui qui nous aura si souvent fait vibrer. Finalement, si on se replace au début de la compétition ce n'est pas si mal, et puis on a fait mieux que les Allemands...
Après une sortie en mer avec Eric, Cécile et Ava, nous avons vécu la finale avec plusieurs amis Nîmois sur l'avenue Feucheres de Nîmes, devant l'écran géant, au milieu d'un bon millier de spectateurs.
De retour à Port Camargue, je continue le bricolage et je prépare les visites. Ma cousine Hélène Mercredi, Jean-Marie et Marie-Jeanne la semaine prochaine, ma mère début Août, Jérémie fin août avant que je ne reprenne la mer. Beaucoup de travail en perspective, je vous raconterai.
14/07/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Un vrai petit ballet. Les 2 derniers jours, j'ai eu le bonheur de revoir ma cousine Hélène accompagné par Max, ils ont passé 1 nuit à bord, souffrant sans doute un peu de la chaleur écrasante mais sans jamais se plaindre. Nous avons profité de la plage qui se trouve à moins de 100 m du bateau, c'est vraiment agréable pour aller s'aérer de temps en temps. Demain, c'est au tour de Ghislaine et Laurent d'arriver sous le soleil du Languedoc.
20/07/2006
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Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Des visites et du soleil. Une petite newsletter au milieu de mon séjour Méditerranéen suite à quelques remarques sur mon silence et pour faire plaisir à Anne. J’en ai profité pour ajouter des photos après un long silence.
Alors que la chaleur écrasante rend chaque activité physique fatigante, les douches et bains de mer sont les seuls moyens de faire baisser un peu la température corporelle. Pas moins de 35°C de moyenne depuis le début du mois de juillet; dans le bateau, il fait régulièrement plus de 30°C . Je compte surtout sur le vent pour aérer le carré et les cabines. Le soir, selon les jours, il faut attendre minuit pour obtenir moins de 25°C.
Côté activité, j’ai reçu de nombreuses visites, des Nîmois, ma cousine Hélène et son copain Max, Ghislaine et Laurent de Brest, Jean-Marie, Marie-Jeanne et Jérémie de retour de Barcelone accompagnés par Joëlle la Montpelliéraine.
J’ai retrouvé avec plaisir des amis Nîmois pour une leçon de squash !!!, un restau le midi, une soirée plage à Port Camargue, une sortie en mer. Je suis même repassé à Vauvert mais sans émotion particulière.
Comme je l’avais dit, j’ai pas mal de choses à faire sur le bateau, de l’électricité, des cables à passer notamment dans le mât, de la couture et autres petites bricoles. Avec la chaleur, j’avance doucement mais je n’ai pas de pression. J’attends surtout de recevoir les joints de hublots que j’ai commandés pour améliorer l’étanchéité qui a fait tant défaut au large de Gibraltar. J’apporte quelques améliorations, je range mieux mes affaires et je prépare surtout un sac de vêtements dont je n’aurai finalement pas l’usage et que je vais donner à ma mère quand elle passera me voir au mois d’août. J’avais en effet prévu un peu trop de pulls, polaires et pantalons alors même que je n’utilise que des shorts et des tee-shirts.
Et puis, j’ai pu avoir une vision de l’histoire de mon bateau en allant sur le site de Pataventure que m’a gentiment indiqué Denis que j’avais rencontré à Camaret.
C’est sympa d’avoir des nouvelles de gens que j’ai rencontrés durant le début de mon périple. J’ai ainsi eu des nouvelles de Malusteva de Tunisie, Bill et Ann d’Irlande, Joe et Jayne d’Espagne…
Pour le moment, je n’ai fait aucune rencontre ici. Il est vrai que l’été n’est pas forcément propice aux rencontres, la majorité des bateaux et des personnes ne sont là que pour des vacances, un court séjour. Les rencontres recommenceront après mon départ de France début Septembre.
Bonnes vacances à tous.
31/07/2006
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Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Week end en mer. Après l'anniversaire de Camille fêté vendredi soir sur Nîmes, je suis revenu sur Idefix avec Camille, Ludivine, Adrien, Arnaud et Fabien pour un week end en mer. Nous sommes partis en début d'après midi vers Frontignan où nous sommes arrivés à 20H00. Le lendemain, retour sur Port Camargue avec un vent portant, sous spi à bonne vitesse. Première expérience agréable pour un équipage qui a été bien attentif et connaît maintenant parfaitement le noeud de chaise, comment lofer, choquer et plein de mots sans utilité en dehors d'un voilier...
AOUT 2006

09/08/2006
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Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Du vent, des visites et la nouvelle.. Avant toute chose, bienvenue à Lilian BOURDIN, né le 8 août à 14H30. Les parents Rodolphe et Frédérique, le petit frére Maël se portent bien.
Pour ce qui est de Port Camargue et de mon périple, je recois actuellement ma mère. J'avais prévu de l'emmener vers la frontière Espagnole, lui faire découvrir la mer. Mais voilà, ma relation avec la mer Méditerranée depuis mon passage du détroit de Gibraltar n'est décidément pas facile. Depuis le 1er août, le vent souffle sans cesse. Pas moins de 70 km/h avec des pointes à 100, pas l'idéal pour une découverte de la mer, surtout avec la Méditerranée qui lève rapidement une mer cassante. Comme il est hors de question de prendre des risques avec ma mère, nous avons donc profiteé de la voiture pour nous promener dans les environs et découvrir Montpellier, Arles, Aigues-Mortes...
Je profite aussi de la présence de ma mère pour me donner quelques conseils de couture (je débute).
Le bateau devant être sorti de l'eau le 14 août, j'espère que le vent nous laissera le loisir de sortir un peu.
14/08/2006
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Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Le vent n'en finit pas de souffler.. Après plus d'une semaine d'attente et de balades dans les environs en voiture dont une partie présentée dans la nouvelle précédente, le vent est enfin un peu tombé. 25 noeuds le vendredi, 15 à 20 le dimanche, juste de quoi faire une petite sortie en mer pour ma mère, bien loin de la frontière espagnole où j'espérais l'emmener. Son séjour a tout de même été complet avec pas
mal de visites et du travail à bord d'Idéfix.
Juste avant de remonter avec elle, j'ai sorti une nouvelle fois Idefix de l'eau pour nettoyer la coque qui après 8 mois dans l'eau était déjà bien sale. 2H30 de nettoyage au kärcher pour venir à bout des algues et coquillages avant de prendre la route pour Messas puis Le Havre.
25/08/2006
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Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Une naissance merveilleuse.. C'est aussi l'une des raisons de mon passage en France, je n'avais pu passer voir le petit Maël avant qu'il ait 3 mois, je ne voulais pas renouveler l'opération avec le deuxièeme. C'est ainsi que je suis remonté avec ma mère le 14 août après avoir sorti le bateau puis que j'ai pris le train jusqu'au Havre pour voir le petit Lilian que vous pouvez découvrir sur les photos ci-jointes ou directement sur son Blog (son frère Maël a aussi le sien) que vous trouverez dans la page liens de mon site.
Cette semaine dans le nord a été très agréable, j'ai pu profiter de ma mère et passer faire une visite à ma grand-mère.
SEPTEMBRE 2006

08/09/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Je bosse. Pas beaucoup de nouvelles depuis longtemps car mes journées sont bien remplies. Encore une petite semaine avant de repartir avec un bateau tout neuf ou presque dont vous découvrirez très prochainement les photos.
18/09/2006 :
Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Le temps passe.. Toujours bloqué sur la zone technique de Port Camargue, prêt à repartir à l'eau à part un point, et de taille, le secteur de barre. Comme je dois vite repartir au bateau pour bosser, je ne vais pas rentrer dans les détails, j'espère pouvoir partir le plus tôt possible. En attendant, je fais de nombreuses rencontres ici avec des gens vraiment sympas qui me donne des coups de mains, des conseils. Je vous en raconterai plus très bientôt.
25/09/2006
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Position :
43° 31' N / 4° 7' E
Un nouveau départ. Après un long silence dont vous trouverez l'explication complète avec les photos sur le site, me revoilà. Après ma visite dans le nord, je pensais prendre 1 à 2 semaines pour remettre un peu en état Idefix. Les travaux ont finalement été plus longs que prévus. J'ai surtout découvert quelques gros problèmes qu'il me fallait absolument résoudre avant de partir, ma sécurité étant en jeu. J'ai donc pris le temps pour travailler correctement et j'avoue que le résultat me plaît beaucoup. J'espère que vous pourrez apprécier la nouvelle ligne d'Idefix. Je repars donc pour le sud, en espérant que la Méditerranée sera plus clémente avec moi que lors de ma remontée. L'objectif est donc maintenant de repasser Gibraltar pour revenir dans l'Atlantique et prendre la direction des Canaries. Je n'ai pas encore fixé d'escales précises d'ici aux Canaries, à part Gibraltar au moins pour faire le plein (à 70 centimes le litre de gazole). Après une si longue escale, j'ai hâte de retrouver la mer et de pouvoir donner des nouvelles plus souvent et vous faire partager mes rencontres.
OCTOBRE 2006

07/10/2006 :
Position :
36° 38' N / 2° 7' W
Sur la route de l'Atlantique. Après une très longue escale française, j'ai enfin repris la mer. Je n'ai pu partir que mardi dernier, le 3 octobre, avec une fenêtre météo pas trop défavorable. J'ai largué les amarres avec un bon vent force 7, une mer agitée... Bref, 2 jours au régime eau et biscuits avant de me ré-amariner. L'habitude revenue, je me prépare à nouveau, pizzas, pâtes et salades.
Au sud de la côte espagnole, je retrouve le soleil et des températures agréables, le short et les tee-shirts. Pour la première fois en Méditerranée, le vent et la mer ne sont pas trop contre moi, c'est tout de suite plus plaisant quand on peut, allongé sur la banquette du cockpit, dévorer au soleil un Benacquista, Vergas ou Grangé. Avec jusqu'à 2 romans par jour, je rattrape des années de non-lecture!
Les paysages que je retrouve lorsque je m'approche un peu des côtes m'éloignent un peu plus de la France et de l'Europe que l'on connaît. Il y a des airs d'Orient dans ces villages qui bordent le sud de l'Espagne, des palmiers, des petites maisons blanches dont les jardins se confondent avec le sable foncé. Je m'approche déjà d'Almeria que je visitais il y a plus de 3 mois avec mes amis Marguerite et Jean-Philippe. Cette fois-ci, pas de halte.
Mon voyage retrouve enfin un goût d'ailleurs.
Les conditions ont l'air propices pour me permettre d'arriver rapidement sur Gibraltar, y faire une courte escale et mettre les voiles vers les Canaries.
09/10/2006
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Position :
36° 8' N / 5° 21' W
Un air de déjà vu. De retour à Gibraltar que j'avais déjà visité en Juin. Cette fois-ci, je n'ai mis que 5 jours pour aller de Port Camargue à Gibraltar, une bonne moyenne. Je ne vais pas rester longtemps, à peine une journée, et ensuite direction les Canaries. Il ne fait pas super beau aujourd'hui, la température ne dépasse pas les 22°C. Seul bémol, en arrivant, j'ai voulu prendre une bonne douche et faire une lessive, pas de bol, une conduite d'eau a cassé et la moitié de Gibraltar n'a pas d'eau avant ce soir, je patiente donc. A part cela, le bateau, le chat et le capitaine se portent bien.
11/10/2006 :
Position :
36° 8' N / 5° 21' W
De retour dans l'Océan. Avec un jour de retard qui m'a permis de récupérer mon linge propre, je reprends la mer. Au programme, la traversée du détroit de Gibraltar puis cap au Sud Sud Ouest vers les Canaries pour 6 jours de mer environ. La météo ne semble pas trop capricieuse, j'espère qu'avec l'atlantique, je vais retrouver une certaine fiabilité dans les prévisions, fiabilité qui manquait particulièrement en Méditerranée.
13/10/2006 :
Position :
33° 15' N / 9° 32' W
Au large du Maroc. Parti depuis 3 jours, je suis actuellement au large du Maroc, plus exactement entre Casablanca et Essaouira, à environ 40 milles nautiques de la côte (soit 75 Km), assez loin pour ne pas me trouver sur la route des cargos et des pêcheurs. Le soleil est bien présent, pas un nuage. Il fait 25 °C dehors et 24 dedans. Le vent n'est pas tout à fait au rendez vous et le spi (grande voile avant) m'aurait été bien utile s'il n'était pas maintenant en 2 morceaux...
En effet, j'avais établi le spi hier, le vent était portant et je filais à 6 nœuds (11 Km/h) avec 10 noeuds de vent réel, un bon rendement. J'étais à la table à carte quand j'ai entendu un grand claquement. Je me suis précipité dehors et ai découvert que le spi n'était plus hissé mais traînait dans l'eau, en partie sous le voilier. J'ai immédiatement tenté de le remonter sur le pont ce qui n'a pas été sans mal, 90 m² de toile gorgée d'eau, ça pèse son poids. Le bateau mis vent debout avançant encore sur sa lancée, la pression sur la fragile toile du spi a été trop forte et celui-ci a cédé se déchirant en 2 parties. J'ai ensuite fait sécher les lambeaux de spi et attendrai les Canaries pour l'amener chez un maître voilier ou le réparer moi-même à la machine. J'ai découvert que c'est le taquet qui maintient la drisse de spi (le cordage qui permet de hisser la voile et de la maintenir en l'air) qui a lâché. Je ne sais pas si je l'avais mal fermé. Le résultat, c'est que j'ai perdu une voile importante pour ce type de trajet avec des vents portants. Heureusement que l'étape ne dépasse pas 1 semaine. Pour la traversée de l'Atlantique, je dois absolument retrouver mon spi, cette grande voile puissante permet en effet par vent arrière modéré de gagner beaucoup de vitesse.
A part cela, je dévore toujours autant de romans. J’ai ainsi lu hier « Angoisse à bord », l’histoire vraie de 6 personnes qui ont traversé l’Atlantique et dont seulement 4 sont arrivées après 2 meurtres. Certains soir, il m’arrive de rester dehors jusqu’à minuit, un bouquin à la main, éclairé d’une simple lampe frontale. Les nuits sont calmes, étant en dehors des grandes routes des cargos, je ne croise personne à moins de 4 milles, je peux me faire des vraies nuits de sommeil, le radar veille. De temps en temps, lorsque j’ouvre le yeux je sors jeter un coup d’œil avant de rejoindre ma couchette et me rendormir l’esprit tranquille. C’est très plaisant de se lever le matin, de se placer à la table à carte, de noter sa position et de voir combien on a bien avancé durant le nuit. Je passe pas mal de temps à la table à carte. Malgré les aides électroniques et informatiques, j’ai toujours ma carte papier, mon crayon de bois, ma gomme, mon compas et ma règle de Cras. Je profite aussi de ces moments pour lire et relire les informations sur la prochaine destination.
La journée n’est pas ponctuée que par les repas, il y a aussi le rendez vous météo à 11H30 UTC sur RFI. Avec ma radio BLU (Bande Latéral Unique), je capte Radio France International et me tiens au courant de ce qui se passe en France et dans le monde avant d’obtenir le bulletin de météo marine pour les zones Atlantique. Un petit air de France Inter à 20H05.
Entre 2 romans, un tour à la table à carte ou en attendant que l’eau des pâtes, qui constituent un de mes repas favoris, boue, je me fais quelques Sudoku, un peu de mots croisés, de quoi conserver un esprit affûté.
Je pense arriver aux Canaries entre le 17 et le 18 octobre et vous faire découvrir ce continent en minuscule, ce pays que l’on a surnommé « terre de l’éternel printemps ».
17/10/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Les Canaries - LAS PALMAS. Après 5 jours de mer avec un temps très agréable et un petit manque de vent vers la fin, je suis arrivé hier en fin d'après midi. A peine arrivé j'ai déjà rencontré 3 bateaux français dont 2 bretons. J'ai déjà une invitation à manger pour ce midi. J'ai aussi longuement discuté avec un Norvégien. Les Canaries sont le refuge de tous ceux qui préparent une transatlantique, c'est l'étape quasi obligatoire. Beaucoup de bateaux arrivent ici et font un petit tour dans les Canaries avant de prendre les alizés mais j'aurai l'occasion de vous raconter cela en détail plus tard. J'ai prévu de retrouver des amis prochainement, de rester sur l'île de Gran Canaria pendant une semaine avant de partir visiter les autres îles comme Tenerife. A bientôt pour les photos.
18/10/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
A la découverte de Las Palmas. Le temps des formalités administratives et du rangement du bateau passé, j'ai pu commencer la découverte de Las Palmas, grande ville de 350000 habitants au nord de l'île de Gran Canaria. J'ai beaucoup marché déjà, fait pas mal de vélo et je commence à bien me repèrer dans la ville. J'ai retrouvé un grand nombre de repères que j'avais découverts en Espagne, surtout à La Corogne. Je retrouve avec plaisir l'accueil des Espagnoles, leur gentillesse.
Je fais aussi de nombreuses rencontres, j'ai ainsi déjà été invité 2 fois à manger sur le bateaux des 2 Michel qui attendent le propriètaire de l'Oceanis 393 pour partir vers les Antilles.
Ici il fait beau et assez chaud, pas moins de 30°C dans l'après midi. J'ai ainsi pu passer 2 heures à la plage aujourd'hui, un bon bouquin, mon lecteur mp3 sur les oreilles. Quand il a commencé à faire trop chaud, je suis allé faire un plouf, je me suis ainsi baigné 2 fois dans une eau claire et à une tempèrature idéale, 24-25°C.
J'ai commencé à prendre quelques photos de la ville et de ses bords de mer que vous découvrirez demain ou après demain dans la prochaine nouvelle.
19/10/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Un nouveau venu sur la planète. C'est avec une grande joie que je vous annonce la naissance de mon deuxième neveu né ce matin à 9H03. Il pèse 3kg440, mesure 50cm et répond au nom de Perig. Erwan a donc maintenant un petit frère, félicitations aux parents.
21/10/2006
:
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Sous le Soleil des Canaries. Après bientôt une semaine à Las Palmas, je me repère maintenant très bien dans la ville. Je passe au moins 1 fois par jour par la plage, une petite heure sur le sable et un petit bain, que du plaisir. Je me suis jusqu'à présent limité à la ville de Las Palmas qui ne représente qu'une toute petite partie de l'île et que vous pouvez découvrir sur les photos du journal.
L'île de Gran Canaria est circulaire, d'un diamètre d'environ 48 km et culmine à 1949 mètres, altitude du Pozo de las Nieves (Le Puits des Neiges).
Pour visiter l'île, j'ai réservé une moto pour me balader et découvrir l'intérieur des terres et vous faire partager par mes photos mes rencontres et découvertes.
22/10/2006
:
Position :
47° 4' N / 1° 37' E
60 ans, ça se fête!!!. La dernière nouvelle envoyée le 21 était fausse, tant pour ma position que pour mon activité. Certes, j'envisage bien de visiter l'île de Gran Canaria en moto mais pas tout de suite.
Vendredi dernier, le 20 octobre, je suis allé jusqu'à l'aéroport de Las Palmas pour y prendre un vol que j'avais réservé depuis la fin du mois de juillet. J'ai même eu la chance d'être surclassé en Business Class sur un vol Iberia qui m'a ammené à Paris via Madrid. J'ai atteri à Orly et mon frère m'a récupéré le soir à Orléans. J'ai dormi chez les Niedbala à Messas, à 300 mètres de chez ma mère qui bien sûr ignorait tout de ma présence. Le samedi soir, elle est arrivée pensant prendre un apéritif et a été accueillie par 35 personnes pour lui fêter son 60ème anniversaire. Mes 2 frères Loïc et Stéfan avaient organisé cette soirée de main de maître. Nos amis Jean-Marie et Marie Jeanne nous ont gentiment prêté leur salle et leurs enfants Jérémie et Etienne ont donné un sacré coup de mains. Beaucoup d'amis et membres de la famille ont fait le voyage et cela a fait énormèment plaisir à ma mère qui n'a pu retenir quelques petites larmes.
Me voilà donc à nouveau en France pour quelques jours, je repars le 5 novembre pour retrouver mon bateau. Je vais profiter de ces quelques jours pour voir quelques amis et passer un moment en Bretagne.
NOVEMBRE 2006

04/11/2006
:
Position :
48° 23' N / 4° 25' W
Un petit tour et puis. Après l'anniversaire de ma mère à Messas puis la visite à mon nouveau petit neveu Perig, je suis parti quelques jours au Havre chez Rodolphe et Frédérique puis en Bretagne que vous pouvez découvrir sur les photos. J'ai retrouvé avec plaisir la petite bourgade d'Argenton, son petit port et découvert la future maison de mes amis Laurent et Ghislaine, des habitués du livre d'or. Je repars demain pour les Canaries où je retrouverai le soleil et la douce chaleur de ces îles avant de partir pour ma route du Rhum qui n'aura rien à voir avec celle de ces drôles de machines qui filent à 35 noeuds et traversent l'Atlantique en 12 jours. Mais avant de partir, je compte bien profiter des Canaries.
08/11/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Retour vers la chaleur. Dimanche dernier, j'ai pris la route avec ma mère vers l'aéroport d'Orly. Température extérieure, 5°C, brouillard. Arrivé à Orly, j'ai eu beaucoup moins de chance qu'à l'aller. Pas de Business Class, salon VIP ou autres avantages mais 1H30 de retard sans annonces, explications ou excuses (comme quoi il n'y a pas que la SNCF ou AIR FRANCE...). Arrivé à Barcelone, mon vol pour Las Palmas était déjà parti. 1 heure pour retrouver mon sac de voyage avant de m'enregistrer sur une autre compagnie avec départ à 20H30 (je devais arriver à 19H00 à Las Palmas, 20H00 heure française). Je suis donc arrivé à minuit à Gran Canaria puis j'ai mis 2 heures en bus pour rejoindre mon bateau où mon chat m'attendait bien sagement.
Au petit matin, soleil timide, 24°C dans le bateau, 28° dehors, je retrouve avec plaisir mon bermuda que j'avais quand même pris avec moi en rentrant en France au mois d'octobre, on peut rêver.
Mais avant de commencer à me balader et continuer ma découverte de l'île, je me suis avant tout occupé de mon spi. 21 mètres cumulés de déchirures, 25 mètres de bande adhésive, 100 mètres de couture, 400 mètres de fil et 20 heures de travail plus tard, mon spi qui n'était déjà pas particulièrement joli l'est encore un peu moins, un patchwork sans goût mais solide et fonctionnel.
Le travail accompli, je vais donc pouvoir continuer mes visites et à nouveau profiter de la plage dès que le soleil aura remplacé les nuages qui stagnent actuellement au dessus de l'île.
15/11/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Quelques news. La vie s'écoule paisiblement ici. Depuis la fin des travaux sur mon spi, je bricole un peu sur le bateau, déambule dans les rues de Las Palmas. J'attends une très belle journée pour pouvoir partir à la découverte de l'intérieur de l'île. J'ai aussi fait quelques rencontres, un couple de Vancouver, un Français genre Antoine qui vit depuis toujours sur son bateau à travers le monde. J'ai aussi retrouvé, juste à côté de mon bateau au mouillage Frederic Di Bennedeti et son épouse que j'avais croisés à Algeciras et avec qui j'avais discuté. C'est lui qui a traversé l'Atlantique avec son fil sur un Hobbie Cat (petit catamaran de sport qu'on croise en général sur les plages et jamais au large...).
Rien de bien nouveau donc, entre soudure, promenade et balade en ville, je profite bien de la ville et apprécie toujours autant les discussions via MSN, les petits mots sur mon site ou sur mon téléphone satellite.
20/11/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Y'a des fous. Ma vie ici s'écoule toujours paisiblement, je fais de nouvelles rencontres tous les jours, je mange souvent ailleurs, sur d'autres bateaux, Français ou étrangers. Parmi mes dernières rencontres, il y en a une surprenante. Par l'intermédiaire de Frédéric Di Bennedeto et de Sarah sa compagne, tous 2 Italiens, j'ai rencontré Matéo, un autre Italien qui prépare une traversée de l'Atlantique sur un Tornado, catamaran de sport de 6 mètres environ pesant 180 kg. Une coquille de noix sur l'océan. Il a un site web pour ceux que cela intéresse (et qui parlent un peu italien) www.oceancat.it .Cela me permet de relativiser quand je trouve Idefix petit au milieu de l'océan. On a passé une soirée sympa avec un autre Français et les 3 Italiens, à parler Espagnol, Anglais, Italien et Français pour arriver à communiquer tous ensemble. Sinon je n'ai pas encore été me balader dans l'île, le temps n'est pas clément depuis plusieurs jours, assez nuageux, quelques grains, du vent mais toujours une température supèrieure à 20°C. J'attends donc le soleil pour vous proposer des photos de qualité.
29/11/2006
:
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Un tour de l'île. Après 2 semaines à Las Palmas sur l'île de Gran Canaria, j'ai enfin pu profiter d'une journée parfaite pour aller à la découverte du centre de l'île. J'ai donc loué une voiture et pris quelques clichés que vous pouvez retrouver sur le site. Il est toujours difficile de transférer sur la pellicule (un capteur numérique maintenant) toute la beauté des paysages. Cette journée m'a vraiment émerveillé, ce fut un régal pour mes yeux.
Malheureusement, les journées sont plus courtes à l’approche de l’hiver et j’ai été rattrapé par la nuit en me baladant sur l’ouest de l’île d’où l’absence de photo pour cette zone. Qu’importe, j’emporterai avec moi ces images.
Le port de Las Palmas était particulièrement plein et animé jusqu’ici avec le grand nombre de bateaux venus participer à l’ARC (rien à voir avec Crozemarie). Il s’agit d’une course pour les plaisanciers de Gran Canaria à Sainte Lucie aux Antilles. Les participants sont en majorité Anglais, il y a quelques Allemands, Danois, Hollandais mais presque pas de Français. Ces 250 bateaux partis, on a retrouvé une douce quiétude et nous nous sommes retrouvés avec beaucoup de Français.
Je bricole toujours sur le bateau, on se donne des coups de mains entre plaisanciers et les rencontres continuent.
Hier, alors que je me dirigeais vers les douches, j’ai croisé une femme qu’il m’a bien semblé reconnaître. Me retournant, j’ai reconnu Alexandra, une amie skipper que j’avais croisée à La Corogne et qui partait alors vers l’Angleterre. Cette fois-ci elle part vers Baltimore, toujours en convoyage. Ces rencontres sont toujours un moment de bonheur, il est toujours étonnant de voir à quel point la Terre est petite surtout quand on la limite aux ports.
Je n’ai pas encore décidé de la date de mon départ ni de mon itinéraire précis. Je veux d’abord visiter un peu les îles environnantes.
DECEMBRE 2006

06/12/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
A droite à gauche. Déjà presque 1 mois à Las Palmas et pour l'instant je ne me lasse pas. Je suis souvent sur d'autres bateaux, invité ici à déjeuner, ici à dîner, à prendre le café, sollicité pour un coup de main, une connexion entre un GPS et un ordinateur. Bref, pas de quoi s'ennuyer. C'est vraiment sympa de discuter et d'échanger des idées sur les choix en terme de production électrique, de voiles utilisées au portant...
Dernièrement, j'ai bien sympathisé avec un couple venu de Bretagne, Guillaume et Marlène, les heureux parents de la petite Melissa. On discute très souvent avec Michel sur nos choix d'éolienne, sous l'oeil de Sarah, étudiante en anthropologie en plein mémoire sur les plaisanciers en voyage.
Pour le départ, il va être directement dépendant de mon problème du moment. Après déjà plus de 6 mois de vie à bord, j'ai fait un bilan sur ma capacité à produire de l'énergie (Eolienne et panneaux solaire). Malheureusement, ma production est insuffisante et je serai obligé dans l'état actuel des choses de recourir de temps en temps au moteur pour recharger les batteries en traversée. Il me faut donc décider si je commande une éolienne en France, la WS400 (et donc pas de départ avant la fin décembre) ou si j'attends d'être à Trinidad pour commander une éolienne à un tarif plus compétitif (c'est agréable un Euro fort). Je ne manquerai pas de vous tenir informés de mes choix.
12/12/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Des questions et du temps. Les questions, ce sont celles que je me pose concernant ma production d'energie à bord. Je vais donc passer commande d'une nouvelle éolienne et vendre celle que j'ai actuellement et qui ne m'apporte pas satisfaction. Pour ce qui est du temps, c'est le plus grand luxe que j'ai aujourd'hui, celui de prendre mon temps, d'aller à mon rythme, sans tenir compte de rien d'autre que de mes envies. Cela me permet de faire de nouvelles rencontres. Ainsi, mes compétences informatiques m'ont amené à faire la rencontre de Nadine qui, en compagnie de sa petite Kahina, attend ici le retour de Thomas et Maya avant de partir vers le Brésil puis l'Argentine. C'est toujours aussi sympa d'entendre les gens parler de leur destination, leurs motivations, leurs attentes...
Bref, même si pour certains je stagne un peu ici, je vous assure que je m'amuse bien. Quant à la traversée, pas de pression, je continue d'étudier la météo. Depuis quelques années d'après de nomreux navigateurs, les alizés s'établissent de plus en plus tard. Effectivement, en regardant les cartes des vents depuis plusieurs jours, je me rends compte de l'instabilité des systèmes même assez bas (10 à 15° de latitude Nord). Ainsi, retarder mon départ ne pose aucun problème. Je ne manquerai pas de rédiger prochainement une nouvelle explication météo axée sur la traversée de l'Atlantique.
16/12/2006
:
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Du vent et de l'énergie. Voici donc 2 des sujets les plus fréquents sur un ponton à Las Palmas. Comment subvenir à ses besoins électriques au mouillage ou en navigation et quand partir pour une traversée de l'Atlantique. Je détaille ces 2 sujets avec photos et explications dans la partie photos et vidéos du site. Depuis quelques temps, je me posais de nombreuses questions sur ma consommation et ma production d'énergie, j'y ai répondu en commandant une nouvelle éolienne sur Internet. Cette commande a un impact direct sur mon programme car il me faut attendre maintenant la livraison avant de partir. Mais peu importe, je ne suis pas pressé, d'autant plus que la situation météo ces derniers temps ne me fait pas regretter ma patience. En effet, parmi les bateaux déjà partis, il y a ceux de l'ARC, la transatlatique pour plaisancier. 3 bateaux ont rencontré des problèmes et 2 ont été abandonnés. Il y a eu quelques bons coup de vent ces derniers jours avec un force 8 à 9 sur les Canaries. Bref, je vais passer Noël ici avec pas mal d'amis et je verrai pour partir après.
18/12/2006
:
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Peu d'escales mais bien longue.. Comme j'ai pu l'évoquer dans mes précédentes nouvelles, je n'ai toujours pas bougé de Las Palmas. J'ai pas mal travaillé sur le bateau, échelle de mât, couture, électricité, mais je ne manquerai pas de vous présenter mes réalisations avant mon départ d'ici. Une longue escale donc, mais surtout ponctuée de beaucoup de rencontres. Chaque rencontre est une découverte, chaque rencontre est unique, chacun avec ses expériences, ses buts, ses motivations. Mais si je reste, c'est aussi parce que j'attends une livraison d'une nouvelle éolienne comme expliqué ces derniers jours. Je m'apprête donc à passer noël ici, et pour le jour de l'an, on verra bien. Ce sera certainement l'occasion avec les amis de ponton de se faire un bon repas.
24/12/2006 :
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
JOYEUX NOËL. Après une soirée plage il y a 3 jours, un repas dans le cockpit chez moi hier, nous préparons avec pusieurs amis notre soirée de Noël. Le fait d'être en short et tee-shirt dans la jourmée et de passer nos soirées à l' extérieur en plein mois de décembre me fait me sentir vraiment ailleurs. Je suis finalement bien content d'être encore ici et de pouvoir partager ces fêtes avec des amis.
Joyeux Noël à tous.
30/12/2006
:
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Et les fêtes continuent. En plein préparatifs pour fêter comme il se doit avec tous les amis de pontons la nouvelle année qui doit nous transporter chacun de notre côté où nos rêves nous appellent, petit retour sur les derniers jours. Nous avons dignement célébré Noël autour d'un très bon repas. Les enfants présents ont eu leur sapin et leurs cadeaux, les adultes, leur bûche de noël (merci maman pour ta recette). Quelques jours plus tard, je prenais un an de plus au compteur mais dans la joie et la bonne humeur. Nous avons tous mangé ensemble et fait la fête, j'ai reçu un grand nombre de messages sur l'Iridium mon mail ou mon site, merci à tous d'ailleurs. Déception pour ma grand mère qui pour la première fois de sa vie n'a pas été en mesure de me téléphoner. Elle n'est pas encore branchée Internet et ne peut malheureusement pas m'envoyer des SMS sur l'Iridium. J'avoue que je suis content finalement d'être bloqué ici dans l'attente de mon éolienne (la fameuse). J'ai vraiment passé de très bonnes fêtes et espère que cette soirée qui s'annonce le sera tout autant que les précédentes pour moi comme pour chacun d'entre vous.
JANVIER 2007

01/01/2007
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Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Bonne et heureuse année 2007. Je vous souhaite à tous une excellente année 2007, pleine de bonheur de joie, le tout en pleine santé. J'ai de mon côté bien fêté la nouvelle année en me régalant d'un barbecue pour mon premier nouvel an en extérieur avec tous les amis ici à Las Palmas.
Tous mes voeux à tous.
05/01/2007
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Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Les Rois Mages. Plus important que le père Noël pour les Espagnols, il y a les rois mages. Une partie du ponton 16 s'est rendue au défilé de chars et chameaux. La ville était en fête et les enfants heureux de voir les Rois Mages sur leurs chameaux en attendant le retour à la maison (ou au bateau) pour y trouver les cadeaux.
11/01/2007 :
Position :
28° 24' N / 16° 19' W
Une autre île. Me voilà enfin parti de Las Palmas, non sans un petit pincement en quittant des amis que j'espère revoir un jour, Christine, Florence, Marielle, Christelle, Eric, Olivier, Damien, Aurore et les marmots respectifs. Bref, j'ai largué les amarres ce matin à 4H40, dans le calme et la sérénité. La météo avait annoncé un gentil 15 à 20 noeuds mais c'est avec la pétole que je suis parti. Cela n'a pas duré longtemps, j'ai été bien surpris de voir le vent forcir brutalement vers 8h00 pour atteindre une pointe à 63 noeuds (pas loin de 120 Km/H) et une moyenne entre 35 et 40 noeuds. Avec 10 m² de génois seulement, j'avançais à 7 noeuds avec des pointes à 10 en surf sur une mer qui s'est très vite formée. Pas de quoi malheureusement sortir le Spi et vérifier la qualité de mes réparations. Après plus de 2 mois bien tranquilles au port, la reprise a été difficile. Mais l'étape était courte et à 14H00, je suis rentré par la petite passe secouée par la houle dans le petit port de Radazul à 10 Km au sud de Santa Cruz de Tenerife. Une bonne douche pour éliminer le sel que les paquets de mer que j'ai pris sur la tête ont déposé sur moi et j'ai retrouvé la grande forme. J'ai ensuite pris le bus pour me retrouver à Santa Cruz de Tenerife d'où je vous écris. La ville semble plus chaleureuse et jolie que Las Palmas, j'ai prévu d'en faire le tour appareil photo en main dès demain.
16/01/2007
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Position :
28° 24' N / 16° 19' W
A la découverte de Tenerife. Durant les 4 derniers jours, je me suis beaucoup baladé. J'ai bien profitté de cette île magnifique, de ses paysages superbes, un vrai régal. Inutile d'en dire plus, vous pourrez voir cela par vous même sur les photos du journal.
Je compte quitter Tenerife demain pour me rendre sur l'île de La Palma à une centaine de miles de ma position actuelle.
18/01/2007 :
Position :
28° 40' N / 17° 46' W
Santa Cruz de La Palma. J'ai quitté comme prévu (ce qui est rare) Radazul le 17. Après 10 heures de navigation pour couvrir 110 miles, je suis arrivé au port de Santa Cruz sur l'île de LA PALMA, l'île la plus au nord ouest des Canaries. J'ai retrouvé avec bonheur Guillaume et Marlène et leur petite fille Mélissa qui est malheureusement touchée par la Varicelle, cadeau d'au revoir de Maïa qui ne l'a pas refilé qu'à sa petite soeur Kahina.
Immunisé depuis longtemps (je crois), je vais donc pouvoir profiter de cette île quelques jours avant le grand départ.
22/01/2007
:
Position :
28° 40' N / 17° 46' W
Découverte de La isla bonita. Avec la présence d'ALEA (Guillaume, Marlène, Mélissa et Sam), l'arrivée des Ouistitis (Eric, Marielle et Yaëlle) et la prochaine d'Eric et Christelle et peut-être de Christine et Florence, l'unique ponton de Santa Cruz commence à ressembler aux 16 de Las Palmas. Je retrouve avec joie ceux que j'avais quittés il y a quelques temps. Ne sachant où le vent nous porte, on se dit au revoir à chaque nouveau départ et c'est un plaisir que de se recroiser. Depuis quelques jours, nous passons donc pas mal de temps ensemble, balade en voiture, visite de la ville, parties de tarot...
Par ailleurs, je vous avais parlé de Matéo Miceli et de Francesco di Benedetto, qui partant à 4 jours d'intervalle ont chacun tenté de traverser l'Atlantique en catamaran de sport. Alors que Matéo battait le précédent record (tenu par le frère de Francesco, Alexandro) en 14 jours et 17 heures, nous étions sans nouvelle de Francesco depuis le 6 janvier alors qu'il était parti le 3. Il a en fait été récupéré par un cargo à 700 miles de la Guadeloupe. Ayant perdu son container contenant tout son matériel, il a passé 12 jours sans eau, nourriture, GPS ou pilote automatique en essayant de trouver un bateau pour être secouru. Après 12 jours, il a décidé de déclencher sa balise de détresse EPIRB et a été récupéré par le cargo Norman Lady en route pour Barcelone.
www.oceancat.it
www.francescodibenedetto.com
Content de savoir ces 2 personnes que j'avais croisées à Las Palmas en sécurité, je vais continuer de profiter de La Palma en étudiant la météo pour décider du top départ.
27/01/2007 :
Position :
28° 40' N / 17° 46' W
Et le temps passe. Depuis quelques jours, la pression monte. J'ai effectué les derniers préparatifs pour qu'Idefix soit fin prêt pour la traversée. J'ai rajouté des filets pour y stocker quelques légumes, fruits et patates, vérifié le niveau d’huile, fait le plein de gasoil et d’eau. Alors que tout allait pour le mieux, j'ai eu la mauvaise surprise d'entendre une explosion à bord hier (là je mets la pression, quel suspens, "¿Que passa?"). Une pizza était au four et la vitre intérieure de celui-ci a tout simplement explosé en mille morceaux. Le four ENO n'a qu'un an, sans doute un défaut de fabrication. J'ai donc bricolé aujourd'hui avec une plaque d'aluminium une protection pour me permettre d'utiliser le four sans risque. J’attendrai d’être de l’autre côté pour la remplacer.
Je suis donc quasiment prêt, nous essuyons aujourd'hui un coup de vent sur la zone Canaries. La mer est forte à très forte, la houle de 6 mètres. Je vais donc laisser la mer se calmer un peu demain et j'envisage un départ lundi après avoir fait un tour au "Mercado" pour le plein de vitamines. Nous avons avec ALEA une stratégie identique bien que leur destination soit un peu plus sud que la mienne avec une arrivée sur La Barbade. En partant en même temps, nous serons peut-être à portée de VHF pendant quelques jours.
Depuis 1 semaine maintenant, avec ALEA ou les OUISTITIS, je fais le plein de vie en communauté avant 3 semaines de solitude. Nous mangeons presque toujours ensemble (1 repas seul en 1 semaine pris sur le pouce). Nous jouons tous les jours au tarot pendant plusieurs heures durant la sieste de la petite Melissa ou le soir. Les journées de pluie sans interruption comme nous le vivons depuis 2 jours sont vraiment propices pour se retrouver ensemble autour d'un bon café et se battre à coup de pouce, garde ou garde sans (on attend toujours la garde contre). Après pas loin de 100 parties au total, on commence à bien se connaître.
Ces moments-là sont toujours particuliers, un mélange d’impatience et d’appréhension, mais j’ai maintenant hâte de partir.
29/01/2007 :
Position :
28° 40' N / 17° 46' W
C'est parti. Le bateau est prêt tout comme j'espère l'être. Même si beaucoup l'ont fait et le feront encore, cette traversée est un vrai cap pour moi. J'ai en ce moment un mélange de peur et de joie, le coeur bat très fort, l’estomac est un peu noué. Encore 1 heure avant de larguer les amarres, une douche à prendre, dire au revoir aux amis qui préparent comme moi leur départ. Je n'ai jamais été aussi prêt que maintenant, j'essaierai d'envoyer régulièrement pendant la traversée des messages pour donner ma position et mes impressions. La distance à parcourir est d'environ 2700 milles soit environ 5000km. Vu la vitesse du bateau, je pense mettre environ 3 semaines, à 2 ou 3 jours prêts. Je pense donc arriver vers le 20 février en Martinique.
Kenavo
FEVRIER 2007

01/02/2007 :
Position :
25° 33' N / 21° 46' W
3ème jour. Le 29, j'annonçais mon départ de La Palma. L'après midi était déjà bien avancé. Je voulais descendre le long de l'île de La Palma en plein jour. J'ai donc préféré repousser le départ au 30 à 12H30.
Le mardi 30 janvier 2007, je laissais donc Marlène, Marielle, Melissa, Yaëlle, Eric, Guillaume et Sam ainsi qu'ALTAIR et GANESH sur le ponton de Santa Cruz de La Palma.
Longeant La Palma pendant 3 heures, je n'ai pas voulu mettre le Spi à cause des zones d'accélération que l'on trouve sur le sud des îles Canariennes.
La première nuit a été fatigante. Le vent instable en force et direction m'a obligé à me lever une quinzaine de fois et je n'ai pas très bien dormi. Le lendemain matin, le soleil s'est levé sur une étendue d'eau à perte de vue qui constituera mon décor pour les 3 semaines à venir. J'ai pu utiliser mon spi une bonne partie de la journée et il m'a fait bien avancer, à 5 ou 6 noeuds avec seulement 8 à 10 noeuds de vent.
Les premières 24 heures, j'ai parcouru 125 milles, 130 le second jour.
La deuxième nuit n'a pas été terrible non plus. La houle de nord ouest sans être grosse fait beaucoup rouler le bateau de droite à gauche, le vent capricieux change de direction assez souvent. Etant quasiment plein vent arrière pour 4 à 5 jours au début, c'est une allure délicate où un changement de 20° du vent peut entraîner un empannage, je suis donc très prudent.
La deuxième nuit n'a guère été meilleure que la première, pas mal de réglage et de vérification.
En ce troisième jour, j'ai remis le spi au petit matin. Vers 9H, mauvaise surprise, il s'est encore déchiré avec 15 noeuds de vent, mais pas aux endroits où je l'avais réparé (24 mètres de déchirure recousue). J'ai 5 mètres de couture à refaire et j'espère que je pourrai encore utiliser cette voile.
Le spinnaker est une voile très grande, légère, fragile, en nylon pour la mienne et que l'on utilise par petit temps.
Depuis mon départ, j'ai croisé une tortue et 3 cargos (croisé est un grand mot, ils étaient à 10 milles environ).
En solitaire, que je sois à la cuisine, à la table à carte, en train de bouquiner ou de dormir, je suis toujours à l'écoute de mon voilier, j'essaie de ressentir les accélérations, les modifications de comportement, les bruits suspects. C'est en partie la raison pour laquelle je n'ai pas beaucoup dormi ces 2 premiers jours, il me faut le temps de me réhabituer à ces sensations particulières que l'on ressent, secoué en permanence, avec tous les bruits qu'on l'ont trouve normalement sur un voilier, ça grince, ça couine, le matériel vit.
A part cela, tout va bien, il fait juste un peu froid (22°C) avec un vent de nord est. Je ne peux pas me mettre en short et tee-shirt et c'est en pantalon et polaire que je reste sur le pont, avec écharpe, bonnet et gants le soir venu. Je peux ainsi rester jusqu'à minuit, une lampe frontale sur la tête pour lire ou tenir la barre avant d'essayer de me reposer un peu.
Même si je dispose de la technologie pour rentrer en contact quand je veux avec la terre, je préfère rester dans la solitude de l'Atlantique. Je n'utilise l'Iridium que pour envoyer les mises à jour, recevoir les fichiers météo et bien sûr les SMS que vous m'envoyez. Je tiens d'ailleurs à remercier chacun des auteurs pour les coucous, les encouragements, les bonnes nouvelles ,les nouvelles du monde, cela me fait très plaisir de vous lire ainsi.
04/02/2007 :
Position :
21° 58' N / 28° 0' W
6ème jour, et plein de boulot. 6ème jour : Après 5 jours de mer, je suis en forme, je profite pleinement de cette quiétude que peut apporter ce décor. Enfin, quand je peux vraiment en profiter car hier, c’était plutôt fin de journée galère…
Le 1er février, j’envoyais ma première nouvelle de transat, je ne dormais pas super bien, le spi venait de se déchirer, le vent était instable et la mer croisée. Le 2 février, j’ai passé ma journée à bouquiner, finissant « Le Vengeur » pour attaquer le « Da Vinci Code » que je m’étais réservé pour cette occasion. Journée tranquille donc. Jusqu’à minuit, j’ai lu, à la lueur de ma lampe frontale en polaire bonnet et écharpe dans le cockpit. Ce soir là, j’ai passé une excellente nuit, réparatrice, revigorante.
Etant sorti de la route des cargos et autres paquebots, je ne dois plus croiser beaucoup de monde, mis à part quelques voiliers sans doute mais l’océan est vaste. Cette absence d’autres bateaux à l’avantage de ne pas activer l’alarme radar d’où des nuits plus calmes. Bref, je me suis levé le 3 plein de bonne volonté. J’ai bricolé sur le PC le matin, écouté RFI pour les nouvelles du monde et la météo (je capte assez mal RFI, j’utilise la fréquence 15300 pour l’instant, j’ai essayé les autres sans succès, si quelqu’un a une bonne fréquence, merci de me l’envoyer par SMS sur Iridium SVP). J’ai ensuite sorti ma machine à coudre (l’un des achats les plus rentabilisés depuis mon départ). Après 3 heures de travail dans la cabine (c’est bon, je suis parfaitement amariné maintenant), j’ai pu ressortir mon spi qui m’a à nouveau permis par 10 nœuds de vent de faire du 4,5 à 5 nœuds. Le temps a vraiment changé en 2 jours et la température est maintenant très agréable. 24°C dans le bateau, 26 dehors, j’ai sorti la crème solaire, le short et les indispensables lunettes de soleil polarisées (attention à la réverbération). C’était donc jusque là une bonne journée.
Quand le soleil a commencé à se coucher, j’ai affalé le spi pour le remplacer par le génois (garder le spi de nuit en solo est trop dangereux, surtout que celui-ci est fragile et que les nuits précédentes, juste après le coucher du soleil, le vent a toujours forci de 5 nœuds environ).
Malheureusement, pour une raison incompréhensible, le génois n’a pas voulu se dérouler, j’ai tout essayé; tirer dessus à l’aide des winchs, le replier un peu, le dérouler, rien à faire, il n’a pas voulu sortir.
J’ai donc décidé de mettre l’étai largable (un câble que j’installe quand j’en ai besoin et qui me sert à gréer des voiles plus petites que le génois). Mon génois fait 48 m², la trinquette environ 25 m² et le tourmentin, voile de très mauvais temps jamais utilisé jusqu’ici, fait 6 m²).
J’ai sorti la trinquette, préparé son envoi sur la drisse de spi (je dois en installer une seconde mais elle fonctionne quand même très bien, les points de tires étant à proximité).
Comme un problème n’arrive jamais seul, la drisse de spi relâchée de 2 mètres pendant 1 minute s’est bloquée, sans qu’aucune de mes tentatives ne parviennent à la débloquer. La nuit étant tombée et la lune étant aux abonnés absents pour la première fois, je ne voyais rien en tête de mât, même avec mon projecteur. Sans pouvoir hisser de voile d’avant, j’ai donc été quitte pour une nuit sous GV (grand-voile) seule et donc une baisse de moyenne, le bateau n’avançant plus qu’à 4 nœuds avec les 28 m² de GV.
CE 6ème jour, après une nouvelle bonne nuit, un bon petit déj’, je me suis lancé.
La mer était peu agitée, 1 à 2 mètres de houle mais parfois croisée, de quoi faire bien gîter le voilier. Le vent était faible, à peine 5 nœuds, j’ai mis le moteur en route pour stabiliser la route d’IDEFIX.
J’ai mis mon baudrier, ai pris les outils nécessaires au cas où, pince, couteau, manilles, poulie, et suis parti à l’assaut du mât. Grâce aux échelons de mât que j’ai construits et installés à Las Palmas, il est maintenant bien plus facile de grimper là haut. Je n’ai plus besoin d’affaler la GV pour y mettre l’échelle de sangle. Je me suis simplement attaché avec une poignée d’ascension sur la balancine de GV ramenée en pied de mât et j’ai commencé la grimpette. Même avec une mer peu agitée, la petite houle balançait IDEFIX de droite à gauche. Il n’est pas très facile de monter en se tenant bien alors que ça bouge dans tous les sens. Arrivé en haut, j’ai débloqué la drisse qui s’était coincée entre l’étai largable et le génois. Je devais sans arrêt bien me tenir, les mouvements du bateau déjà déstabilisants sur le pont sont vraiment impressionnants là-haut. D’un bord à l’autre je devais faire pas loin de 10 mètres. Le plus dur aura finalement été la descente mais j’étais bien content de l’avoir enfin fait une fois revenu en bas. J’imagine ce que cela doit être par mer bien formée, et encore pire sur les trimarans géants dont les mât culminent à plus de 25 mètres… ça doit secouer !
Revenu sur le plancher des vaches, enfin presque, j’ai retrouvé l’usage de la drisse et peux donc à présent réutiliser le spi et les voiles d’avant excepté le génois.
Mais le génois étant ma voile principale à l’avant, celle qui apporte le plus de puissance au bateau, surtout par vent arrière, je devais trouver une solution.
J’ai en premier lieu déroulé le génois à la main après avoir mis IDEFIX bout au vent. J’ai ensuite descendu le génois et l’ai plié.
J’ai alors tenté de démonter l’enrouleur par le bas mais celui-ci était coincé. Je suis donc remonté tout en haut du mât, alors que le vent avait forci depuis ce matin et que les mouvements étaient encore plus amplifiés. J’ai apprécié à ce moment tout ce que j’ai appris en escalade à Tours ou Grenoble; garder son sang froid, bien respirer, pousser sur les jambes pour se hisser, utiliser un grigri, des dégaines, une vache… ces techniques sont toujours très utiles en voilier.
Malheureusement, une fois en haut, je me suis rendu compte qu’il était trop imprudent d’essayer de démonter l’étai. Je suis donc redescendu et j’ai finalement trouvé une solution pour remettre en place l’enrouleur. Une des vis qui maintient l’étai (14mm de diamètre quand même) a cassé, j’ai dû sortir le groupe électrogène et la tronçonneuse meuleuse (un peu hallucinant en plein milieu de l’atlantique de mettre mon masque de chantier et d’utiliser ma meuleuse !!!) pour recouper la vis proprement et la réutiliser. J’ai remonté l’ensemble et l’enrouleur semble fonctionner. La nuit approchant (vers 19H00 UTC soit 20H00 en France), j’ai préféré mettre la trinquette pour la nuit et je réinstallerai le génois demain en espérant que tout fonctionne.
En retrouvant une voile d’avant, si petite soit elle, j’ai retrouvé un équilibre à la barre et de la vitesse, j’avance à 6,5 nœuds actuellement, 7 sur le GPS car je profite du courant des Canaries qui porte au sud ouest. Je devrai d’ailleurs avoir pendant tout le trajet un courant porteur entre 0,5 et 1 nœud ce qui est loin d’être négligeable quand on avance à 5-6 nœuds de moyenne.
Ma journée se termine donc, je n’ai pas arrêté de travailler aujourd’hui par un soleil radieux et 28°C à l’ombre, sans même pouvoir avancer dans la lecture du DA VINCI, alors même qu’ils sont sur le point de trouver…. (suspens pour ceux qui ne l’ont pas lu).
Je pense me préparer un plat de spaghetti à la carbonara ce soir, pour reprendre des forces tout en terminant ce fameux roman (en fait j’en ai lu de meilleurs jusqu’ici, il est pas mal mais il y a peut-être eu un peu trop de battage médiatique autour de ce bouquin.).
Kenavo
07/02/2007 :
Position :
19° 7' N / 34° 16' W
9ème jour : les jours se suivent et ne se ressemblent pas.. Le 5, le vent forcissant à 25 nœuds et la mer devenant agitée à forte avec une houle de 3 à 4 mètres croisée et quelques déferlantes, je n’ai pas tenté de réinstaller le génois (voir nouvelle du 4 février), restant sous GV et trinquette. J’avançais à 6-7 nœuds mais dans des conditions assez inconfortables. Essayez de lire dans un sèche-linge en route pour voir….
J'ai à un moment été dépassé à grande vitesse par une colonie d'une vingtaine de dauphins qui avançait à vive allure vers le sud, bondissant hors de l'eau. Dans la nuit, j'avais eu ma première visite de poisson volant. Un beau spécimen de 20 cm de long que j'ai retrouvé dans le cockpit. Cela a énormément intrigué Nan qui n'a pas manqué de jouer avec ce nouveau venu à bord. N'ayant que peu de distraction, je l'ai laissée faire mais elle n'en a finalement pas mangé. Je garderai donc le prochain pour moi, il parait que c'est assez bon.
Au début de la nuit, j’ai pris 2 ris dans la grand-voile en conservant ma trinquette. Vers minuit, la mer ayant encore forci un peu (carrément forte) et le vent soufflant à 30 nœuds en rafale, j’étais dehors à surveiller la bonne tenue d’Idefix quand une déferlante est arrivée sur Idefix par l’arrière. Le changement de cap engendré par ce mouvement a provoqué un empannage et dans un bruit désagréable, fait sauté la fixation de l’écoute de grand-voile. La GV n’étant plus tenue, elle s’est mise à battre et j’ai dû rapidement l’affaler et maintenir la bôme en place avec 2 retenues de part et d’autres. 2 coulisseaux avaient en plus cassé sur la GV.
La trinquette, installée sur tangon m’a alors joué une nouvelle mauvaise surprise. Je venais de choquer (relâcher un peu de tension) l’écoute de trinquette pour enlever le tangon. La mer toujours forte rendait les manœuvres délicates, des vagues venant briser contre la coque, arrosant le pont et moi-même par la même occasion. Après avoir retiré et rangé le tangon, je me suis retourné prêt à aller régler la trinquette mais la voile était affalée. Quand la trinquette battait au vent, le mousqueton à émerillon tenant la drisse s’est détaché tout seul !!! (merci la fixation Wichard). Je n’avais donc plus aucune voile disponible à ce moment, la GV sans écoute, la trinquette sans drisse et le génois sans enrouleur. Je me suis posé dans le cockpit, ai démarré le moteur pour faire route dans le sens des vagues (enfin dans le sens dominant, la mer étant toujours croisée). J’ai envisagé d’utiliser la drisse de génois pour envoyer la trinquette mais j’ai finalement renoncé préférant reprendre les choses dans l’ordre au petit matin, il était 2H30, j’étais trempé et vu l’enchaînement de problème, je ne voulais pas en risquer un de plus. Très loin de la côte, sans danger proche, assez de gasoil et un moteur qui marche, parfois, il ne faut pas chercher la difficulté.
Le 6, je me suis donc réveillé, après une courte nuit. Le vent était un peu tombé mais la mer était toujours agitée.
En fait, malgré des vents constants et pas forcément très forts (quand même jusqu’à 30 nœuds dans la nuit), le plus dur dans la transat pour l’instant, c’est l’état de la mer. On récupère ici le résultat du climat que l’on retrouve plus au nord. Ainsi, quand en écoutant RFI j’entends qu’il y a un fort coup de vent sur les zones Ridge, Açores, Colorado… (l’Atlantique est découpé en plusieurs zones, bien pratique pour les prévisions météo), je peux m’attendre à avoir une mer agitée dans les 24 à 48 heures. Il y a donc la houle due au vent (ici de nord-est pendant presque toute la traversée) et celle due aux dépressions dans le nord (pour l’instant de nord ouest). Je subis donc une houle venant majoritairement du nord est avec quelques belles vagues venues du nord ouest, parfois déferlantes comme cette nuit.
Bien que bringuebalé dans tous les sens, j’ai entamé étape par étape la remise en état d’Idefix. J’ai tout d’abord récupéré l’anneau sur lequel se fixe l’écoute. Il joue le rôle de fusible en se tordant. N’en ayant aucun de rechange, je l’ai simplement détordu à l’aide de coin en inox et d’un pied-de-biche (outil dont on ne suppose pas forcément l’utilité sur un voilier).
Je suis ensuite remonté en tête de mât pour chercher la drisse de Spi. Je ne le fais vraiment pas par plaisir vu les vols que je prends là haut. Quand je suis sur le mât, je m’accroche fermement en passant mes bras autour du mât quand Idefix est secoué par une grosse vague. Je suis alors tellement secoué que j’en ai maintenant des bleus sur tout l’intérieur des bras.
J’ai ensuite choqué un peu le pataras (câble qui maintient le mât sur l’arrière) pour pouvoir reprendre un peu de tension sur l’étai (câble qui maintient le mât sur l’avant et qui porte l’enrouleur de génois). Ceci fait, j’ai étarqué le pataras puis j’ai hissé le génois.
Hisser un génois sur un enrouleur n’est pas des plus facile, il faut le guider dans la petite gouttière qui maintient le guindant (côté du génois le long de l’étai) et hisser en même temps celle-ci au niveau du pied de mât. J’ai avec une poulie en pied de mât renvoyé la drisse de génois sur l’avant et l’ai pris sur le guindeau (winch électrique servant à remonter l’ancre).
Le génois à nouveau en place, j’ai testé l’enrouleur qui fonctionne à nouveau.
Pour finir, je me suis occupé de la GV. J’ai changé les 2 coulisseaux, et l’ai renvoyée avec 2 ris.
Ceci m’a pris quasiment toute la journée, j’ai fini bien éprouvé mais content de voir que je me sors de ce genre de situation et que je peux faire face à pas mal de problèmes sur Idefix bien que j’aspire à une transatlantique plus calme et reposante à l’avenir.
Le 7, j’ai enfin pu profiter. J’ai dépassé les 1000 milles depuis mon départ de La Palma. 1050 milles exactement en 8 jours, une moyenne 5,5 nœuds qui me déçoit un peu, j’espérais approcher des 6 nœuds pour viser la traversée en 18 jours mais je ne désespère pas. J’ai jusqu’ici eu beaucoup de vent arrière instable avec des passages à 8-10 nœuds. Je suis passé maintenant sous la latitude 20° par 34° d’ouest, donc maintenant dans la zone des alizés qui par leur stabilité doivent me permettre de filer plus vite que je ne l’ai fait jusqu’ici.
La chaleur commence parfois à être écrasante, surtout dans le bateau. Il a fait jusqu’à 28°C dehors et 26 dedans. J’ai profité de cette belle journée pour me prendre une bonne douche, me raser, et bien sûr bouquiner.
Je reçois toujours des messages sur l'Iridium qui me font bien plaisir. Merci à tous pour votre soutien.
Kenavo
10/02/2007 :
Position :
17° 11' N / 41° 8' W
12ème jour, plus prés de la fin que du début. Le 7 au soir, après avoir envoyé ma dernière nouvelle, je recevais un SMS sur Iridium en provenance de ma mère. Comme je croyais qu’elle n’avait pas reçu la nouvelle à mettre à jour sur le site, j’ai pris le téléphone et l’ai appelée directement. C’est incroyable de se trouver en plein milieu de l’océan et de pouvoir parler au téléphone. Cet Iridium est vraiment un bon investissement, il me permet de tenir au courant ma famille et mes amis, me permet de mettre à jour mon site, me permet de récupérer des fichiers météo et peut me servir en cas de gros problèmes pour appeler les secours, le CROSS Gris-nez en l’occurrence qui a en charge la gestion des secours au grand large ou le CHU PURPAN de Toulouse qui reçoit les appels pour les urgences médicales en mer. Mais bon, cette dernière utilisation n’est ben sûr pas souhaitable.
Je n’avais pas prévu d’appeler avec l’Iridium, surtout si tôt dans la traversée mais cela a réconforté ma mère et m’a aussi fait du bien.
8 février : j’aspirais à ma première journée sans petit tracas, casse ou autres désagréments. Malheureusement, quand ça veut pas …, enfin j’dis ça, j’dis rien comme dirait un ami…
Voilà donc que par une belle journée ensoleillée, j’ai entendu un bruit étrange au niveau de la barre à roue. J’ai vidé le coffre bâbord pour accéder au secteur de barre, puis accéder aux drosses de la barre à roue. Les drosses sont les câbles métalliques qui relient la barre à roue au safran. Une des drosses était sorti de sa poulie et était sur le point de céder. Cela m’était déjà arrivé en quittant La Corogne. J’ai donc changer la drosse par une nouvelle puis tous réinstallés. 1H30 de boulot entre la cabine et le coffre bâbord, dans des positions rarement confortable. Après ce changement, le bruit a cessé. La journée s’est poursuivit sans encombre, le soleil tapant assez fort, je suis resté à l’ombre le plus possible.
9 février : J’ai atteints des latitudes suffisamment sud pour faire route direct sur les Antilles. Je fais donc un cap au 260°. Le vent est stable, environ 15 nœuds et la houle n’est pas trop désagréable même si elle entraîne de temps en temps Idefix dans des mouvements très amples obligeant à conserver chaque objet bien rangé. La règle est toujours la même, tout ce qui n’est pas fixé finira par terre.
A 11H30 UTC (12H30 heure française), comme tous les jours, j’ai branché la radio pour capter RFI. Quelques nouvelles du monde avant la météo pour la zone Atlantique, le temps d’apprendre qu’il y a des avis de coup de vent pour les zones juste au nord et carrément un avis d’ouragan (vents supérieurs à 65 nœuds dans le grand nord pour les zones situés au dessus du 45ème parallèle. Les vents dans ces zones étant orientés au sud ouest, je ne pense pas que j’aurai à subir dans quelques jours la houle générée par ces conditions dantesques.
Après la météo, comme chaque jour, j’ai tenté un appel sur la VHF pour ALEA. ALEA est le Dufour 34 avec Guillaume, Marlène, Sam et Melissa que j’ai croisé à Las Palmas puis à La Palma et qui devait partir 24 heures après moi. Avec 3 membres d’équipage, il est possible qu’ils me rattrapent, surtout après les pépins que j’ai rencontré mais la portée de la VHF étant réduite (25 milles environ), il est fort probable qu’on ne soit jamais à portée de VHF.
Ce même jour, à 15H30, un événement majeur est arrivé….
En ce 9 février 2007 à 15H30 UTC, j’étais au sommet de l’Atlantique!
Il s’agit bien sûr d’un point fictif correspondant au milieu de mon parcours entre la Canaries et les Antilles. Je suis donc depuis ce moment plus proche de l’arrivée que du départ après 1325 milles nautiques parcouru en 10 jours et 3 heures.
Le soir venu, après une journée parfaite, un vent stable, une houle arrivant par l’arrière mais peu marquée, je me suis fait un petit film sur l’ordinateur accompagné d’une petite bouteille de champagne de 20cl et un peu de foie gras sur toast. J’avais prévu de fêter ainsi le passage de ce point fictif et la météo était avec moi pour me permettre ce break très agréable en pleine mer.
10 février : La mer est toujours belle, le vent stable entre 10 et 15 nœuds. En allant vers l’ouest, le rythme de vie change, le soleil ne se lève que vers 9H 9H30 et ne se couche pas avant 20H30, il fait de plus en plus chaud et la température atteint et dépasse facilement les 30°C dans la journée.
Après la météo, j’ai installé le spi. J’ai alors pu assister à un spectacle sympathique. Une multitude de poissons volants virevoltants autour du bateau, s’élançant hors de l’eau et, après avoir ouvert leurs nageoires pectorales, planant sur parfois près de 50 mètres. Certains font même des virages en plein vol ou rebondissent sur l’eau avant de planer à nouveau. C’est en volant de cette façon que parfois certains finissent sur le pont des voiliers. C’est ce qui a du arriver à un petit la nuit dernière que j’ai retrouvé ce matin, décapité, Nan ayant sans doute voulu varier un peu ses repas.
Les journées pourraient paraître longue s’il n’y avait pas temps de choses à faire. Non pas que la navigation en elle-même me prenne beaucoup de temps, je mets le spi le matin, et si le vent le permet, je le garde toute la journée et ne le rentre au profit du génois qu’avant que le soleil ne se couche. Je vérifie régulièrement le réglage des voiles mais avec la stabilité des alizés, je n’ai quasiment rien à faire.
La plus grosse partie du travail, c’est à la table à carte, écrire les nouvelles pour le site, tenir mon livre de bord à jour, prendre la météo, vérifier la position, calculer la distance parcourue, celle à parcourir, déterminer la meilleure route en fonction des prévisions météo.
Pour ce qui est de ma position, il y a le GPS, instrument merveilleux qui vous permet en plein milieu de l’océan de vous dire, « vous êtes ici », petit point rouge au milieu de beaucoup de bleu.
Aujourd’hui, pour la première fois, j’ai estimé ma position sans cet outil. J’ai sorti mon beau sextant (merci Marguerite, Jean-Phi et Jérémie), ma calculatrice, mes tables de calcul, les éphémérides 2007. J’ai relevé plusieurs fois la position du soleil et en déplaçant mes droites de hauteurs, je me suis retrouvé à 9 milles de ma position estimée, soit environ 17 km, pas mal au milieu de l’océan avec une distance à parcourir de 5000 m.
Je compte utiliser mon sextant pendant les jours à venir et espère pouvoir aussi faire quelques positions sur les étoiles.
Kenavo
12/02/2007 :
Position :
16° 35' N / 45° 48' W
14ème jour, une douce répétition. 11 février : Pour changer, le seul problème que j’ai rencontré depuis hier, c’est avec skyfile, le logiciel de messagerie que j’utilise avec mon téléphone satellite pour envoyer des messages, recevoir les fichier météo et mettre à jour le site.
Une fois connecté au serveur, celui-ci ne voulait pas transmettre le fichier que j’envoyais contenant la dernière nouvelle pour le site.
En réalité, je ne mets pas à jour le site depuis l’océan, j’envoie un fichier « html », que j’ai créé, à ma mère et qui contient toutes les données à enregistrer sur le site. Elle n’a plus qu’à cliquer sur un bouton et indiquer le mot de passe. Le site se met alors à jour automatiquement et elle peut alors en cliquant sur un autre lien générer automatiquement ou presque la newsletter. L’avantage de ce système est qu’avec un passage entre les mains d’une professeur des écoles, fini les fautes d’orthographe.
Le fait de n’avoir que ce problème à évoquer est une bonne nouvelle. Les dernières journées sont vraiment sympathiques, la mer est plutôt belle, la houle peu marquée arrivant par l’arrière ne fait pas trop rouler ou tanguer le bateau. Le soleil tape de plus en plus et j’ai installé le taud de soleil qui couvre la totalité du cockpit pour pouvoir rester dehors à l’abri du soleil. Je peux donc lézarder à l’ombre avec un bon roman tout en surveillant les voiles et l’horizon. Je vois régulièrement des poissons volants autour du bateau mais peu s’aventurent sur le pont, j’attendrai avant de goûter à cette espèce.
12 février : « Passage tribord amure. Vent plein arrière 10 à 15 nœuds. RAS » voilà le contenu du journal de bord de ce 12 février à 11H45 UTC.
Mes journées sont assez semblables les unes aux autres depuis quelques jours mais jamais monotones. Je me lève entre 9 et 10 heures (le soleil ne se lève qu’un peu après 9H). Ma première occupation, c’est le bateau. Selon la force et l’orientation du vent, j’installe le spi pour permettre à Idefix de gagner ½ à 1 nœud. Une fois le spi installé, les réglages effectués, je descends remplir le bol d’eau de Nan, vérifier qu’elle a à manger puis je mets de l’eau à chauffer pour le thé, je presse 2 ou 3 oranges (j’ai fini mon stock ce matin), je sors le reste de brioche, un peu de Nutella et me fais un bon petit déjeuner.
Ceci fait, je sors mon sextant et fais un premier relevé de la hauteur du soleil. Je redescends ensuite à la table à carte pour effectuer les calculs et tracer une première droite de hauteur.
En général, quand j’ai fini, il n’est pas loin de 11H30, le moment de brancher la radio pour écouter les nouvelles du monde, un peu de politique française, des résultats sportifs (un pronostic contre les anglais ?) et la météo sur RFI. Il arrive certains jours que la réception soit trop mauvaise pour capter quoi que ce soit.
C’est à la fin du bulletin que je remplis mon livre de bord indiquant la pression barométrique, la force et le sens du vent, mon cap, ma vitesse, la voilure en place, la distance parcourue depuis la veille puis ma latitude et ma longitude que je pointe alors sur ma carte (j’utilise pour l’instant la position GPS, j’effectue mes mesures aux sextant de façon indépendante et je compare les positions obtenues après quelques temps).
Pour ce qui est de la distance parcourue, je compare la distance indiquée par le speedo et la distance réellement parcourue. Le speedo est une roue à aubes qui en tournant indique la vitesse du bateau par rapport à la surface de l’eau (vitesse surface). Le système totalise aussi la distance parcourue (loch). En parallèle, en relevant ma position sur une carte avec le GPS, je peux calculer la distance parcourue sur 24 heures. Le GPS me donne aussi ma vitesse réelle que l’on appelle vitesse fond. La mer bougeant, j’avance en réalité sur un tapis roulant.
Le courant étant favorable quand on va des Canaries aux Antilles, je vais donc plus vite sur le fond qu’en surface. Depuis une semaine, je subis un courant favorable entre ½ et 1 nœud soit entre 12 et 24 milles nautiques gagnés chaque jour. Quand le loch indique que j’ai parcouru 124 milles comme sur les dernières 24 heures et que j’ai parcouru 147 milles sur la carte, je sais que j’ai eu un courant favorable d’un peu moins d’un nœud.
La météo notée et ces calculs finis, il est alors 12H00 UTC, l’heure pour moi de sortir mon coussin de cockpit, de m’y installer avec un roman et de la bonne musique en fond grâce à mes hauts-parleurs de cockpit.
Je jette régulièrement un coup d’œil aux voiles et fais un tour d’horizon mais je ne croise que très rarement des bateaux.
Je bouquine donc tranquillement jusqu’à 14 ou 15H avant de me décider à déjeuner. Depuis mon départ, mon plat principal, ce sont des pâtes, le plus souvent à la carbonara. J’avais emporté un bon stock de lardons et d’œufs avec moi. J’ai fini tous les légumes et la plupart des fruits frais que j’avais emportés, il ne me reste que 4 pommes, de quoi me faire une bonne tarte. Heureusement, j’ai un grand stock de produits en conserve, des légumes, des plats préparés, des fruits au sirop et, mon mets le plus apprécié en dessert, les conserves de compote de pomme que ma mère m’avait préparée avec les pommes du jardin (de notre voisin) en Bretagne. Un vrai moment de bonheur avec quelques galettes bretonnes.
Une fois bien rassasié, avant toute chose, je fais la vaisselle. Cela surprendra ceux qui me connaissent depuis longtemps mais je ne laisse rien traîner dans l’évier trop longtemps pour éviter de tout ramasser par terre à cause d’une mauvaise vague.
Je ressors ensuite mon sextant pour une deuxième droite de hauteur. En fait, avec un sextant et le soleil, on peut établir une droite de hauteur. Avec un seul point, on ne connaît pas sa position exacte mais on obtient une ligne sur laquelle on se trouve. Avec 2 points à 2 moments différents, on obtient 2 droites, on est alors à l’intersection des 2 droites.
Mon deuxième relevé effectué, j’ai donc ma position obtenue uniquement avec le soleil, un sextant, une calculatrice et les éphémérides de l’année en cours.
Ceci fait, je retourne à mon bouquin qui peut ainsi m’emmener jusqu’à la fin de la journée.
Vers 18H, je prends le temps pour une bonne petite douche dans le cockpit. J’utilise un pulvérisateur de 5 litres que j’ai peint en noir. J’ai ainsi de l’eau chaude sous pression. Avec ce système, je prends une douche avec moins de 5 litres d’eau, un système économique et très pratique.
Propre comme un sou neuf je m’en retourne à ma lecture, Bien sûr, si le besoin s’en fait sentir, j’affine un peu les réglages des voiles mais depuis quelques temps, la stabilité des vents est telle que je ne touche à rien. Le soir venu, un peu avant le coucher du soleil, je rentre le spi pour le remplacer par le génois. J’allume les feux de navigation et selon que je reste ou non dehors, branche le radar et indique à celui-ci une zone de garde à surveiller. Si un objet apparaît dans un rayon de 12 milles autours du bateau, l’alarme du radar se met en marche.
Je peux continuer à bouquiner dehors en short à la lumière de ma frontale jusqu’à 10H, heure du dîner. Pas de changement avec le midi, souvent des pâtes, une salade de riz, thon et maïs, un peu de chorizo acheté en quantité en Espagne.
Certains soirs, le ciel se couvre et il y a quelques grains épars. J’en profite alors, bien à l’abri dans le carré pour allumer l’ordinateur et dîner devant un petit film. C’est assez hallucinant de se retrouver en plein milieu de l’océan, dans le confortable carré d’Idefix, bien calé pour regarder un film.
Après cette bonne pause cinématographique ou littéraire selon les soirs, je prends une petite demi-heure dehors, tranquillement sous les étoiles. En pleine mer, sans aucune civilisation à proximité, sans aucune lumière parasite si ce n’est celle de mes feux de navigation, le ciel apparaît d’une clarté extraordinaire. Je n’avais jamais vu les étoiles briller autant avant de les observer depuis l’océan. En quelques minutes à peine, j’ai le temps d’observer plusieurs étoiles filantes. A ces latitudes très sud, le ciel ne ressemble pas à celui qu’on trouve en France, il faut attendre minuit pour commencer à voir la grande ourse, la polaire est très basse, à 16 ou 17° au dessus de la ligne d’horizon. La polaire et la grande ourse étant mes principaux points de repère pour reconnaître les autres constellations, j’ai un peu de mal à me repérer mais j’y travaille.
Ce moment magique passé, il est souvent 1 ou 2 heure du matin, je m’en vais me coucher dans ma cabine, après avoir bien vérifié le réglage des voiles, le fonctionnement du pilote et du radar. Pendant la nuit, à chaque fois que j’ouvre les yeux, j’écoute les bruits que fait Idefix et le son de l’eau contre la coque. J’arrive souvent à sentir si quelque chose cloche, si la vitesse est insuffisante, si le vent a forci. Je jette un coup d’œil et m’en retourne dans ma cabine. Je peux ainsi me lever entre 2 et 20 fois selon les nuits mais plus souvent 2 fois par nuit depuis 3 ou 4 jours. Le matin venu, je reprends mes habitudes.
Certains jour bien sûr, il faut rompre la monotonie, un peu de bricolage sur informatique, un peu de rangement ou un peu de cuisine. Il est 19H00 et je viens à peine d’enfourner une tarte aux pommes qui me fera au moins 3 desserts et un petit déjeuner. A peine la tarte mise au four, sortant faire un tour d’horizon, j’ai aperçu un cargo, sans doute un minéralier qui fait route vers l’est. Cela faisait plusieurs jours que je n’avais croisé aucun navire, il y a donc toujours de la vie sur Terre…
Kenavo
14/02/2007 :
Position :
16° 6' N / 50° 18' W
16ème jour, un peu plus loin encore. 13 février : C’était l’anniversaire de mon petit frère, j’avais prévu de l’appeler mais je cherchais une idée sympa pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. J’ai donc pris mon harmonica (merci papa noël) et après quelques temps pour retrouver l’air et le jouer, j’ai appelé avec l’Iridium sur son portable et suis tombé sur sa messagerie. Sans dire un mot, j’ai simplement joué mon morceau et ai raccroché.
J’ai rappelé un peu plus tard pour lui faire la même chose mais en l’ayant directement et en chantant accompagné à la guitare (merci encore papa noël). Nous avons discuté un peu.
J’ai ensuite repris le rythme classique de mes journées.
J’ai fini aujourd’hui un roman de John Grisham, « le maître du jeu », très bon roman. J’essaye de varier un peu mes lectures, un peu de polar un peu d’aventure, un peu de culture et quelques classiques. J’ai commencé un Jules Verne, « le tour du monde en 80 jours ».
14 février : Après une douce nuit étoilée sous un vent tiède et régulier, j’ai assisté au lever du soleil, à 9H30 UTC soit 10H30 heure française. J’ai fait un point astro puis j’ai rapidement mis le spi en place avant de petit déjeuner.
Tout allait donc bien, j’avais fait le point, 140 milles en 24 heures, le soleil tapait bien, la mer recommençant à être agitée faisait rouler Idefix de droite à gauche de manière assez désagréable parfois mais sans que cela ne soit insupportable. Bref, cette journée s’annonçait aussi bonne que les précédentes.
Bon, à ce stade, vous vous dites mais que lui est-il encore arrivé, qu’a t’il fait ???
Le spi, ma voile patchwork qui a vu tant de fois et si longtemps ma machine à coudre, cette voile légère, parfois difficile à manier en solo mais tellement efficace par petit temps, cette voile s’est à nouveau déchirée et encore à un nouvel endroit. Jusqu’ici, toutes les déchirures étaient apparues dans le bas de la voile. Cette fois-ci, c’est au sommet que l’ouverture s’est faite sur environ 2 fois 3 mètres.
J’ignore l’âge du spi, s’il a l’âge du bateau (24 ans quand même) ou s’il a été acheté plus tard. Je penche pour la première hypothèse car de toutes les factures que j’ai à bord et qui retracent une grande partie de la vie de mon voilier, il n’y en a aucune pour un spi.
Ceci pourrait expliquer qu’après tant d’années et sans aucun doute de bons et loyaux services, la toile commence à fatiguer. Je ne vais pas réparer avant d’arriver, je commence à saturer mais j’essaierai encore une fois. Certes, je préfèrerais acheter un beau spi tout neuf mais il faut compter un peu plus de 1000 euros pour un spi premier prix, jusqu’à plus de 2000 selon la qualité recherchée (sachant qu’avec mon programme, les voiles sont souvent utilisées et donc s’usent vite, il me faut des voiles de qualité donc pas données !!!). Je n’ai malheureusement actuellement pas les moyens, le fil de couture est beaucoup plus abordable pour ma pauvre bourse.
Sans spi, j’ai testé une nouveauté sur Idefix, un amalgame entre ce que j’appelle voile en ciseaux et en papillons (je ne me souviens plus des noms exacts de ces positions). Je m’explique. Durant la nuit ou en journée quand le vent était trop fort pour le spi, naviguant par vent arrière, j’avais la grand-voile d’un côté et le génois sur tangon de l’autre (le tangon est une barre en aluminium qui permet d’écarter la voile du bateau). Cela permet d’éviter que la GV ne dévente le génois. Je me suis placé aujourd’hui au grand largue, limite vent arrière (le vent vient légèrement de côté, 20° par rapport à l’axe du bateau). J’ai toujours ma GV sur tribord et mon génois sur tangon à bâbord à l’avant. J’ai rajouté une trinquette de 25m² sur tribord à l’avant. J’ai donc une surface de voile plus importante me permettant d’avancer certes un peu moins vite qu’avec le spi mais c’est déjà ça !!!
Après 3 heures à ce régime, la trinquette ne portant pas bien, trop déventée par la GV, j’ai affalé la GV, installé le génois sur tribord et mis la trinquette sur tangon à bâbord. Cette configuration doit permettre d’équilibrer le bateau qui n’est plus poussé par la GV mais uniquement tiré par les 2 voiles d’avant. Je conservais jusqu’ici la GV surtout pour le spi, pour pouvoir déventer le spi derrière celle-ci pour pouvoir l’affaler. Sans spi, j’essaye donc de me passer de la GV.
Cela commence à faire pas mal de pépins et il m’arrive à certains moments de me dire que je cumule un peu. L’anémomètre ST60 qui tourne en rond sans cesse et ne me donne plus le sens du vent, ne me reste plus que la loup de prés qui fonctionne aussi au portant, les boutons du tridata (Sondeur, Speedo, Loch) qui ne répondent plus, le second pilote qui ne fonctionne pas, l’enrouleur qui m’a fait des siennes, la fixation de drisse qui se décroche, la drosse qui casse…
Cela fait 2 semaines que j’ai quitté les Canaries, que j’ai vu les derniers humains me disant au revoir sur le ponton de Santa Cruz de La Palma. 2 semaines sans voir personne, 2 semaines avec comme seul décor l’océan.
L’un des aspects les plus délicats pour moi dans le solitaire, c’est l’impossibilité de partager. Partager les galères, les doutes, ne pas pouvoir passer le relais, ne serait-ce que quelques heures, ne pas pouvoir discuter des choix, des meilleures options. C’est d’autant plus vrai qu’avec les problèmes rencontrés, je me suis vraiment demandé si j’avais fait des erreurs. Je porte la responsabilité pour le point de fixation de l’écoute de GV qui a sauté lors d’un empannage et que j’ai réparé mais pour le reste, c’est uniquement de la malchance. L’électronique si souvent vérifiée avant le départ et à chaque escale m’a joué de mauvais tours. J’avais vérifié l’enrouleur à Las Palmas et déjà rencontré une fois le problème avec l’anémomètre (mais il semble que ce problème soit récurrent avec la gamme ST60 de Raymarine).
Malgré tout, jusqu’ici, je fais avec, avec la solitude et avec les problèmes. J’ai quand même quelques moments agréables qui compensent.
Quand le moral est un peu moins bon, je me prends une bonne douche dans le cockpit, me sors une plaque de chocolat et des galettes bretonnes pour accompagner une bonne tasse de thé et j’écris, que ce soit le journal de bord du bateau ou celui que j’écris actuellement pour le site.
La rédaction de ce journal est pour moi importante à double titre. Elle me permet de donner des nouvelles à la famille, aux amis, à tous ceux qui me suivent, mais c’est aussi pour moi un moyen de me rattacher régulièrement à la civilisation. Avec les messages reçus sur l’Iridium, je garde contact avec la terre. Dans ces moments, je mesure la force et l’incroyable capacité de ces explorateurs, aventuriers qui partaient pour plusieurs mois autour de la planète sans avoir aucun contact avec le monde. Les Moitessier, Slocum, Gerbault qui s’en allaient pour 2, 3 mois ou plus. Pas de GPS à l’époque, ils ne se positionnaient qu’avec le soleil et les étoiles. Que ce soit ces anciens aventuriers ou ces coureurs et coureuses en solitaire qui partent pour un tour du monde et qui passent plusieurs semaines voire des mois seuls sur leur machine qu’ils doivent, contrairement à moi, faire avancer toujours plus vite, sans répit ni repos, quand je pense à ceux-là, je trouve ma situation finalement bien confortable.
Depuis quelques heures, la mer est à nouveau agitée. La houle vient de l’arrière et ne serait pas trop gênante si une vague de temps en temps n’arrivait pas en plein travers, couchant Idefix jusqu’aux chandeliers. C’est une situation assez désagréable car rien ne reste en place dans le bateau. Je me suis lancé dans la réalisation d’une brioche au citron mais la cuisine dans le roulis n’est pas évidente, non pas que je ne supporte pas cela, mais les 2 mains dans la pâte pour la pétrir, je ne peux plus m’accrocher dans le bateau, je reste donc bien souple sur les jambes pour conserver mon équilibre et fais attention de ne pas renverser le bol de farine ou de sucre.
La pâte ayant bien levé, j’espère que cette première sera une réussite et que j’aurai de la brioche au petit déjeuner demain.
Il me reste 630 milles à parcourir, j’en ai déjà fait 2000, ça se rapproche.
16/02/2007 :
Position :
15° 9' N / 55° 11' W
18ème jour, de l'eau rien que de l'eau. 15 février : Nouveau lever de soleil sur une nouvelle journée en mer. Le sommeil a été plus difficile à trouver la nuit dernière, j’ai fait d’étranges rêves, j’entendais des bruits anormaux sans pouvoir les analyser et il me fallait quelques temps pour savoir s’ils étaient réels ou imaginaires.
Au matin, la bonne surprise est venue du point du jour à 11H45. J’ai bien avancé en 24H, 143 milles alors même que je ne dispose plus du spi pour m’aider dans la journée. L’option Génois et trinquette fonctionne bien, la barre est très douce et s’il n’y avait pas la houle, Idefix irait quasiment tout droit sans pilote ni barreur.
De temps en temps, je prends la barre, pour 1 petite heure ou plus, systématiquement après une modification de réglage des voiles, pour vérifier que la barre n’est pas trop dure. Si c’est le cas, le pilote va beaucoup consommer et donc s’user. Une barre dure est souvent due à un mauvais réglage ou à l’excès de voilure. C’est un bon signal pour décider de réduire la surface de voile. Ici, ce n’est pas le cas, Idefix est bien équilibré et avance bien. A 12H00 UTC en ce 15 février, il me restait 520 milles à parcourir, 4 jours si je continue la petite moyenne que je tiens depuis le début.
Je suis un peu déçu par ma moyenne et ma stratégie de route. J’avais décidé de faire une route d’abord sud ouest vers le 20N 33W puis après 1 semaine de faire de l’ouest directement vers la Martinique. Avec cette option, les alizés étant normalement de nord est, je passais la première semaine plein vent arrière mais ensuite, j’étais au grand largue jusqu’au bout. Le plein vent arrière contrairement à ce que l’on pourrait croire est loin d’être l’allure idéale sur un voilier. L’équilibre est plus précaire à trouver, la houle venant aussi de l’arrière déstabilise le voilier tantôt sur tribord, tantôt sur bâbord. La position idéale sur une telle route est le grand largue, le vent venant de 30 à 40° par l’arrière. C’est une position beaucoup plus stable où le voilier profite pleinement du vent et offre de meilleures performances. Malheureusement, ma stratégie n’a pas été payante, après la première semaine vent arrière, le vent a tourné en même temps que moi s’établissant plein est. J’ai ainsi passé plus de temps sur cette traversée bâbord amure que tribord amure (bâbord amure signifie que le vent vient de bâbord, c'est-à-dire de la gauche du bateau) alors même que la plupart des transatlantiques se font tribord amure des Canaries aux Antilles. Les alizés ont été stables en terme de force du vent mais leur direction a été plutôt inhabituelle d’après ce que j’avais pu lire et ce que les pilots chart annonçaient.
Ce petit caprice météorologique m’aura sans doute coûté au moins une journée voire 2 sur la traversée, ne me permettant pas de faire des moyennes à 7 nœuds (courant compris) qu’Idefix peut atteindre au grand largue ou de diminuer sensiblement la distance à parcourir en utilisant dès le départ l’orthodromie (route la plus courte entre 2 points sur le globe et qui correspond en fait à un arc de cercle).
Mais peu importe, ce n’est pas une course.
Un des points de satisfaction de la journée est ma très faible consommation d’eau douce. Je suis parti avec mes 2 réservoirs pleins soit 200 litres environ, 2 douches solaires remplies (20l) et mon pulvérisateur pour douche (7l) soit 227 litres. Je n’utilise cette eau que pour prendre des douches, rincer la vaisselle que j’ai faite à l’eau de mer et un peu pour la cuisine, pour l’eau du riz ou des pâtes (je mélange 2 tiers d’eau douce pour un tiers d’eau de mer et ne rajoute pas de sel bien sûr).
Après 17 jours, en faisant attention de ne pas gâcher, je n’ai utilisé que 100 litres d’eau malgré des douches régulières à l’eau douce.
Cette autonomie pourra m’être bien utile dans certains mouillages.
Quand je ne bouquine pas, qu’Idefix ne m’accapare pas, que je ne suis pas à la table à cartes, je fais un peu de cuisine. Mes repas n’ont rien d’extraordinaire, beaucoup de pâtes comme je l’ai déjà dit, j’ai fini depuis longtemps maintenant les derniers fruits et légumes frais. Pour le dessert, j’ai des conserves de fruit, de l’ananas, de la salade de fruit, et la compote de pommes maison. Je me suis même ouvert hier soir une boîte de crème Mont blanc dégustée avec des galettes bretonnes. Mon frigo commence à être bien vide, il n’y reste plus que du beurre et des chorizos.
J’étais parti avec 24 œufs et j’aurai pu en prendre au moins une douzaine supplémentaire. Les œufs sont très utiles pour nombre de plats, pâte à tarte, omelette, brioche, carbonara…
J’ai fait hier une brioche mais ça n’a pas été une réussite, je suis tombé en panne de gaz en milieu de cuisson, j’ai changé la bouteille puis j’ai relancé le four mais je n’ai pas assez cuit la brioche.
De cette brioche pas assez cuite, j’ai pris 3 tranches au petit déjeuner mais elles me sont restées sur l’estomac une bonne partie de la journée. Le soir pour faire passer cela, je me suis fait une petite soupe chinoise, pratique et rapide à cuisiner.
16 février : la nuit n’a pas été bonne, le vent de 10 nœuds par l’arrière ne gonflait que peu les voiles et le génois se déventait à chaque grosse vague. La voile en se regonflant claquait de façon désagréable. Je me suis mis à la barre pour trouver le meilleur rapport cap/vitesse/confort.
C’est une situation vraiment ennuyeuse quand le vent n’est pas assez puissant pour propulser le voilier et que la mer est toujours formée. Le voilier n’est plus vraiment manoeuvrant et subit les caprices des vagues. Sans vitesse, pas de contrôle.
Le manque de vent a aussi pour conséquence de ne pas ventiler le bateau qui conserve une température élevée. Avec la chaleur, les bruits incessants et les mouvements, il m’a été difficile de trouver le sommeil.
Au petit matin, le vent s’étant remis à souffler, j’ai repris un cap en direction de la Martinique. Avec la bonne vitesse que j’avais durant la journée précédente, sans doute aidé par un fort courant et malgré ma faible moyenne de la nuit, j’ai parcouru 150 milles sur les dernières 24H, la terre des Antilles se rapproche.
Je fais un point par jour sur ma carte à l’aide du GPS. En parallèle et sans comparer les données pour l’instant, je fais 4 à 5 droites de hauteur par jour (point sur le soleil avec le sextant). D’ici 2 jours, je comparerai ma position réelle au GPS avec celle calculée avec le soleil, je découvrirai alors la précision de mes calculs.
Je découvre chaque matin 1 ou 2 petits poissons volants dont Nan a commencé à s’occuper. Je n’en ai pas encore trouvé de suffisamment gros et en bon état pour en déguster. De même, j’ai mis une ligne de traîne à l’eau mais je n’ai rien pris jusqu’ici. J’ai testé la méthode Guillaume qui consiste à mettre la traîne juste derrière le bateau, à moins d’un mètre en plein dans les remous mais sans succès jusqu’alors.
Dans l’après midi, le vent est à nouveau tombé un peu à 10 12 nœuds. On ne peut pas dire qu’il y a véritablement de houle. Ce ne sont pas des grosses vagues bien définies qui arrivent mais plutôt des bosses et des creux épars sans direction bien établie. Des dunes d’eau apparaissent subitement, une vague déferle et disparaît presque aussitôt. Le bateau est donc soumis aux caprices de la mer, n’avançant qu’à 4,5 nœuds cet après midi. Ce n’est pas tant la vitesse qui m’ennuie, ni les mouvements pourtant assez désagréables. Ce qui m’ennuie, c’est le bruit des voiles qui claquent, le son métallique de l’étai qui se tend sous l’action du génois qui se gonfle, le choc des écoutes qui se bordent et qui tirant sur les poulies leur arrachant un couinement, les grincements du vis de mulet… Tous ces sons sont désagréables car ils témoignent des efforts subis par Idefix que je préfère voir affronter la vague plutôt que d’être ballotté par elle.
Les prévisions m’annoncent un retour du vent en début de soirée pour au moins 2 jours.
J’ai encore un peu plus de 300 milles à faire avant d’apercevoir la Martinique.
18/02/2007 :
Position :
14° 25' N / 59° 25' W
20ème jour: à un cheveu des Antilles. 17 février : En me levant ce matin, de mauvaise humeur après une nouvelle nuit où Idefix était ballotté par la houle, j’ai vu un bon signe. Un oiseau s’est approché, il a fait une fois le tour du voilier avant de repartir vers le nord. C’est signe de terre proche.
Passé ce bon moment, je m’en suis retourné à mes habitudes, j’ai fait un point au sextant, essayé d’écouter les info sur RFI, pris un semblant de météo et fait le point GPS journalier. Comme je pouvais m’y attendre, j’ai fait durant les dernières 24 heures la plus petite moyenne de la traversée, 123 milles, un peu moins de 5 nœuds. Par ailleurs, pour faire porter un peu le génois avec le peu d’air qu’il y avait, j’ai fait un cap plus sud que normal, je suis maintenant à la latitude de la Martinique et je peux faire du plein ouest pour arriver. Le point de chute est le port du marin, dans le cul de sac du marin sur la pointe sud de l’île. Il y a là-bas la plus grande marina de la Martinique et je pourrai y refaire le plein d’eau, de produit frais, laver le bateau et les voiles, faire la lessive qui s’accumule chaque jour. Fort heureusement, je passe mon temps torse nu sur le bateau, je ne salis donc quasiment pas de tee-shirt. J’utilise simplement un caleçon par jour et comme j’en ai une bonne réserve, je n’ai même pas eu besoin de faire de la lessive en traversée.
Norah Jones en fond sonore, je m’attaque pour la première fois à la fabrication de pain dont je tire la recette du « Guide de la cuisine à bord », un de ces livres que l’on retrouve sur près d’un voilier sur 2. J’avais jusqu’ici de la brioche et quelques pains précuits, mais le stock étant à zéro, je me lance dans la farine et la levure.
3 bonnes heures plus tard, les 2 pains formés mis au four, il humait un parfum de boulangerie dans le carré. J’ai sorti 2 beaux pains du four. 1 heure plus tard, la moitié d’un pain me servait déjà de support à un peu de Nutella pour accompagner le thé de 17H00.
Autant ma première brioche a été une catastrophe, autant cette première fournée de pain est un délice. La croûte est croustillante, l’intérieur bien moelleux et bien aéré, je suis satisfait et surtout content de pouvoir me tartiner un peu de beurre et de confiture demain matin.
Je n’ai pas utilisé toute la pâte pour le pain, j’en ai conservé un bon tiers que j’ai étalé dans un moule pour me servir de base pour mon repas de ce soir. Avec quelques tomates pelées, du chorizo et du parmesan, je me suis fait une superbe pizza qui valait bien une orientale de chez Marcel. Elle était assez copieuse pour qu’une moitié me suffise, j’en aurai donc pour demain
Le vent a été faible toute la journée, j’ai fait une moyenne d’à peine 4 nœuds.
18 février : avant dernier jour si tout va bien. La nuit a été bonne, le vent s’est remis à souffler de manière régulière. Je me suis levé vers 8H00 (en pleine nuit ici) avec un vent qui avez encore forci. Il s’agissait d’un grain passager. Je me suis mis à la barre pendant 30 minutes sous la pluie le temps de laisser passer ce gros nuage. A l’approche d’un grain ou sous celui-ci, le vent augmente rapidement et change de sens, il faut donc régler les voiles ou changer de cap (parfois les 2), c’est ce que j’ai fait. Ce « mauvais temps » repart aussi vite qu’il est arrivé et le vent redevient stable en cap et vitesse.
Le soleil s’est levé vers 10H00 UTC (11H00 en France) sur une mer qui s’est à nouveau un peu formée sans être trop désagréable. Le vent est redevenu stable et souffle actuellement à 15 nœuds. Idefix avance tranquillement entre 6 et 7 noeuds. J’ai mis un des pains à griller dans le four et me suis préparé un superbe petit déjeuner avec beurre, confiture d’abricot, jus d’orange et thé.
J’ai aujourd’hui une excellente réception de RFI. La météo annonce de l’est sud-est 2 à 4 avec une mer agitée à forte.
Bonne surprise au niveau distance, malgré le manque de vent hier, la nuit m’a permis de faire une bonne distance et j’ai quand même fait 130 milles en 24 heures. Au point de 11H45, j’étais à 130 milles nautiques du port du marin en Martinique soit 24 heures de navigation. Pour ne pas arriver de nuit sur la côte Martiniquaise, je vais sans doute devoir ralentir un peu le bateau ce soir.
La Martinique toute proche, ma prochaine nouvelle devant être écrite depuis ce département d’outre-mer, je profite de ces derniers milles pour quelques remerciements.
En effet, durant la traversée, j’ai reçu un bon nombre de messages sur mon Iridium, de 1 à 6 par jour, messages de soutien, coucous amicaux, nouvelles du monde, résultats sportifs, bulletins de santé…
Merci donc avant tout à ma mère pour le nombre incalculable de petits messages envoyés, la mise à jour du site et ses corrections orthographiques qu’elle n’a pas manqué de faire j’en suis sûr.
Merci à mon tonton Denis et sa petite famille dont les nombreux messages m’ont fait chaud au cœur.
Merci à Rodolphe et Fred pour leur soutien, leur amitié, je m’efforcerai de répondre à l’invitation.
Spéciale dédicace à Adrien et à ses nouvelles régulières et pleines d’humour de bon matin.
Merci à mes Brestois Ghislaine et Laurent à qui je confirme qu’il est préférable de recoudre un spi…
Merci à mon petit frère qui va découvrir l’avion en même temps que la Martinique dans quelques jours.
Merci à mon autre tonton Yves et sa famille pour son suivi ses messages et ses nombreux emails depuis mon départ.
Merci à Pierre et Sandrine et leurs petites qui s’en vont vers de nouvelles aventures à Montauban se rapprochant ainsi de mes chers Toulousains Jean et Marguerite.
Merci à Daniel et Monique, il est loin le temps du ballon de foot dans les vitres un soir d’élection.
Merci à Thierry et Evelyne pour les conseils de prudence.
Merci à Philippe qui m’aurait sans doute bien aidé pour mes réparations mais ce sera pour une prochaine fois.
Merci à Damien et Aurore et bonne continuation à Las Palmas avant le grand retour.
Merci à Jean-Pierre et passe le bonjour à Michel, je le retrouverai sans faute à Los Roques…
Merci à Erwan à qui je souhaite de rencontrer Maud Fontenoy pour s’expliquer.
Merci à Jérémie que j’ai cru reconnaître sous un pseudo iroquois.
Merci à Eric mais pour Nietzsche, il faudrait vraiment qu’il ne me reste que cela à lire.
J’espère que ceux que j’oublie ne m’en voudront pas, la mémoire de l’Iridium ne permet pas de conserver tous les messages et je n’ai commencé que récemment à recopier ceux-ci avant de devoir les effacer.
19/02/2007
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
J'ai traversée l'atlantique en solitaire. 19 février : 20 jours, 1 heure et 30 minutes.
C’est fait, j’ai traversé l’Atlantique en solitaire.
Certes, comme je l’ai déjà dit, beaucoup l’ont fait et le feront, beaucoup ont été plus vite mais l’important n’est pas là. Je suis simplement heureux de l’avoir fait.
Le plus dur dans cette traversée aura été la houle croisée que j’ai subie tous les jours ou presque et qui rend la vie à bord instable et désagréable.
Le seul bémol à l'arrivée est le temps en Martinique, un vrai crachin breton. Il fait 27°C, l’air est très humide et la pluie m’empêche d’aérer le bateau.
Ma première préoccupation, une fois les formalités d’arrivée accomplies, a été de prendre une bonne douche. Certes, j’ai toujours été propre durant ces 20 jours mais une vraie douche fait quand même beaucoup de bien.
Je vais devoir maintenant bien ranger le bateau, le laver, régler les quelques soucis que j’ai rencontrés pour pouvoir accueillir ma mère et mon petit frère qui doivent arriver le week-end prochain pour quelques jours de vacances.
Kenavo
22/02/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Je découvre petit à petit. Arrivé depuis 3 jours, je découvre tranquillement le marin. J'ai déjà croisé plusieurs connaissances, un couple de Norvégien, 2 suédois Thomas et Ioldmar (pas sûr de l'orthographe). Je croise aussi de nouvelles têtes, j'ai ainsi sympathisé avec Pascal, skipper pro basé ici ainsi que Christian, Geraldine et Philippe. J'ai été invité à manger ce midi chez mes voisins.
Les martiniquais sont très souriant et accueillant, un vrai bonheur.
Je n'ai donc pas le temps de m'ennuyer et les affaires marchent. J'ai déjà bricolé une alarme radar sur un voilier et on doit me confier un spi asymétrique avec la bordure à recoudre. Cela me fait un peu d'argent de poche. Cela marche beaucoup par le bouche à oreille et je pense que bricoleur comme je suis, j'ai les moyens de gagner quelques euros de temps en temps pour remplir la caisse de bord. Ma mère et mon petit frère arrive demain, je prépare le bateau pour qu'il soit prêt à recevoir ces hôtes de marque.
25/02/2007
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Un rapide tour. Sur une carte de l'atlantique, la Martinique peut paraître petite. Une fois sur place, pour faire le tour, même en voiture, il faut parcourir les 90 kms qui séparent le sud du nord sur des routes sinueuses. Les paysages sont magnifiques, les immenses champs de cannes à sucre et de bananiers laissent place à une végétation trés dense et luxuriante dans le nord de l'île. Un peu comme sur les îles des canaries, on peut distinguer une différence de climat selon la région de l'île.
Durant ces balades, nous avons piqué notre première tête dans l'eau, en mer des Caraïbes le samedi, en Atlantique le dimanche. Après 2 jours de location de voiture, il est temps de changer de moyen de locomotion et de région, nous partons ce matin pour Sainte Lucie, île indépendante situé à 20 milles au sud. Je n'ai pas le temps de préparer une page avec photos pour l'instant mais ne manquerai pas de le faire très rapidement
27/02/2007
:
Position :
14° 4' N / 60° 56' W
Ste LUCIE. Le lundi, nous avons été découvrir un petit mouillage au sud de Ste Anne. Plage de sable blanc au pied d'un hôtel. Après nous être baignés, nous sommes allés au bar de l'hotel prendre un verre. C'était le soir où le directeur de l'établissement accueille les nouveaux arrivants, nous avons donc, en plus de nos consommations, profité du punch et des accras de morue offerts par l'établissement sur les conseils du barman.
Le lendemain, nous avons navigué pendant 4 heures vers le sud pour atteindre Rodney Bay sur l'île de Ste Lucie. Nous allons louer une voiture demain pour découvrir l'île en faisant bien attention à rouler à gauche!!!
MARS 2007

04/03/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Retour et Départ. Après 2 jours de balade à Sainte Lucie en 4x4 et un tour en voiture de police, nous sommes revenu en Martinique pour goûter à quelques mouillages sympathiques du côté de l'Anse d'Arlet. Un peu de plongée pour découvrir les fonds clairs au milieu d'une multitude de poissons avant de revenir vers le port du Marin. Nous avons déposé Stéfan, mon petit frère à l'aéroport, ma mère reste ici jusqu'à jeudi. Je prépare les photos qui seront en ligne en début de semaine. Vous pouvez déjà découvrir la nouveauté du site, une nouvelle carte pour visualiser ma position et le parcours déjà réalisé.
06/03/2007
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Retour en Martinique. Après 2 jours à Sainte Lucie, nous avons retrouvé la Martinique. Découverte d'un nouveau mouillage en face du village d'Arlet dans la petite Anse d'abord puis la Grande Anse. L'eau est claire, on s'y baigne avec bonheur. On a beaucoup plongé avec Stéfan, ma mère a aussi pris le masque et le tuba pour découvrir les fonds remplis de poissons, coraux et végétaux divers.
De retour au port du Marin, nous avons profité de la voiture pour visiter encore un peu l'île avant de déposer Stéfan à l'aéroport le dimanche.
Encore des balades le lundi que vous pourrez découvrir sur les photos.
Mardi, revenant du loueur de voiture, j'ai retrouvé à bord d'Idefix, en train de discuter avec ma mère, Marlène, Guillaume et Melissa, l'équipage d'Alea. Ils sont arrivés avec Sam la veille. Nous nous sommes retrouvés le soir devant plusieurs ti-punchs. Pas de tarot ce soir là mais l'évocation de nos traversées respectives, les souvenirs marquants. C'est aussi l'occasion de prendre des nouvelles de ceux qu'on a croisés, Jud qu'ils ont ramené de la Barbade, les p'tits suisses qui ont finalement atterri à St Martin en ayant géré le bateau de main de maitre à la place du capitaine incompétent.
Bref, je suis heureux d'avoir des nouvelles et de retrouver des amis, nous attendons maintenant de savoir où sont les Nunataks et les Ouistitis, la communauté du ponton 16 nous aura bien marqués.
P.S: Retrouvez les photos de la traversée, Ste Lucie ...etc sur le journal de bord
09/03/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
A nouveau seul. Mercredi, pour son avant dernier jour, Mylène, une amie vivant ici nous a amenés dîner à Sainte Luce dans un petit restaurant typique, les tables posées sur le sable, à 1 mètre de l'eau, le bruit des vagues en fond sonore. Hier, après une baignade de l'Anse Michel, nous sommes passés à Fort de France puis sommes allés déjeuner, encore une fois sur la plage dans un petit restaurant à la pointe du bout. Boudins créoles, poulet boucané et accras de morue pour fêter dignement le dernier jour de ma mère en Martinique. Après un détour chez Leroy Merlin et Mr Bricolage (j'ai un peu de boulot sur Idefix), j'ai amené ma mère à l'aéroport d'où elle s'est envolée pour la métropole à 20H00. De retour au bateau, je retrouve mes habitudes, ces 10 jours ont été très agréables, j'ai été très content d'avoir ma mère et mon petit frère avec moi pour découvrir avec eux cette superbe île. Je vais maintenant essayer de bosser un petit peu.
15/03/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Douce vie. Après 2 jours au port du Marin puis au mouillage juste à côté, j'ai mis les voiles vers le mouillage de Ste Anne, petit village à 4 milles à peine à la sortie du cul de sac du Marin. Le marin est au fond d'une anse et l'eau n'y est pas vraiment pure et claire. A Ste Anne, je peux enfin profiter de l'eau bleue. Le matin, je commence par me jeter à l'eau avant toute chose. Je prends mon petit déjeuner en écoutant le 13H sur France Inter, je prends ainsi des nouvelles de la métropole et de la campagne électorale avec ces sondages qu'on critiquera dans 2 mois. J'attends avec impatience que mon moteur hors-bord soit réparé pour pouvoir me déplacer plus rapidement. En attendant, quand je veux rejoindre la terre, je rame. Ce moteur me servira aussi dans la recherche d'un emploi pour passer de bateau en bateau ou débarquer rapidement. Sous le soleil des tropiques, j'apprends aussi la patience et le plaisir de laisser les journées s'écouler tranquillement.
J'ai retrouvé Guillaume, Marlène, Melissa et Sam à Ste Anne, nous en avons profité pour se relancer dans nos parties de tarot. Chacun organise sa nouvelle vie en Martinique et cherche le moyen de remplir la caisse de bord. Je reste pour le moment proche du port du marin car c'est là que je pense pouvoir trouver à m'occuper pour le moment.
16/03/2007 :
Position :
14° 4' N / 60° 56' W
On bosse un peu. De passage au Marin pour prospecter un peu, j'ai croisé Pascal qui m'a envoyé un jeune couple désirant se rendre à Ste Lucie pour le championnat de Cricket. Judith et Daniel, elle est française et lui anglais (d'où le cricket). Voilà donc un peu d'argent de poche. Nous sommes parti ce matin à 7H30 du Marin et avons mis 4 heures pour se rendre à Rodney Bay où ils reviendront après le match. L'occasion aussi pour eux de découvrir la voile avec entre 20 et 25 noeuds de vent, au pré serré tout le long. Si le vent se maintient ainsi, le retour sera sans doute plus confortable. C'est aussi l'occasion pour moi d'améliorer mon anglais, une bonne chose...
Retour prévu demain et dès dimanche, ce sera vide grenier improvisé avec Guillaume et Marlène, on trouve toujours un moyen de se débrouiller.
18/03/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Un coin déjà connu. De retour au marin après ce court voyage à Sainte Lucie, j'ai déposé Judith et Dany après 4H30 de pré pour rentrer en Martinique. Ils étaient tout de même heureux de ce voyage. Nous avons fait 2 mouillages le samedi matin, à Rodney Bay puis l'Anse de Choc où nous avons déjeuné après une petite plongée.
Une fois déposé au ponton, j'ai été au mouillage du Marin et j'ai retrouvé Guillaume Marlène et Melissa qui sont venus dîner à bord. Ce matin, nous avons improvisé un vide grenier sur le port du Marin en sortant ce que chacun veut vendre, une echelle de mât, une éolienne pour moi, des feux de nav., un génois et un Iridium pour ALEA. C'est aussi un moyen de récupérer un peu d'argent.
A part cela, les rencontres continuent, j'ai croisé ce matin grâce à Mylène, Michel et Mathieu, skippers pro qui ont traversé il y a peu l'atlantique chacun de leur côté. L'un vient de Plourin, l'autre de l'Aber Wrach, des voisins pour moi.
19/03/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
1 an déjà. Il y a un an, je quittais le port du Moulin Blanc à Brest. Et même si ma première escale aura été Camaret (pains et météo...), c'était pour moi le début du voyage. Que de choses sont arrivées en un an, mon programme initial a beaucoup changé, ma mentalité aussi. Finies les escales programmées et minutées, je profite maintenant de chaque instant, je me laisse le temps de découvrir les endroits où je me trouve, je suis le vent et les conseils des gens que je croise. C'est l'un des points très positifs depuis mon départ, les rencontres. Internet aidant, je garde contact avec plein de monde, en Irlande, Espagne, avec des bateaux ou des globe-trotters partis aux Antilles, au Brésil ou ailleurs, je recroise des visages. Grâce aux sites et aux blogs, on suit facilement ceux qu'on a croisés pour un soir ou un mois. Il est loin le temps des interrogations du début de voyage, le fait d'avoir tout quitté. Je suis bien où je suis et toujours ravi des nouvelles rencontres que je fais chaque jours.
Ce n’est que le début du voyage, de ma nouvelle vie, l’aventure continue.
AVRIL 2007

03/04/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Quoi de neuf doc. C'est ce que j'aurais pu dire à Alain si je l'avais tout de suite reconnu.
J'étais au Mango Bay, lieu de rendez vous de tous ceux qui ont un ordinateur car le wifi y est gratuit. J'ai été appelé par mon nom par la personne devant moi, Alain et son épouse. J'ai rencontré Alain il y a presque 2 ans à Nantes lors d’une formation d'électricité marine. J'avais eu des nouvelles de lui aux Canaries quand j'étais à Las Palmas et le voilà en face de moi. Décidément, la terre est petite, surtout sur l'eau. Je continue ici de faire de nombreuses rencontres, j'ai des nouvelles d'amis qui ont atterri sur d'autres îles, d'autres continents. J'arrive à bosser à droite à gauche et à remplir la caisse de bord en utilisant mes compétences en informatique, électricité et mécanique. La météo n'est pas excellente depuis quelques jours, pas mal de pluie, du vent, on est loin de la carte postale sous le soleil des tropiques. Restant un peu sur le sud Martinique pour y travailler, je n'ai malheureusement pas le loisir de vous faire découvrir de somptueux paysages mais j'espère y remédier prochainement.
06/04/2007 :
Position :
16° 13' N / 61° 31' W
Bienvenue en Guadeloupe. Chaque rencontre enrichit. Parmi celles faites en Martinique, il y a Pascal, skipper pro sur Tara Maria, basé en Martinique l'hiver et à Antibes l'été. Outre les bons moments passés avec lui, apéros, restos, les boulots qu'il a pu me trouver, il m'a aussi permis de rencontrer Manu et c'est ainsi qu'après 30 minutes de vol sur un Airbus A320, je me retrouve en Guadeloupe, à Pointe à Pitre pour prendre en charge un Belize 43, catamaran de 13 mètres, pour 1 semaine. Cela va être l'occasion pour moi de reprendre quelques photos et vous faire découvrir de nouveaux paysages. L'occasion aussi de goûter le rhum de la Guadeloupe et de Marie-Galante pour me faire mon opinion en le comparant à celui de Martinique, chacun affirmant bien sûr que c'est le rhum de son île qui est le meilleur.
07/04/2007 :
Position :
15° 57' N / 61° 19' W
Marie Galante. St Vincent, loin Singapour c'est où....
Qui n'a jamais rêvé, en écoutant Laurent Voulzy, d'aller se poser sur les plages de sables blancs de Marie Galante. Sous un ciel sans nuage, l'ancre posée sur les fonds de sable à quelques mètres de la plage par 2 ou 3 mètres de fond, je profite de la balade avec Jean-Philippe, Catherine, Romain, Caroline et Antoine sur le catamaran de 13 mètres.
08/04/2007 :
Position :
15° 51' N / 61° 36' W
Les Saintes. Lieu de promenade incontournable quand on vient en Guadeloupe, l'Archipel des Saintes. 3 îles et quelques cailloux, à peine 10 000 habitants. Un joli mouillage abrité derrière le Pain de sucre. Le soleil couchant sur l'île de Terre de Bas, un Ti Punch à la main assis dans le cockpit en maillot de bain après une petite séance de plongée.
10/04/2007 :
Position :
16° 15' N / 61° 15' W
St François. A l'est de la Guadeloupe, St François vous accueille avant tout avec son lagon. On se croirait sur une carte postale, l'eau limpide comme du cristal, le sable blanc et un mouillage de très bonne tenue protégé par une barrière de corail. L'eau est à 27 ou 28°C, on y plonge avec grand plaisir pour se rafraîchir après un repas bien arrosé sous un soleil de plomb.
12/04/2007 :
Position :
16° 11' N / 61° 29' W
Et pour finir, le gosier. Après une semaine de navigation sur le sud de la Guadeloupe et un arrêt devant le club Med et sa plage de la Caravelle, nous avons fini notre périple au mouillage devant l'îlet du Gosier pour 2 nuits. Nous avons profité de l'excellent restaurant de la plage municipale, de sa jolie terrasse et de son service agréable.
13/04/2007
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Position :
16° 13' N / 61° 31' W
Catamaran bien amarré. Après 1 semaine de balade autour de la Guadeloupe et dont vous pourrez découvrir les photos dans la section photos et vidéos, j'ai déposé tout mon monde au port de Bas du Fort en Guadeloupe, ramené un bateau en parfait état et des passagers contents de leur séjour. La Guadeloupe méritera de ma part un nouveau séjour prochainement, ça vaut vraiment le coup de se balader ici, le mouillage de St François est paradisiaque et je n'ai pas eu le temps de découvrir l'intérieur des terres, aussi bien de Guadeloupe que des Saintes ou de Marie Galante. Dans l'après midi du 13, je reprenais donc l'avion pour Fort de France, à peine 30 minutes de vol pour retrouver mon bateau et mon chat et me faire une bonne grasse matinée jusqu'à 8H30 le samedi matin, un vrai bonheur.
17/04/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Un monde de silence. Départ au petit matin du port du marin avec l'Insouciant, le Dufour 31 de Florent et Alex pour prendre un mouillage dans l'entrée du cul de sac du marin. Nous avons ensuite avec Florent sorti les blocs de plongée, les stabs... avant de se jeter à l'eau laissant Alex seule sur le bateau ballotté par la houle.
Une très belle plongée avec Florent sur des superbes coraux, au milieu de bancs de poissons aux couleurs magnifiques, un vrai régal pour les yeux. Nous sommes descendus sur un tombant jusqu'à 40 mètres de profondeur pour une plongée de 40 minutes au total. Malheureusement, je n'avais pas pris mon appareil photo mais ce n'est que partie remise, nous avons prévu de nous refaire des plongées bientôt. Florent et Alex ont quitté le sud de la France depuis 8 mois, en route pour le pacifique avec comme projet de monter un club de plongée, un vrai plaisir donc de plonger avec des pros qui ne se prennent pas la tête.
Nous avons poursuivi la journée à discuter au mouillage avant de nous lancer dans des parties de tarots jusqu'à 2 heures du matin.
23/04/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
En route vers le nord. Après un long moment en Martinique, il est temps de découvrir les autres îles des Antilles. Après une nuit dans le nord de la Martinique ce soir, je quitterai demain la Martinique vers St Martin, l'île franco-hollandaise dans le nord des Antilles. 2 jours et 2 nuits de mer pour atteindre cette île avec de nouvelles photos à la clé.
26/04/2007 :
Position :
18° 2' N / 63° 6' W
Sint Maarten. J'ai quitté la Martinique mardi matin en direction du nord des Antilles. Première nuit en mer depuis bien longtemps, premier long trajet en solo aussi d'ailleurs depuis ma traversée de l'Atlantique. J'ai vite repris mes habitudes (musique et bon bouquin). J'ai bien utilisé le spi que j'avais réparé avant de partir (encore une fois), il m'a permis de faire une bonne moyenne. J'ai passé la première nuit dehors, dormant dans le cockpit avant un simple sac de couchage. Après une courte nuit durant laquelle j'ai dépassé la Dominique et la Guadeloupe, j'ai longé St Christophe, Nevis, Saint Eustache de jour. 250 milles nautiques et 40 heures plus tard (bonne moyenne) soit 2 heures du matin ce jeudi, je suis arrivé sur Sint Maarten (partie hollandaise de Saint Martin). Au mouillage dans la baie de Simson, j'ai profité de la fin de la nuit pour récupérer un peu avant de faire ce matin les incontournables formalités de douanes.
29/04/2007
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Position :
18° 6' N / 63° 1' W
Saint Martin - Sint Maarten. Après ces 2 jours de navigation pour rejoindre le nord, j’ai pris le temps pour découvrir l’île, sa culture et ses habitants. Un peu d’histoire d’abord.
Saint Martin, Sint Maarten pour le nom hollandais est une petite île de 93 km² partagée entre la France et la Hollande, ce qui en fait le plus petit territoire au monde dépendant de 2 pays.
Découverte en 1493, l’île a été partagée en 1648 entre ces 2 pays. Depuis, ce partage n’a jamais été remis en question (hormis quelques incursions anglaises, mais ils ne peuvent pas s’en empêcher partout où ils passent) et les 2 drapeaux flottent depuis plus de 3 siècles l’un à côté de l’autre, bel exemple pour tous.
L’île est en zone franche pour les 2 parties et vit maintenant essentiellement du tourisme (et des jeux d’argent côté hollandais où les casinos sont autorisés). N’étant qu’à 2 heures et demi des USA, la plupart des touristes viennent de là-bas et l’anglais est antant usité que le dollar. Dans la partie néerlandaise, les habitants ne parlent que l’anglais, les panneaux indicateurs, les livres, journaux… ne sont qu’en anglais.
Côté français, c’est un mélange des 2. L’importance de l’anglais est surtout liée à l’histoire. La plupart des Français ont quitté l’île à l’abolition de l’esclavage et ce sont des Anglais et des Suédois qui sont venus reprendre les plantations. La majorité de la population parle surtout l’anglais ou le pidgin (créole anglais local), le français est utilisé par les métropolitains et l’administration. En tout cas, le mélange fonctionne plutôt bien, la population est accueillante et je me suis baladé avec plaisir dans les rues aussi bien de Philipsburg que de Marigot comme vous pourrez le voir sur les photos du journal.
Avec la zone franche et le grand nombre de touristes, les centres villes ne sont qu’une succession de magasins. Beaucoup de boutiques de luxe, des parfums français, de la haute couture, de l’électronique… Mais malgré l’absence de taxe et même avec un euro très fort, les prix ne sont pas toujours si intéressants. On trouve quand même quelques bonnes affaires, surtout si on fume et boit avec la cartouche de cigarette à 12$ et le pastis à 8$.
Seul bémol, qu’on retrouve dans un grand nombre d’îles, l’administration. Ce n’est pas le nombre de bureaux ou de papiers (comme à Sainte Lucie) qui est trop important mais le fait de toujours devoir sortir son portefeuille. Une entrée et sortie en 2 jours avec passage du pont pour rentrer dans le lagon, 12 $US. Les mêmes formalités côté français, 0 euro… et oui, c’est aussi ça la France reconnue par beaucoup de voyageurs, des formalités assez rapides, gratuites (et des douaniers qui contrôlent la vignette annuelle sur l’acte de Francisation, vignette qui n’est plus envoyée depuis 2 ans par l’administration!!!!). Enfin, nous vivons une époque moderne, le progrès fait rage, …., pourvu que ça dure.
MAI 2007

01/05/2007
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Position :
17° 53' N / 62° 51' W
Saint Barth.. Découverte par l’inévitable Christophe C. lors de son second voyage, il lui donna le nom de son frère, Bartholomeo. Délaissé par tous car sèche et aride, cette île a vu arrier des paysans venus de Bretagne et de Normandie en 1665. Cédée par Louis XVI en 1784 à la Suède d’où le nom de la capitale Gustavia. Rachetée en 1877, l’île retrouva son drapeau français, les paysans de l’île n’avaient eux pas changé. Saint Barth est une des rares îles des Antilles qui n’a pas importé de main d’œuvre africaine. A St Barth, on était son propre esclave d’où une absence de métissage. Depuis l’époque suédoise, Gustavia est restée port franc et quelques habitants se sont essayés au commerce et à la contrebande avant que l’arrivée en masse de touristes, surtout venus des USA. A St Barth, on est bilingue et le dollar a cours au même titre que l’euro.
Pour faire le tour de l'île, j'ai loué un scooter. Une demi journée est suffisante pour voir la plupart des jolies paysages de l'île, les plages de sables blancs...
La ville de Gustavia est charmante mais la vie semble assez chère ici, malgré l'absence de taxe. Après 2 jours, je reprends la mer ce soir pour la Guadeloupe.
04/05/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Martinique, un port d'attache.. Après mon escapade à St Barth dont les photos seront disponibles le 5 mai sur le site, je suis de retour au port du Marin en Martinique. 52 heures de navigation au retour contre 40 à l'aller, quand le vent est contraire et que l'on fait du pré pendant 2 jours, on arrive fatigué et trempé. Il y a une couche de sel sur Idefix qui attendra un peu avant d'être nettoyé. Je comptais au début visiter Antigua et Barbuda durant mon périple dans le nord des Antilles mais devant être de retour lundi pour récupérer un copain à l'aéroport de Fort de France, plutôt que de ne passer qu'un jour à Antigua, je préfère y revenir tranquillement plus tard. Je serai donc en Martinique dimanche pour vivre ce qui orientera nos choix durant les 5 années à venir.
20/05/2007
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Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Quelques visites. J’ai reçu la visite d’un ami, Arnaud, venu du sud de la France pour 10 jours à bord d’Idefix. Nous nous sommes bien baladés, avons visité un peu le nord de l’île avant de filer vers Sainte Lucie pendant 2 jours puis de revenir vers le Marin où nous avons retrouvé 2 copines, Christelle et Magalie en séjour à Sainte Luce. Au programme de cette semaine, balades en forêt, tourisme, visites culturelles avec dégustations…, snorkeling, sorbets coco et plages bien sûr. Retrouver des visages connus est toujours un plaisir et un moyen de mesurer le chemin parcouru depuis mon départ.
Arnaud a découvert, en même temps que la Martinique, la vie en voilier et entre voyageurs. Apéros improvisés, invitations à dîner, difficile de manger à bord d’Idefix le soir.
Tout ce petit monde reparti, j’ai retrouvé mes habitudes avec un repas chez les Ouistitis Eric et Marielle avec Guillaume et Christophe et Marion, Brestois rencontrés ici.
26/05/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Toujours quelque chose à faire.. Pas de grand mystère sur ma position, je suis toujours dans le sud de la Martinique et je me balade entre le Marin et Ste Anne. J'en profite pour faire tous les petits travaux sur Idefix. Une petite vidange, un nettoyage des fonds, ranger, toujours ranger.
Je profite de ces moments calmes pour travailler aussi sur mon site et répondre aux attentes et remarques. Après un gros travail, j'ai ainsi mis en ligne une évolution de taille pour les pages avec photos. Maintenant, quand vous ouvrirez une photo, vous pourrez accéder directement à la précédente ou la suivante, pas mal non.
Sinon, ayant retrouvé pas mal de bateaux rencontrés aux Canaries, nous retrouvons nos habitudes. Pas mal de soirée, quelques parties de cartes. La pleine saison étant maintenant passée, il y a beaucoup moins de touristes et les mouillages sont bien plus tranquilles. Je n'ai plus de problème pour mouiller en face du bourg de Ste Anne où je vais me rendre demain pour plonger sous la coque, la nettoyer, la frotter et changer l’anode de quille qui protège le bateau.
La vie est donc toujours aussi tranquille et agréable ici, les gens sont moins stressés, moins pressés. La vie en tong me convient tout à fait pour l’instant, pourvu que ça dure.
JUIN 2007

05/06/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
En route vers.... Il n'existe pas 36 moyens pour se rendre des Antilles en France métropolitaine, par les airs et par la mer. Le meilleur pour moi, le moins cher et le plus intéressant (mais pas le plus rapide), c'est la mer. Devant me rendre en France pour un heureux évènement, le mariage de 2 êtres chers, j'ai trouvé un convoyage retour vers Hendaye, dans le sud ouest. Je pars donc dès demain avec Maurice, un Martiniquais pour une nouvelle transat sur un Sun odyssey 47CC, un beau voilier monocoque d'un peu plus de 14 mètres très bien équipé. Une nouvelle page pour moi, une expérience supplémentaire. Je continuerai bien sûr à envoyer des nouvelles de temps en temps et vous pourrez m'en envoyer par SMS sur le numéro indiqué sur le site.
IDEFIX va donc rester quelques temps en Martinique.
Pour répondre à quelques questions que l’on m’a posées, Nan, mon fidèle compagnon, va rester sur IDEFIX. Je ne vais pas lui refaire le coup de la transat et une fois en métropole la trimbaler à droite à gauche pour finir par un voyage en avion, elle sera bien mieux sur son bateau avec ses habitudes. En plus, j'ai placé IDEFIX au ponton juste à côté d'ALEA, le bateau de Guillaume et Marlène, et la petite Melissa est très heureuse de devoir s'occuper de Nan et attend même avec impatience mon départ maintenant. Un peu plus tard, une connaissance viendra se loger sur IDEFIX. Le bateau vivra donc pendant ce temps là et Nan pourra réclamer son quota de caresses journalières.
L'avitaillement du voilier est terminé, tous les feux sont au vert (au sens figuré…), nous prenons la mer demain dans la matinée pour un mois de navigation au maximum, cela dépendra des vents que nous rencontrerons.
10/06/2007 :
Position :
20° 8' N / 56° 52' W
Dans les alizés à l'envers.. 10 juin 2006 : Embarqué le 6 juin… nous voilà en mer depuis 4 jours. Un sacré changement pour moi de ne plus me retrouver à devoir veiller, régler, surveiller, m’alimenter et prendre les décisions seul. Ici, je partage. C’est aussi un nouvel habitat auquel il faut s’habituer. Sualigua, le Sun Odyssey 47 est plus grand qu’Idefix (14 x 4,40 contre 11,20 x 3,85) et l’équipement est bien différent.
La première journée a été houleuse au passage du canal entre la Martinique et la Dominique où quittant la mer des Caraïbes, l’océan Atlantique nous a accueillis avec de belles vagues jusqu’à 3 mètres, la mer s’est bien aplatie. Le vent modéré et stable souffle de l’est entre 10 et 15 nœuds (environ 20km/h) et Sualigua avance au pré entre 5 et 6 nœuds. Nous apprenons à le connaître en douceur, sans tirer dessus.
Nous nous relayons avec Maurice pour faire nos quarts et surveiller l’horizon. Encore une nouveauté pour moi, durant ma transat, mon radar veillait pour moi, faisant un tour d’horizon toutes les 10 ou 20 minutes. Cette option n’étant pas disponible ici (ou on ne l’a pas trouvée) nous assurons une veille visuelle. Le plus difficile bien entendu c’est la nuit. Devoir se réveiller à 3H00 du matin pour passer de 3 à 4 heures dehors à faire un tour d’horizon toutes les 10 minutes fatigue.
Mais les quarts de nuit représentent aussi le meilleur moment. Seul dans le cockpit, un thé chaud, une petite polaire, Nougaro dans les oreilles et la lune qui sourit.
Au matin du 4ème jour, nous avons pêché un tazard (ça ressemble à un barracuda) d’une quinzaine de kilos pour 80cm de long environ. Une occupation supplémentaire et une question de moins à résoudre aujourd’hui, que va-t-on manger. En effet, les propriétaires de Sualigua ont effectué un avitaillement bien complet et nous aurions de quoi tenir un siège s’il le fallait alors à l’heure du repas, il faut choisir entre pâtes aux bolets, blanquette de veau, lasagnes ou colombo de poulet.
5ème jour de mer aujourd’hui et nous faisons toujours route vers le nord est, l’Europe, la France métropolitaine que j’ai quittée il y a 1 an. 3500 milles à parcourir cette fois-ci en ligne directe contre 2600 entre Les Canaries et la Martinique. Les 2 trajets n’ont rien à voir cependant. Partant des Canaries, on se trouve dans la zone des alizés avec des vents d’est qui portent le bateau. Sur la route inverse, on commence par remonter au pré. Le bateau gîte et doit avancer contre le vent. Viendra ensuite une zone sans vent marquant la limite entre les alizés et les vents d’ouest générés par le train des dépressions mais c’est pour un peu plus tard. Nous trouverons aussi sur notre route les Açores mais nous verrons bien alors si nous sommes proches et si nous nous y arrêtons 1 ou 2 jours, cela dépendra de la météo.
Nous avons fait une petite moyenne au début, à peine 100 milles par jour mais les choses s’améliorent. Nous avons fait 140 milles les dernières 24 heures et le voilier avance maintenant à 7 nœuds. Si les vents continuent à être favorables, notre moyenne va sensiblement augmenter.
14/06/2007 :
Position :
27° 21' N / 49° 25' W
Mer belle et vent faible. 11 juin : La nuit est décidément bien belle, elle sublime les artistes et l’écoute de mes morceaux préférés n’a jamais eu autant de dimension qu’en ces moments. Tout se passe toujours bien, la mer est calme, très peu de vagues, le vent est stable, un peu plus fort durant la nuit. Depuis le départ, nous ne faisons que du pré, c'est-à-dire que nous remontons le plus possible face au vent. A cette allure, le voilier gîte tout le temps d’environ 20°. La vie à bord est un peu plus difficile, les déplacements nécessitent de bien se tenir, la préparation en cuisine oblige à tenir tout le temps le plat, et la nuit, il faut trouver une place pour se caler et arriver à dormir. C’est vraiment le seul bémol car sinon, cette traversée est jusqu’ici très plaisante et nous arrivons presque à suivre l’orthodromie, c'est-à-dire la route la plus courte entre 2 points sur le globe. Cette route est une courbe et non une droite (« et pourtant elle tourne »). Sur les cartes papiers qui déforment la réalité pour représenter une sphère dans un plan, on se retrouve donc dans la situation ou la ligne droite n’est pas le plus court chemin pour relier 2 points.
Passées ces considérations géométriques, nous nous entendons bien avec Maurice et avons trouvé notre organisation pour gérer les quarts et le bateau. Chacun vit sa vie tranquillement, une revue ou un bouquin à la main, son baladeur sur les oreilles. Nous partageons quelques repas mais comme il n’aime pas la viande, nous nous préparons souvent chacun notre pitance.
14 juin : Nous avons passé les 2 derniers jours une zone avec pas mal de grains. Quand la pluie arrive, le vent forcit généralement, parfois en rafale à 30 nœuds. Depuis hier soir, nous approchons d’un centre anticyclonique et le vent a faibli à 5 nœuds à peine. Après plus d’une semaine en mer, les conditions sont toujours très bonnes, la mer est belle avec une houle d’à peine 1 mètre. Les journées s’écoulent paisiblement, rythmées par les repas, le sommeil, les quarts et l’entretien du bateau sans oublier RFI à 11H30 UTC pour prendre des nouvelles de la planète et surtout la météo (en complément de celle obtenue par le téléphone satellite). J’avais même oublié que nous étions en pleine période électorale même si mon devoir civique sera tout de même bien rempli par procuration.
Hier, nous avons même fait une petite rencontre. Nous avons croisé un chimiquier sur tribord et celui-ci nous a appelés à la VHF. J’ai discuté avec l’homme de quart philippin. Il venait du Maroc et faisait route vers le Mexique. Nous avons discuté 5 minutes, il m’a demandé d’où nous venions et où nous allions, si la mer était bonne en voilier.
Echange sympathique et un peu hallucinant en plein milieu de l’océan.
Nous avons bien avancé depuis notre départ de Martinique, 1070 milles parcourus en un peu plus d’une semaine. Nous faisons régulièrement nos 150 milles par jour et il en reste environ 2500 à parcourir. Tous les 2 jours, je prends un fichier météo pour étudier les conditions à venir et déterminer la meilleure route à faire, le meilleur compromis entre cap et vitesse tout en évitant des dépressions trop creusées qui génèreraient des vents forts. Mais la période pour traverser dans ce sens est normalement idéale, enfin si l’homme n’a pas déjà complètement déréglé la planète.
21/06/2007 :
Position :
36° 21' N / 33° 27' W
Vers un petit caillou. Toujours à bord du voilier Sualigua, que nous ramenons de Martinique à Hendaye avec Maurice, je pense souvent à Nan, restée sur IDEFIX en Martinique pour tenir la garde (et surtout lui éviter de prendre le train, l’avion et d’être encore trimbalée à droite à gauche). Je compte bien sur Melissa (mais surtout sur sa mère et son père) pour prendre soin de mon fidèle compagnon.
Le voyage se poursuit dans la joie et la bonne humeur. Dans la journée, je consacre 1 à 2 heures minimum à la navigation sur carte et PC. Je prends un fichier météo tous les 2 jours avec des prévisions à 4 jours pour choisir la route la plus intéressante évitant les calmes plats comme les vents trop forts. Le compromis est parfois difficile à trouver et il arrive que l’on soit obligé d’accepter de traverser un centre anticyclonique sans vent pour éviter un détour de plusieurs centaines de milles. L’utilisation du moteur est quasi obligatoire en remontant, au passage entre la zone des alizés d’est et les vents d’ouest que l’on trouve plus au nord.
15 juin : Nous sommes ce matin à mi-chemin entre la Martinique et les Açores.
Avant-hier, je me suis rendu compte que le génois (voile à l’avant) n’était plus maintenu par sa drisse. Nous avons alors affalé le génois pour le hisser sur la drisse de Spi. Maurice est ensuite monté en tête de mât pour réinstaller l’ancienne drisse dont la manille s’est cassée et ramener la drisse de spi. A sa descente, Maurice était heureux, c’était la première fois qu’il montait en tête de mât et en plus, il l’a fait en mer.
16 juin : Nous attendons que le vent se lève. Nous sortons doucement de l’anticyclone, le baromètre descend. Nous serons ainsi sortis de la zone des alizés et devrions récupérer des vents d’ouest portants mais aussi une houle un peu plus forte. Nous sommes malheureusement privés de fichier météo pour aujourd’hui, en attendant les minutes de communications qui doivent arriver sur le téléphone satellite.
Le groupe électrogène ne fonctionne plus pour l’instant, un problème de refroidissement semble-t-il. Nous faisons donc encore plus attention à l’eau et avons décidé de faire un rapide arrêt aux Açores, à Horta, pour refaire le plein d’eau.
17 juin : En l’absence de fichier météo récent, nous fonctionnons sur un modèle calculé il y a 4 jours. Les vents sont toujours faibles et nous avançons entre 4 et 6 nœuds, alternant l’utilisation des voiles et du moteur.
Cela laisse le temps pour d’autres occupations comme la cuisine. A la prise de mon quart à 4H du matin, j’ai sorti farine, levure et sel et j’ai fait du pain. La bonne odeur de pain chaud a envahi le bateau, un vrai régal de déguster du pain encore tiède avec de la gelée de goyave rose rapportée de Martinique.
18 juin : Nous avons trouvé une bonne organisation pour nos quarts. Je me couche avec le soleil et Maurice me réveille en milieu de nuit et va dormir jusqu’à 11H. Je me prépare tout d’abord un bon thé, prends une barre de chocolat et me plonge dans l’obscurité quelques minutes. Je prépare le pain pour le petit déjeuner puis prends un bouquin et fais un tour d’horizon régulièrement, le radar veillant toujours par sécurité. Je profite du spectacle du lever de soleil, plus ou moins admirable selon la couverture nuageuse avant de reprendre un thé. A 11H30, le rendez-vous quotidien avec Radio France Internationale (quand la réception le permet) est l’occasion de faire le point, reporter notre position sur la carte de l’Atlantique et analyser la météo. En l’absence d’information météo depuis 4 jours, nous essayons de suivre la route la plus directe possible vers les Açores où nous devrions arriver vendredi ou samedi. Tous les 2 jours, nous appelons Laurent et Cendrine, les propriétaires de Sualigua pour les informer sur notre position. Ils ont ainsi pu nous transmettre des informations météo pour les jours à venir.
19 juin : nous avons pu recevoir un fichier météo et voir que nous étions vraiment dans une grosse zone de pétole (zone sans vent) pour encore 24 heures.
Après 13 jours, nous sommes aujourd’hui à mi parcours, encore 1750 milles (3250 km) à parcourir jusqu’à Hendaye.
Dans l’après-midi, des dauphins nous ont offert 5 minutes d’un spectacle de sauts et de cabrioles.
Nous avons pu réparer le groupe électrogène mais nous devons encore faire quelques essais demain. Nous allons quand même nous arrêter à Horta, une nuit de sommeil complète au port nous fera du bien avant de repartir.
Au centre d’un anticyclone, le soleil s’est une fois de plus couché sur une mer d’huile. Les étoiles prennent place l’une après l’autre dans le ciel et j’aperçois maintenant celle qui guidait tant de gens, la référence de ce côté-là de la terre, l’étoile polaire. Elle indique le nord mais ne fait pas que cela, sa hauteur dans le ciel évolue avec la latitude.On la relève à 20° au dessus de l’horizon quand on se trouve à la latitude 20° nord et donc à environ 45° au dessus de l’horizon depuis la France.
20 juin : Les pommes commençant à être bien mûres, j’ai fait une tarte. Nous mangeons convenablement, alternant les plats préparés, les conserves, les pâtes et le poisson accompagné du pain fait maison.
Nous avons retrouvé du vent et avançons maintenant entre 7 et 8 nœuds. L’allure est confortable avec une houle d’1m50 par ¾ arrière et un ciel toujours aussi bleu. Le soir, il commence à faire de plus en plus frais et la polaire s’impose.
Dans la soirée, juste avant que le soleil ne se couche, un groupe d’une 20aine de dauphins est venu jouer autour du bateau. Ils se sont amusés pendant plus d’une demi heure, se croisant, passant à toute allure devant l’étrave du voilier, glissant dans l’eau sans effort, avec une parfaite fluidité. L’un d’eux nous a gratifié de 2 superbes sauts avec atterrissage sur le côté. Un spectacle de toute beauté qui garantit une nuit remplie de rêves extraordinaires.
21 juin : Pas de fête de la musique à bord de Sualigua sans autoradio mais le plaisir d’avoir fait 160 milles sur les dernières 24 heures. Nous sommes à moins de 250 milles d’Horta mais allons devoir ralentir un peu pour éviter d’y arriver de nuit. Nous y serons samedi matin.
23/06/2007 :
Position :
38° 31' N / 28° 37' W
Horta - Faial - Açores. Après 17 jours, 15 heures et 40 minutes, nous sommes arrivés dans le port d'Horta, sur l'île de Faial aux Açores. Une bonne douche, un petit déjeuner avant de faire les formalités de douanes et de port.
22 juin : En remontant vers le nord, la température descend doucement. C’est incroyable comme le corps s’habitue à la chaleur. Cette nuit, il faisait 24°C dans ma cabine et j’ai eu froid ! Sans doute suis-je bien tropicalisé. Nous approchons d’Horta, sur l’île de Faial dans l’archipel des Açores. Nous avons été obligés de fortement réduire la surface de voile pour ne pas arriver de nuit. Avec 3 ris dans la grand-voile et sur le génois, nous avançons au grand largue (vent de ¾ arrière) entre 4,5 et 5 nœuds quand même avec 15 nœuds de vent apparent.
23 juin: il a fait froid et humide cette nuit, 20°C avec un peu de vent et ma polaire suffisait à peine. Le soleil s'est levé sur l'île de Faial à babord, et l'île de Pico et son fameux Pico Alto culminant à 2351 mètres. L'entrée du port est très large mais à cette période, le port très fréquenté nous a obligé à nous mettre à couple d'un voilier néerlandais.
24/06/2007
:
Position :
38° 31' N / 28° 37' W
A la découverte des Açores. Une fois Sualigua à sa place, je suis parti à la découverte d'Horta sur l'île de Faial dans l'archipel des Açores.
L’archipel des Açores est une région autonome du Portugal depuis 1976. Il est composé de 9 îles regroupées en 3 groupes et éparpillées sur 560 km. Ces îles qui surgissent au milieu de l’océan Atlantique se trouvent dans la région où la dorsale océanique est recoupée par l’accident transversal qui correspond au détroit de Gibraltar (bon ça je l’ai recopié). Autour des Açores, les fonds replongent très rapidement à plus de 1000 m de profondeur.
Sans doute découverts au VIe siècle avant JC par les Phéniciens, il a fallu attendre le XVe siècle pour que les Açores soient colonisés par les Portugais. Les Açores sont vite devenus une escale pour les bateaux qui traversaient l’Atlantique comme Christophe Colomb qui s’arrêta à Santa Maria en 1493 après la découverte du « nouveau monde » ou Vasco de Gama en 1499 à Angra de retour des Indes.
Occupés un temps par l’Espagne, siège de nombreux pirates Français, Anglais et Vénitiens à l’affût des nombreux galions remplis de trésors qui revenaient des Amériques, Les Açores revinrent sous le giron portugais en 1640 en gardant une position de centre d’échanges commerciaux.
Vivant de la pêche et de l’agriculture, les Açores ont aussi fourni de nombreux marins embarquant notamment sur des baleinières américaines. Beaucoup ne revenaient pas, s’installant en Nouvelle Angleterre, aux Bermudes, en Californie ou au Brésil.
La chasse à la baleine s’effectuait encore ici il y a 25 ans à l’aide de harpons lancés à la main depuis de légères embarcations à rames.
Position stratégique au milieu de l’océan, y compris récemment pour les alliés durant la bataille de l’Atlantique de 1943 à 1945, les Açores sont toujours aujourd’hui un lieu de passage pour les bateaux qui rentrent des Caraïbes ou d’Amérique vers l’Europe. Et même si le continent tout proche pousse les équipages à ne faire que de courtes escales, l’archipel semble offrir tellement de paysages magnifiques et les habitants semblent si chaleureux que j’espère bien y revenir et y passer plus de temps un de ces jours, l’archipel mérite sans aucun doute plusieurs semaines de découverte.
Faial où nous sommes est l’une des plus petites îles des Açores (173km²) et ne compte que 16000 habitants. Mais sa capitale Horta, en créant une marina est maintenant la ville qui accueille le plus de voiliers aux Açores.
Les photos vous feront découvrir cette charmante petite ville où il semble bon vivre.
Mais la visite complète des Açores, ce sera pour une prochaine fois, nous allons très vite quitter l'île en direction d'Hendaye où Sualigua est attendu.
27/06/2007 :
Position :
41° 2' N / 25° 11' W
Les Açores dans le dos.. 25 juin - Horta : Quelques courses pour nous et le bateau et me voilà au bureau du port puis à la douane pour signaler notre départ. Les gens sont charmants ici, chacun essaye de placer quelques mots en français, y compris le douanier qui me remercie pour notre visite, nous souhaite bonne route et me dit en souriant « à l’année prochaine », un exemple à suivre pour bon nombre des représentants de l’ordre partout dans le monde.
Nous mettons en route et quittons Horta. Nous passons à l’ouest de l’île de São Jorge puis à l’est de Graciosa et nous voilà en pleine mer, de retour sur l’Atlantique. La prochaine terre en vue sera la côte espagnole, juste avant d’arriver sur Hendaye à la frontière.
26 juin : Avec un vent capricieux en force et en direction, nous n’arrêtons pas depuis hier de changer de cap, choquer, border, enrouler, mettre un peu de moteur, ressortir les voiles quand le vent revient. La nuit a été l’objet d’une dizaine de changements d’allure, le vent montant à 20 nœuds au NNE pendant 1 heure avant de revenir à 10 nœuds d' ENE. Cette situation était attendue et nous essayons de gagner une zone plus au nord où les vents doivent apparaître demain et ne plus nous quitter ou presque jusqu’au golfe de Gascogne.
27 juin : La mer est belle, le ciel est gris et les nuages apparaissent d’un noir inquiétant. Le froid se fait ressentir en cette nuit. Chaussettes, polaire et cache-col, je déguste un thé en observant la ligne d’horizon que je devine à défaut de voir. Les nuits nuageuses, on ne fait pas la différence entre mer et ciel, où s’arrête l’océan et où commence l’espace. C’est toujours un moment particulier pour laisser son esprit s’envoler en pensant au chemin déjà parcouru et à tous ceux qu'il me reste à voir. Mes yeux me piquent, je baille. Je ferme un instant les yeux avant de me lever pour faire un tour d’horizon et respirer la brise fraîche qui vient du nord ouest. Le sommet des nuages prend une teinte rosée puis orangée, l’horizon apparaît, la lumière envahit doucement le ciel, une nouvelle journée en mer commence.
JUILLET 2007

05/07/2007
:
Position :
43° 22' N / 1° 47' W
La fin de l'océan. 28 juin : Une dépression arrive au nord ouest, le vent souffle plus fort et le baromètre comme le thermomètre ont bien baissé, 17°C le matin.
29 juin : La dépression est juste au nord, le vent a forci et atteint 30 nœuds avec des rafales à 35. La mer est devenue forte avec une houle de 4 mètres et quelques vagues déferlantes. Le bateau avance à plus de 7 nœuds avec 3 ris dans la grand-voile et le génois. Nous venons d’ailleurs de parcourir 170 milles sur les 24 dernières heures.
Après un court passage par Altaïr nous sommes maintenant dans Charcot et un peu plus tard, Finisterre pour finir par Cantabrico. Ce ne sont ni des îles ni des mers mais simplement le nom des zones que l’on traverse. L’Atlantique a été découpé en zones, chacune portant un nom qui permet de se repérer lors des prévisions par zone de RFI (ou France Inter vers 20H05) comme aujourd’hui pour la zone qui nous concerne, Charcot :
Vents de sud ouest force 6 à 8, mer très forte à grosse sur le nord ouest, pluies et bancs de brouillard. C’est ce qui nous attend soit quand même un peu plus que les prévisions des fichiers Grib, ça risque de secouer.
12H15 : QUAND TOUT BASCULE.
A peine la météo prise, un grand bruit nous fait sursauter Maurice et moi. En se tournant vers l’avant, le génois n’est plus à sa place, il flotte et bat en l’air. La fixation de l’étai (le câble qui maintient le mât en avant) au niveau du pont a cassé, l’étai s’est envolé avec le moteur de l’enrouleur qui a défoncé la baille à mouillage au passage.
Immédiatement, je dis à Maurice de se mettre plein vent arrière pour que les efforts du mât soient repris par le pataras (câble qui maintient le mât en arrière). La manœuvre est vite réalisée et heureusement car le mât vacillait déjà beaucoup et quelques secondes de plus auraient suffi pour qu’il tombe. Mais la situation reste inquiétante. Par 35 nœuds de vent avec des rafales, une mer très forte à grosse (creux de plus de 6 mètres), l’étai et le génois ont tourné autour du bateau, atteignant même l’arrière du voilier et détruisant antennes et éolienne sur le portique.
Nous rentrons très vite le reste de grand voile pour soulager le mât et mettons en route le moteur pour bien rester vent arrière.
J’enfile mon harnais, je prends quelques bouts et file vers l’avant.
Fort heureusement, l’étai largable (second câble à l’avant sur lequel on peut hisser d’autres voiles) était en place lors de la rupture de l’étai principal. Ce premier a sans aucun doute évité au mât de tomber mais je dois très vite le raidir, le mât bouge encore un peu. L’étai largable repris, je reviens à l’arrière, nous coupons le moteur et je lance des amarres à l’eau, 2 bidons remplis d’eau ainsi qu’un parachute (d’1 m de diamètre) pour ralentir et stabiliser le bateau et l’obliger à rester plein vent arrière, c’est ce qu’on appelle mettre en fuite.
L’étai principal est revenu dans l’axe avec le vent mais se balade encore à droite à gauche avec violence. J’essaye de l’attraper et d’y fixer un bout. L’opération est délicate, le bloc moteur de l’enrouleur à la base de l’étai est un projectile assez lourd. Accroupi ou allongé à l’avant, balayé par les vagues, il me faut une quinzaine de minutes pour arriver à passer un premier bout autour de l’étai. Je le reprends immédiatement avec un second bout puis je passe l’une des amarres par le davier de l’ancre et je la ramène vers le winch électrique pour raidir un peu l’étai. Plus tard, nous reprendrons un quatrième bout sur le second winch pour bien assurer que l’étai ne puisse se décrocher.
45 minutes se sont écoulées, l’étai est maîtrisé mais le génois est en lambeau. Le vent souffle toujours aussi fort.
Nous sommes à plus de 500 milles de la pointe ouest espagnole, le cap Finisterre et nous avons besoin de voiles pour avancer. L’étai principal encore en place avec son génois en lambeau nous empêche d’installer une trinquette (voile plus petite) sur l’étai largable, au risque d’abîmer celle-ci. Il faut donc descendre l’étai. Je me prépare donc à monter, assurer par la drisse de spi et la drisse de trinquette. Maurice me hisse avec le winch électrique. La mer est très forte, les plus grosses vagues dépassent les 6 mètres et déferlent un peu partout. Je m’accroche au mât comme je peux, j’ai passé une longe autour du mât et celle-ci me retient plus d’une fois quand je n’arrive plus à me tenir. Arrivé en tête de mât, 20 mètres au dessus de l’eau, je constate les dégâts. Je commence mon travail en retirant la drisse de génois mais celui-ci est trop enroulé et les tubes dans lequel il est monté sont cassés et pliés, le génois ne bouge pas.
Mes bras me font mal, mes cuisses me brûlent, je ne suis plus qu’un pantin accroché à 2 ficelles et la mer joue avec moi.
Après plus de 2 heures, une pince à l’eau et trempé des pieds à la tête (car bien sûr il pleut), j’ai réussi à retirer la goupille qui maintient l’étai mais elle reste coincée. Sans marteau, sans prise et sans force, je décide de descendre pour tenter autre chose. L’étai est trop tendu, le reste de génois qui bât au vent suffit pour faire avancer le voilier et tendre l’étai. Il faut donc découper le reste de voile.
La mer à encore grossi et la descente est plus douloureuse et difficile encore que la montée.
J’arrive en bas meurtri, essoufflé, trempé et courbaturé. J’ai froid, je suis frigorifié, je tremble de partout. J’enlève vite mes vêtements et file me sécher.
La situation étant partiellement maîtrisée, le bateau en sécurité, j’appelle avec le téléphone satellite les propriétaires Cendrine et Laurent pour les informer de cet incident de mer. Leur première question est de savoir s’il n’y a pas de blessé, puis de savoir si nous sommes en sécurité avant de nous demander si nous pouvons faire route. Ils nous répètent à de nombreuses reprises que le voilier, ce n’est que de la mécanique, que tout se remplace et se répare mais qu’ils veulent que nous arrivions entiers. Cela fait plaisir à entendre et j’apprécie profondément ce comportement.
Une fois cet appel passé, il fallait s’occuper de la voile. Nous avions trouvé une solution avec Maurice mais il fallait retourner en tête de mât pour découper le génois et récupérer les restes en empêchant qu’il passe à l’eau sous le bateau. Arrivé à nouveau en tête de mât, la mer ayant forci, je me suis rendu compte que l’état de la mer ne permettait pas d’effectuer la manœuvre envisagée, à savoir se balancer jusqu’à l’étai, s’y attacher le temps de couper le génois. Fourbu, je suis redescendu. Arrivé en bas, dans un triste état, je me suis traîné jusqu’à ma cabine pour me changer et me mettre des vêtements chauds et secs. J’ai trouvé de la pommade anti-inflammatoire et m’en suis tartiné l’intérieur des cuisses, des mollets et des bras qui commencent déjà à prendre une teinte bleutée. Je me suis préparé du thé pour me réchauffer.
Nous faisons le compte des dégâts sur le bateau, ça aurait pu être bien pire !
La situation n’évoluant plus et la dépression étant encore sur nos têtes jusqu’au lendemain midi, nous avons décidé de ne rien tenter avant demain et allons laisser le bateau en fuite durant la nuit. Avec le reste de génois, la houle qui nous pousse, nous faisons tout de même entre 4 et 5 nœuds. Je suis entier et finalement c’est déjà pas mal.
30 juin : la nuit n’a pas été agréable, loin de là, peut-être 10 minutes de sommeil. Les courbatures, les douleurs et les questions sur la suite m’ont privé d’un sommeil dont j’avais bien besoin. A 4H du matin, je suis dans le carré. Sans voiles, Sualigua avance quand même entre 5 et 6 nœuds, uniquement avec les restes du génois qui pendent lamentablement.
Au matin, nous recommençons le travail, nous ramenons ce que nous pouvons du génois, découpons les morceaux qui gênent et tentons d’enrouler autour du reste de l’étai la toile qui porte encore. Harnaché à l’avant, balayé par les vagues qui déferlent, l’opération est difficile, il faut se tenir, tenir la voile et tenir le couteau.
Après une longue bataille, le génois est stabilisé mais la mer est trop forte pour retourner en tête de mât et larguer l’étai. Nous installons 3 ris dans la grand-voile et faisons à nouveau route vers Hendaye. Dans l’après-midi, nous voyons un porte container se rapprocher de nous par l’arrière. Il disparaît régulièrement derrière les vagues avant de réapparaître, son étrave s’envolant dans les airs avant de retomber avec force et d’éjecter des milliers de litres d’eau sur les côtés. Quelques instants plus tard il nous appelle sur la VHF (radio du bord). Il s’agit d’Elvira qui fait route vers le nord de l’Europe. L’homme de quart a vu l’état du voilier, s’est dérouté pour savoir si tout va bien, si tout est sous contrôle, si nous avons besoin de quelque chose, combien nous sommes et où nous allons. 10 minutes d’un échange très agréable et réconfortant, la solidarité entre gens de mer n’est pas un vain mot.
1 juillet : la nuit a été réparatrice. Nous avons enfin pu dormir. La mer s’est calmée, les creux ne sont plus que de 4 mètres et les vagues ne déferlent plus. Nous installons la trinquette (voile à l’avant plus petite que le génois) sur l’étai largable et envoyons toute la grand-voile. Nous reprenons de la vitesse. Le soleil est revenu et nous nous réchauffons. Nous avons sorti tout ce qui doit sécher, vêtements, draps, chaussures, tapis…
En fin d’après-midi, nous avons fait une autre rencontre, notre premier voilier de la traversée en pleine mer. Nous sommes aussi le premier pour lui, un voilier Anglais du nom de Cristalona venant des Canaries via Madeira avec 3 personnes à bord. On se raconte nos voyages, nos destinations, ils viennent de dîner et venant du sud n’ont pas trop subi le mauvais temps.
Nos chemins n’ont fait que se croiser mais lui aussi nous a proposé des fruits et légumes frais, du gasoil, tout ce dont nous pourrions avoir besoin.
Dans la matinée, une forte odeur de gaz m’a piqué les narines. Le temps passant, cette odeur s’est répandue, j’ai fermé la bouteille de gaz et après quelques temps, l’odeur a disparu. Nous avons évité une catastrophe sans doute.
2 juillet : Nous nous approchons de la côte et les cargos se font plus présents, une dizaine croisée depuis ce matin. Le vent s’est à nouveau levé et nous avons arisé la trinquette (diminution de la surface de voile en prenant un ris). Le ciel est couvert, la brume s’est installée, accompagnée d’un petit crachin, je m’approche de la maison. La visibilité est très réduite. Pas l’idéal quand on s’apprête à passer un cap très fréquenté comme Finisterre. Les tours de veille sont très fréquents.
3 juillet : Maurice m’a réveillé dans la nuit pour valider que nous ne faisions pas route de collision avec un cargo qui nous est passé devant. Le crachin est toujours présent, nous longeons maintenant le nord de la côte espagnole.
4 juillet : Nous sommes en vue de la côte espagnole, le vent nous pousse vers Hendaye. Les bateaux que nous croisons sont de plus en plus petits, jusqu’aux petites barques de pêche, nous ne sommes plus tous seuls sur l’eau. Sous un ciel brumeux où le soleil tente de percer, les montagnes du nord de l’Espagne défilent sur tribord. Quand l’Espagne finira, nous y serons.
Dernière nuit à bord, dernier rangement, dernières émotions.
5 juillet : Le Cabo Higuer est en vue, le chenal d’Hendaye, Laurent et Cendrine sont sur le quai et attendent les amarres. 8H45 UTC, Sualigua est immobile le long du quai du port d’Hendaye.
27 jours 13 heures 30 minutes en mer pour 3660 milles (6778 km).
Nous faisons le tour du bateau, le bilan. Je remonte en tête de mât pour descendre complètement l’étai. Nous rangeons un peu le bateau. Ils sont contents que le bateau soit là et rassurés sur son état, les dégâts étant finalement limités vu la situation. Il est toujours difficile de se faire une idée uniquement avec quelques appels téléphoniques. Le soir, après un apéritif avec foie gras et un excellent vin moelleux sur Sualigua, ils nous invitent en Espagne dans un petit restaurant sympathique.
6 juillet : Dans le TGV, chargé de bagages, je file vers le nord où mon petit frère Stéfan vient me chercher.
30 jours à bord de Sualigua, un bout de vie pour un océan.
Pour la deuxième fois, l’océan Atlantique m’a laissé passer.
AOUT 2007

18/08/2007
:
Position :
48° 31' N / 4° 45' W
Après Dean. En Bretagne depuis un mois et demi et devant rejoindre lundi prochain, le 20 août, mon voilier en Martinique, j'ai eu la désagréable surprise de suivre à distance l'évolution de la tempête tropicale qui est devenue le premier cyclone de la saison, Dean. La trajectoire initiale prévoyait un passage dans le nord de la Martinique avec des vents à 65 noeuds (120 km/h). Mais les prévisions ont évolué et la tempête est devenue cyclone, un cyclone de classe 2 avec des vents en rafales à 180 km/h. Le cyclone est passé sur le sud de la Martinique, en plein sur le Marin où est stationné Idefix. J'ai suivi l'évolution par Internet et sur les journaux télévisés, dépité quand France 2 consacrait 30 secondes au sujet puis enchaînait pour 2 minutes sur la boîte de nuit de Guetta et la visite de Karl Lagerfeld, de l'actualité chaude et brûlante à la « Voici » sur France 2, bravo le public!
Mais bon, heureusement il y avait Internet. J'ai donc suivi l'évolution du cyclone et attendu des nouvelles des amis là-bas. Guillaume et Marlène avaient mis en sécurité mon bateau, retirant tout sur le pont. Ils avaient décalé Idefix par rapport aux bateaux voisins pour éviter que les mâts ne s'emmêlent et cèdent. Ils avaient prévu de prendre Nan et de se réfugier avec tous les amis, Les Ouistitis, les Insouciants, Anoualé et Alea, tous chez les Barbapapas (ex Coïns) qui disposent d'une maison pour le mois d'août.
Bref, j'étais là, assis devant l'ordinateur, I-télévision allumée et j'ai suivi pendant 2 jours l'évolution de la situation, découvert les premières images mais sans nouvelles. La nuit a été agitée, le sommeil difficile à trouver alors que je restais sans aucune nouvelle.
Ce midi, j'ai reçu un premier appel de Florent qui bloqué à Cherbourg a laissé son Alex seule sur le Dufour 31. Première nouvelle, tout le monde va bien, pas de blessé et les bateaux semblent en bon état. Cela m'a rassuré mais je n'avais pas encore de nouvelles de Nan. Les lignes étant coupées, je n'arrivais toujours pas à joindre la Martinique. Marlène m'a alors téléphoné d'une cabine en fin d'après midi et m'a confirmé que Nan allait bien (ils l'avaient bien prise avec eux dans la maison) et que tous les bateaux que nous connaissons ainsi que le mien n'ont subi aucun dommage.
Il y a pas mal de dégâts sur le port, des bateaux ont démâté mais il semble que nous ayons eu de la chance. J'ai maintenant hâte de retrouver mon chat et mon voilier, lundi soir j'y serai enfin et je découvrirai les paysages laissés par Dean.
Je profite de cette nouvelle pour remercier tous ceux qui m'ont appelé, envoyé des SMS, des emails pour me demander des nouvelles de mon bateau et de mon chat, tout va bien et je vais pouvoir dormir bien rassuré.
Les « vacances » en métropole se terminent, j’ai passé un mois et demi à beaucoup travailler dans la maison de famille en Bretagne et ai assisté à 2 beaux mariages à Beaugency et St Ismier. J’ai revu plein d’amis, bref, même avec une météo passable, l’été a été vraiment sympa.
22/08/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Retour au Marin. Lundi 20 août, j'ai pris le train pour Orly avec un copain Jérémie qui vient passer 2 semaines en Martinique. L'avion prévu à 12H10 a bien décollé, ... à 23H00!!!
Marlène qui était bien à l'heure pour nous chercher à l'arrivée prévue, 14H50 local, n'a reçu mes messages qu'en arrivant à l'aéroport, les portables ne passant pas dans le sud de l'île.
C'est à 2H00 du matin que nous avons atterri et nous avons retrouvé 45 minutes plus tard, avec nos bagages, Guillaume qui nous a patiemment attendus.
Arrivé au Marin de nuit, on n'a pas vu grand chose, j'ai juste eu confirmation que mon bateau n'avait rien et que Nan était là, bien que perturbée par le passage du cyclone.
Le lendemain, j'ai découvert le paysage bien modifié autour du port. Des bateaux démâtés, des voiles déchirées, des voiliers sur des cailles, des voiliers dans la mangrove, des voiliers échoués sur la plage. Ce sont surtout les voiliers au mouillage qui ont souffert.
De son côté, Idefix, comme les bateaux de tous les copains ici, n'a subi aucun dommage. Le résultat d'un peu de chance sans doute mais surtout du super travail des copains qui ont mis les bateaux en sécurité, retiré tout ce qui était sur le pont, triplé les amarres, écarté les bateaux du quai. Je peux, comme pas mal d'autres bateaux, tout particulièrement remercier Guillaume qui n'a pas hésité à se mouiller de nombreuses fois pour sauver nos maisons flottantes.
Pour la petite histoire, le jeudi, après avoir fait le maximum sur les bateaux, les équipages d'ALEA, du OUISTITI, de l'INSOUCIANT, d'ANOU ALE se sont rendus chez les BARBAPAPAS qui disposaient d'une maison pour le mois d'août. Ils avaient pris tous les animaux avec eux et à 16 humains, 2 chiens et 8 chats, ils ont vécu le passage du cyclone. Des vents qui ne cessent de se renforcer, de l'eau qui rentre partout dans la maison, des feuilles qui volent à l'intérieur et qu'on retrouve encore aujourd'hui sur le plafond et les murs. Les mots manquent pour décrire ce qu'ils ont vécu mais on voit dans leurs yeux quand ils en parlent que la nuit a été longue.
Ils m'ont raconté la pluie, le vent et la certitude qu'ils avaient que les bateaux ne seraient plus là au petit matin d'autant que certains n'avaient pas d'assurance cyclone ou des franchises exorbitantes. Quand l'alerte est passée, il leur a fallu du temps pour dégager les arbres tombés, couer un palmier qui menaçait de tomber sur la maison, libérer le chemin pour permettre aux voitures de quitter la maison. Du jardin, la vue sur la baie du Marin n'était pas encourageante. Des voiliers posés sur les cailles ou perdus dans la mangrove témoignaient de la violence du cyclone.
Quand la confirmation est tombée qu'aucun des voiliers du groupe n'avait souffert, ça a été le grand soulagement pour tout le monde.
En découvrant certains dégâts, des voiliers drossés sur la côte, sur la plage, des voiliers au sec tombés les uns sur les autres ou sur une Twingo, on mesure la force du cyclone et la chance de n'avoir rien perdu.
Hier soir, nous avons fait une soirée au champagne, pour fêter l'après Dean et le fait que tous nos bateaux comme tous les équipages sont en parfait état.
La vie reprend petit à petit. L'électricité est revenue, il y a l'eau au Marin. Certaines maisons sont encore privées d'électricité et d'eau. La solidarité marche pour beaucoup même si on observe quelques comportements navrants, surtout parmi les professionnels qui n'ont pas hésité à augmenter leurs tarifs. De la baguette à 3 euros à la grue louée 5000 euros l'heure!!! Certains n'ont sans doute pas honte!
Je ne manquerai pas de vous faire quelques clichés pour vous montrer ce que cela a pu être.
SEPTEMBRE 2007

06/09/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Sur les bancs de l'école.. Non, il ne s'agit pas de cours d'orthographe même si cela pourrait m'être utile.
Alors que Jérémie avait fini son niveau 1 de plongée et que nous nous apprêtions à partir naviguer un peu, j'ai reçu jeudi dernier un appel sur mon portable du centre de formation de la Trinité (en Martinique) qui m'informait qu'une place était libre pour la formation pour laquelle j'avais déposé mon dossier d'inscription en mai. Je ne m'attendais pas à commencer avant le mois de janvier et me voilà embarqué dans une course folle pour remplir tous les documents, acheter une voiture, reprendre une place de port tout en gâchant un peu la fin des vacances de Jérémie.
Mais là, certains se demandent ce que je peux bien faire à l'école!!!
Et bien, je me suis inscrit à la formation de Capitaine 200 UMS.
Mais qu'est ce que c'est donc???
C'est une formation de 4 à 5 mois, sanctionnée par un examen final qui me permettra d'être embauché officiellement sur des navires en tant que capitaine. Je compléterai ma formation par le module voile qui me permettra d'être skipper pro sur des voiliers.
Mais le voyage alors?
Et bien il continue et continuera. Je suis parti pour découvrir, partager, apprendre et me faire plaisir. Et pour l'instant, je trouve cela en Martinique. Il y a toujours ici Alea, Les Ouistitis, les Barbapapas (ex Coïns), L'insouciante (en attendant le retour tant attendu de Flo), Annouale, Sam Suffy et tant d'autres gens à rencontrer encore.
Et puis il y a maintenant mes collègues de classe!
L'ambiance est assez sympa et même si le programme de formation recouvre pas mal de connaissances que j'ai déjà acquises après 2 transats et pas mal de milles, ça n'a jamais fait de mal à personne de réviser et j'espère bien apprendre plein de nouvelles choses.
Et puis avec le diplôme que je vise, je n'aurai aucun mal à trouver du boulot dans les futures escales du Pacifique et d’ailleurs ce qui me permettra de faire durer le voyage jusqu'à....... ce qu'il finisse.
OCTOBRE 2007

06/10/2007
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Après un long silence. Les photos étaient attendues, les voilà. Avec l'après Dean, la visite de Jérémie et mon entrée rapide en formation de skipper, je n'avais que peu de temps à moi et c'est toujours un peu le cas. Les déplacements à l'école, le bateau dont il faut s'occuper et 35 heures de cours ne me laissent que peu de temps pour m'occuper du site. Mais j'espère que tout cela en vaut la peine. Je m'amuse toujours autant, j'ai les amis au Marin et maintenant mes collègues de classe avec qui je m'entends bien. L'ambiance est très bonne dans cette formation. J'ai même eu le plaisir de voir que la carte qui sert de référence pour la navigation et le travail sur carte est celle qui va de l'île Vierge à la pointe de Penmarc'h, en face de la maison. Je connais au moins très bien la zone et je n'ai pas de problème à retrouver les phares et balises du coin. Encore 2 mois de formation avant un break pendant lequel j'espère pouvoir naviguer un peu.
NOVEMBRE 2007

29/11/2007 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Ca bouge en Martinique. Pour mon dernier jour de formation de l'année à l'école maritime(avant d'y retourner en janvier), j'ai vécu une nouveauté, le tremblement de terre. D'une échelle de 7,3 sur l'échelle de Richter, le séisme a duré 20 secondes et les murs de l'école ont tremblé tout comme l'ensemble de la Martinique, des Caraïbes et même jusqu'en Guyane. Nous sommes tous sortis et cela a alimenté les conversations pour le reste de la journée. L'épicentre était à 25 km au nord de la Martinique.
Expérience surprenante que celle d'un séisme de cette intensité, comme la Martinique n'en avait pas vécu depuis plus d'un siècle. Entre le cyclone Dean (le plus fort depuis 25 ans) et ce séisme, c'était la bonne année pour venir en Martinique...
A part cela, les choses se passent bien. La formation n'est pas passionnante mais les collègues sont très sympas. Quant à la vie en Martinique, il faut accepter le dicton, "doucement le matin, pas trop vite l'après-midi".
DECEMBRE 2007

25/12/2007 :
Position :
17° 54' N / 62° 50' W
Joyeux Noël. Après 2 semaines superbes en charter dans les Grenadines avec une équipe de 4 suisses adorables, je n'ai passé que 3 heures au Marin en Martinique, le temps de débarquer d'un catamaran et d'en reprendre un autre pour partir vers St Martin. 38 heures de navigation non stop pour récupérer 3 passagers pour 10 jours de charter à St Barth. Arrivée à St Barth, énormes yachts, voiliers immenses, des gens riches venus ici pour être vus, pour parader, et d'autres qui les regardent, ... pathétique. J'ai passé un réveillon seul sur le catamaran, à me déguster des pasta à la pesto version Antoine en me regardant un bon film et en mangeant des chocolats. Je suis loin des réveillons en famille, tranquille au coin du feu (une fois le père noël passé). Dans ces périodes de fêtes, en short et Tee-shirt, les chants de noël et les guirlandes dans les rues ne font pas illusion, l'esprit n'y est pas mais on fait comme si. Il n'en reste pas moins que je me régale de découvrir des nouveaux paysages, des nouveaux mouillages à chaque voyage, à chaque charter, et de rencontrer parfois des gens particulièrement attachants. Ces rencontres font partie de mon voyage.
JANVIER 2008

01/01/2008 :
Position :
17° 54' N / 62° 50' W
Bonne et heureuse année. Toujours à St Barth où je termine un charter assez fatiguant, je vous souhaite une joyeuse année 2008, pleine de bonheur et de rencontres, de santé et de bonne humeur. J'ai passé pour la première fois de ma vie un Noël seul, mon anniversaire seul, et le jour de l'an seul mais au milieu de ce monde à St Barth, j'étais bien mieux à déguster mes toasts au saumon (que j'ai partagés avec Nan) que me mêler à la troupe des parasites qui gravitent autour des vautours sur leurs yachts qui ne bougent pas et dont les machines tournent sans cesse même au port... Il en faut de l'énergie pour éclairer ces ponts, faire fonctionner les climatiseurs et paraître...
Bref, je suis bien content de reprendre la mer demain pour retrouver le port du Marin en Martinique après une quarantaine d'heures environ. Je retrouverai tous ces gens simples mais tellement vrais, sur leurs petits voiliers, avec leurs petits problèmes mais une joie de vivre et un plaisir à partager que les yachtmen Saint Barthélémiens ne connaîtront jamais. Mon jour de l'an a donc été très simple et s'est fini vers 00H30, après le feu d'artifice que Nan n'a pas vraiment apprécié. Merci à ceux qui m'ont appelé le soir même ou le lendemain, ça m'a fait particulièrement plaisir.
Mais au delà de cette simple soirée, c'est surtout une formidable année qui s'est achevée pour moi, avec 2 traversées de l'Atlantique, pleine de rencontres et de découvertes, pleine de bonheur. J'espère que 2008 sera à la hauteur de ce qu'a été 2007, j'y travaillerai.
J'essaierai de mettre quelques photos prochainement sur le site mais le temps me manque.
Encore bonne année à tous
Bloavezh mat !
FEVRIER 2008

23/02/2008
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Fin de Formation, Charter et Visites. En formation de septembre à novembre puis en janvier et en charter en décembre, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour m’occuper du site et y ajouter des photos mais c'est chose faite. L’école est finie maintenant jusqu’en septembre prochain pour une autre partie de la formation.
Mon programme en attendant septembre se résume maintenant à faire plusieurs charters et convoyages dans les Antilles pour remplir un peu la caisse de bord. Je cherche ensuite un nouveau convoyage retour vers la métropole avant de revenir ici en août profiter des îles du sud. Le voyage continue, à un rythme bien différent de celui que j’avais envisagé au début mais avec toujours autant de rencontres. Je vois des bateaux qui arrivent, des bateaux qui partent et ceux qui comme moi restent un peu, le temps de profiter, travailler ou faire des enfants comme les Ouistitis qui ont accueilli dernièrement une nouvelle navigatrice à leur bord, la petite Mahé.
MARS 2008

12/03/2008 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Un sac toujours prêt.. Depuis quelques semaines, après la visite des Havrais, j'ai repris un rythme en charter assez soutenu. Pour exemple, samedi dernier, retour d'une semaine aux Grenadines à midi, départ à 18H00 avec un cata de 13 mètres à livrer à Saint Vincent le lendemain matin d'où j'ai pris un avion pour la Barbade puis Saint Vincent où un bateau à moteur m'attendait. Après un bon repas, mise en route des moteurs pour un retour à 25 noeuds vers la Martinique. Arrivée à minuit. Réveil lundi matin tranquille et en route pour l'aéroport pour un vol sur la Guadeloupe où j'ai récupéré un cata de 14 mètres. Arrivée mardi midi au Marin en Martinique...
Et maintenant, un peu de repos jusqu'à vendredi, le temps de faire un peu de lessive et de ménage sur IDEFIX.
La vie est toujours aussi belle et ces multiples voyages me permettent de faire toujours beaucoup de rencontres.
23/03/2008 :
Position :
13° 57' N / 61° 1' W
Les Frenchies de NY. Après mes périples avions, catamarans, bateaux moteur, j’ai repris la route du sud pour retrouver à Saint Vincent 8 passagers. Pour descendre, j’ai été accompagné par Christine et Pascal son mari, le copain Skipper de Camaret qui m’a mis le pied à l’étrier en Martinique et m’a fait rencontrer Manu. Descente de nuit très sympa vers le sud de Saint Vincent. Etant à 2 pour la première fois sur un convoyage aux Antilles, j’ai pu réellement dormir sous le vent de Sainte Lucie ou de Saint Vincent.
A 9H30 à l’aéroport, j’ai récupéré mes passagers et la semaine a commencé.
East village, Central Park, la 5ème avenue, Brooklyn, beaucoup de noms connus même si je n’ai pas encore mis les pieds à New York. Cette semaine avec 8 Français résidant à New York a été splendide. Je me suis régalé de la présence de Claire, Sophie, Cécile, Marie, Charles, Arthur, Cédric et Jérôme. Un vrai bol d’air rafraîchissant que ces Frenchies qui ne se prennent pas la tête.
En balade à Bequia, Mayreau, Union, Les Tobago Cays et Mustique, j’ai passé de belles journées et d’excellentes soirées. Je n’avais jamais autant ri durant un charter. Nous restions quelques uns assez tard le soir, attendant l’anecdote de minuit autour d’un tarot.
Cette semaine a aussi été l’occasion pour moi de remettre les pieds sur une des 2 planches à voile qui avaient été louées. Beaucoup de passages à l’eau dans le lagon bien ventilé des Tobago Cays mais la satisfaction d’être toujours revenu par mes propres moyens jusqu’au bateau, même complètement épuisé.
Semaine poissons et langoustes avec 5 restaurants, 3 fois des langoustes. Nous avons nagé au milieu des tortues et des raies à l’arrière du bateau, venues profiter de nos restes de langoustes. J’ai même, pour la première fois, réussi à m’accrocher à une tortue et à me laisser tracter en la tenant bien fort par les côtés. Une autre méthode que j’aime bien consiste à rester longtemps au-dessus puis à côté d’une tortue, de plonger et nager à côté d’elle doucement en se rapprochant jusqu’à nager à 30 cm d’elle. Sans geste brusque, les tortues peuvent rester très proches de nous.
Le dernier jour arrivé, après la péripétie de la semaine, la perte d’une hélice rendant la manoeuvre d’appontage un peu compliquée, nous avons attaqué la dernière soirée ensemble. Derniers verres, derniers rires avant que le lendemain mes compagnons ne passent une très longue journée pour rentrer sur New York et que je retraverse vers le nord pour rejoindre Sainte Lucie et mon prochain groupe.
Il est des personnes que l’on croise rapidement dans la vie et qui laissent un vide quand on les quitte. J’ai eu un petit pincement au cœur en m’éloignant de Young Island où je les voyais agiter les bras une dernière fois. Mes charmants Suisses de décembre ont été détrônés de leur première place au podium de mon meilleur charter et c’est beaucoup dire tant je garde un souvenir excellent de mon charter avec eux.
31/03/2008
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Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Charter ou vacances. Skipper est un boulot assez sympa, tant qu'on a de la chance avec les passagers. Ca n'a pas toujours été le cas mais depuis quelques temps, je m'estime bien chanceux. Après la super semaine avec mes New-Yorkais, j'avais quelques appréhensions sur les passagers suivants. En étudiant la liste d'équipage, je m'étais arrêté au dernier chiffre de la colonne Date de Naissance et découvert 25, 08, 30... Je m'attendais à un charter assez compliqué à gérer mais c'était sans compter les dates au format US. J'avais simplement regardé le jour de naissance et j'ai été très agréablement surpris en découvrant une petite famille avec 3 enfants de 7, 9 et 11 ans.
Encore une belle semaine pendant laquelle je me suis régalé devant les yeux émerveillés de ces bambins découvrant les tortues, la barrière de corail et les paysages des Caraïbes. Ca a aussi été l'occasion de me remettre des soirées tardives de la semaine précédente où je ne me couchais qu'entre 1 et 4 heures. Ce coup-ci, au lit à 22 heures et levé à 8H00, une vraie cure de sommeil.
De retour au Marin, j'ai retrouvé Nan et les copains. Un peu de repos et de calme avant de repartir en mer.
MAI 2008

07/05/2008
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Le monde du silence. Les journées en charter sont assez dures, baignades en milieu de bancs de poissons, rencontres avec les raies, à la poursuite de tortues, des thons mais toujours pas de sirène.
Avec mon nouvel appareil numérique étanche, je peux enfin vous faire partager mes rencontres sous marines.
Sinon, j'attends toujours des nouvelles pour un éventuel convoyage vers la métropole. Si je n'en trouve pas, ce sera l'avion pour passer l'été en métropole, voir la famille et les amis, bricoler en Bretagne...
Ici, en dehors des charters, j'occupe mon temps facilement entre les formalités de douane et les affaires maritimes. Et il y a la "To Do List" d'Idefix. Toujours du bricolage à faire pour maintenir mon voilier en bon état, prêt à naviguer en attendant que mes finances me permettent de partir vers le Pacifique l'année prochaine. Et il y a les copains. On a une bonne petite équipe ici, entre Les Ouistitis, Annou Ale, Alea, Sam Suffy, Lystia, beaucoup de bateaux, beaucoup de copains.
27/05/2008
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Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Dur programme que le mien!. Depuis plus d'un an en Martinique, j'ai passé du temps à l'école, en charter mais je passe quand même la plupart de mon temps sur mon bateau. Enfin sur mon bateau, c'est beaucoup dire. Je travaille régulièrement sur un catamaran dont on m'a confié la garde, je m'installe avec mon PC au cyber café pour surfer un peu, je me promène sur les pontons et bavarde avec les copains. On se voit régulièrement avec une petite bande ici. Au programme, rêverie en évoquant le Pacifique, discussion sur nos voiliers, les choix techniques, les modifications qu'on veut y apporter. Il y a toujours une bonne idée à copier chez le voisin qui est en général ravi de partager son savoir. Il y a beaucoup de petites familles qui vivent sur des voiliers et c'est un bonheur de partager des moments avec eux. Parmi ces moments, il y a les bivouacs. Je suis parti 2 fois en bivouac ce mois, une fois dans le nord avec Annou Ale, une seconde fois avec Ouistitis et Sam Suffy. De superbes soirées au milieu de la forêt ou sur la plage, autour d'un bon feu. La dernière fois sur la plage, on espérait voir des tortues qui sont en période de ponte mais hélas aucune n'est venue nous rendre visite.
JUIN 2008

23/06/2008 :
Position :
47° 46' N / 1° 37' E
4000 milles en 8 heures. Petit retour en métropole en avion cette fois-ci. Traverser l'Atlantique en 8 heures au lieu de 27 jours la dernière fois, ça change la vie même si ça ne laisse pas le temps de s'habituer au décalage horaire. Par contre, j'ai retrouvé le plaisir de dormir avec un couette. Je vais donc passer 1 mois dans le froid de l'hexagone avant de retrouver la Martinique. Je vais passer un peu au Havre, un peu à Messas dans le centre puis le mois de Juillet à Brest.
JUILLET 2008

07/07/2008 :
Position :
48° 30' N / 4° 45' W
La Bretagne enfin. De retour en métropole, je suis allé au Havre chez Rodolphe et Fred à profiter des 2 petits loups Maël et Lilian, une bonne journée de sport avec Rody (3 heures de squash, 1 de badminton et un peu de golf). De retour à Messas dans le Loiret chez ma mère, j'ai rendu visite à Jérémie et Céline avant de prendre la route vers l'Ouest. Un arrêt chez les tontons et ma mamie à Tours puis en route pour Angers pour découvrir l'appartement de mon petit frère Stéfan et sa compagne Amélie.
Et enfin me voilà, le plus à l'Ouest possible ou presque, au bout du bout, à l'ouest de Brest (si ça existe!), dans l'éternel maison d'Argenton où j'adore me ressourcer. J'ai bien fait de ne pas venir directement depuis la Martinique car le choc thermique aurait été violent. 14°C, un petit crachin, du chauffage en juillet, pas de doute, on est dans le Finistère nord!!! Mais qu'est ce que j'aime ça!
Nan a retrouvé son jardin, elle va pouvoir gambader ailleurs que sur les pontons.
Et moi, je vais retrouver dès demain mes outils pour bricoler un peu ici.
31/07/2008
:
Position :
48° 30' N / 4° 45' W
On respire en Bretagne. Un bon mois de vacances en métropole surtout passé à Argenton dans la maison. J'y ai beaucoup bossé, l'électricité, le couloir, la porte d'entrée. Saine occupation que celle de bricoler. J'ai aussi revu Laurent et Ghislaine qui attendent de pouvoir emménager dans leur jolie nouvelle maison. Laurent nous a emmenés ma mère et moi survoler la Bretagne , un vrai bonheur que vous découvrirez sur les photos du site. J'ai aussi fait un tour à Brest 2008 même si le beau temps n'était pas au rendez vous. J'ai aussi eu la visite d'Adrien, le Genevois depuis peu. Bref, que du bonheur. Me voici de retour au Marin en Martinique où j'ai vite repris le boulot. Charter aux Grenadines pour Switch, j'y passe aussi finalement au tee-shirt jaune.
SEPTEMBRE 2008

02/09/2008 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Au boulot. De retour en Martinique, j'ai directement embauché chez SWITCH, une grosse compagnie charter qui propose de la croisière à la cabine. Je suis parti trois semaines sur un monocoque de 50 pieds, 15 mètres (Cyclade 50.5) puis 1 semaine sur un catamaran de 57 pieds, 17 mètres (Lagoon 570) avec une hôtesse cette fois-ci. Le programme est assez chargé et je n'ai pas eu beaucoup de temps à moi ce mois ci. Quand j'enchaîne les semaines, je suis au quai à 9H00 pour débarquer les passagers, puis je range un peu le bateau, mes affaires, je passe au bureau pour les comptes de la caisse de bord, je prends les documents pour le charter suivant et je passe à la douane pour le retour de la semaine passée et le départ de la semaine suivante. Je fais les pleins du bateau et je rentre chez moi vers midi pour retrouver ma pauvre petite Nan qui reste elle au bateau et ne reçoit que la visite de Philippe un copain qui veille sur elle. A 14H00, de retour sur le pont, je reçois les avitaillements de la semaine et à 16H30, les nouveaux passagers sont là et on part pour le sud. C'est vraiment de l'express. Fort heureusement, la dernière semaine, avec Danny mon hôtesse, a été plus cool. Le travail se partage à 2 et c'est plus facile à vivre, surtout pour la longue navigation de nuit qui nous amène à Bequia, le début des Grenadines.
Même si c'est assez fatiguant, le charter c'est aussi des rencontres. J'ai eu pas mal de chance avec mes passagers jusqu'ici, pourvu que ça dure...
Je dois repartir dans 1 semaine et je tacherai de remettre quelques photos.
20/09/2008 :
Position :
12° 52' N / 61° 11' W
Les Mustiques sous la pluie. En pleine saison cyclonique qui est aussi la saison des pluies, il y a quand même des passagers qui se lancent dans l'aventure des Grenadines. Beaucoup ont de la chance, mer calme, ciel bleu, eau à 30°C. Et parfois, comme cette semaine, c'est la galère. Pluie depuis 3 jours, mer courte et hachée, 4 malades sur 5. Arrivée au mouillage, rien à faire sinon attendre que la pluie cesse mais elle ne cesse pas. Difficile à supporter dans ces cas là. Heureusement, il y a des îles comme Bequia, Union ou ici, à Mustique, où proche du Basil bar, je capte le wifi. Heureusement qu'il y a le wifi car c'est finalement bien la seule chose d'intéressante sur l'île aux stars. Mustique est en effet appelée ainsi car on y trouve les villas de Mick Jaegger, Raquel Welch, David Boowie, la reine Elizabeth... Bref, nombreux sont les touristes qui, appareils autour du cou payent le taxi une fortune pour voir la façade des villas puis s'arrêtent déguster ce que certains appellent des cocktails au Basil's bar où les serveurs jouent à fond le jeu de l'île en star en snobant les pauvres touristes pour finir par jeter avec mépris la note pour le moins salée qu'ils ont concoctée. Heureusement pour moi donc, il y a le wifi. Quand mes passagers font le tour de l'île, je fais le tour de la toile, j'en profite pour me baigner un peu. Mais je dois rendre à César ce qui appartient à mes passagers. La plupart écourte le séjour à Mustique, n'y passe qu'une petite heure maximum, bien conscients que les Grenadines sont ailleurs. Mais c'est un passage obligé pour la compagnie qui m'embauche et qui vend Mustique comme "l’île de la Jet Set, l’endroit de rêve des célébrités". Avec les autres skippers qui pour certains sont là depuis 4 ans, je vous le confirme, on ne les voit jamais les stars et c'est bien ainsi.
Dès demain, nous filons vers les vraies Grenadines, Mayreau, Union et l'apothéose, les Tobago Cays. A Mayreau, j'emmène mes passagers chez Robert, fils spirituel de Bob Marley. Dans un cadre typique et charmant, on peut déguster un petit cocktail ou goûter (sans jamais le finir) un sunset, le rhum local à 85°...
A 45 minutes, il y a Union, une île plus animée où l'on peut s'avitailler (un peu). Mais le must, le top, ce sont les Tobago Cays (prononcé "keys"). Perle des Grenadines, les Tobagos sont constituées de 5 îles, Petit bateau, Petit Rameau, Baradal, Jamesby et Petit Tabac un peu à l'écart où le capitaine Jack Sparrow cherchait son trésor...
On y nage avec les tortues, au milieu des raies. Sur la barrière de corail, côté Atlantique, on y croise des requins dormeurs et pleins d’autres espèces. C’est un véritable aquarium où l’on peut s’éterniser sans problème.
Et dans 2 jours, je remonte vers le nord, la Martinique où je ramène mes passagers qui auront vu des dauphins s’ils sont chanceux (et ne passent pas tout le temps dans la cabine ou la tête dans le seau. Ils reprendront l’avion des souvenirs plein la tête et je recommencerai le même parcours.
OCTOBRE 2008

04/10/2008 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
L'été sous les tropiques. Quand on parle des tropiques, on imagine souvent, en plein hiver, quitter la métropole et arriver sous le soleil doux des Antilles, se baigner dans l'eau turquoise des Caraïbes comme si c'était l'été. Mais les Antilles, c'est toujours l'hémisphère nord ce qui veut dire que l'hiver en France, c'est aussi l'hiver ici et qu'au même titre, l'été en France, c'est aussi l'été ici. Et qui dit été dit forte température. C'est exactement le cas depuis plusieurs semaines. Jamais moins de 35°C dans la journée avec 85% d'humidité, autant dire que le moindre boulon que l'on manipule entraîne sur surproduction de sueur. En résumé, on ne peut plus rien faire entre 10 et 17H (et j'aime pas me lever tôt). Quand à l'eau, à plus de 30°, il y a des endroits où elle passe du bleu turquoise au vert émeraude. C'est ce qu'on appelle la saison des pluies (en plus il pleut très souvent) et c'est aussi la saison cyclonique. Pour les curieux, les cyclones ont besoin de 3 éléments pour se développer, une dépression initiale (souvent au niveau du cap vert), une hygrométrie importante (supérieure à 85%) et une température de la mer supérieure à 26°C sur 50 mètres de profondeur. Avec ces 3 éléments, un cyclone peut se développer. Un cyclone tire sa puissance de la chaleur de la mer, plus c'est chaud, plus le cyclone est puissant, de la classe 1 (vent d'environ 100 km/h) à la classe 5 (dit dévastateur avec des vents à plus de 300 km/h). La mer des caraïbes étant plus chaude que l'océan Atlantique, c'est la raison pour laquelle les cyclones se renforcent en arrivant sur les Caraïbes. Ceci explique aussi qu'ils s'arrêtent dès (ou presque) qu’ils touchent la terre.
Bref, c'est une belle saison pour venir aux Antilles si on aime la solitude et les mouillages déserts, les grosses chaleurs et la mer très chaude, par contre gaffe au cyclone, on ne sait jamais. C'est l'une des raisons qui pousse la plupart des gens de bateaux à vérifier tous les jours ou presque la météo cyclonique sur des sites spécialisés tel ti-bleu ou cotweb. La saison s'étend de début juin à fin octobre pour l'atlantique nord donc on touche au but.
Quand à moi, entre 2 charters, avec la canicule qui me plombe, je flémarde beaucoup. Je repars en charter dimanche pour une semaine et après, on verra où le vent m'emmène.
14/10/2008
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
En route vers le froid. Alors qu'ici le ciel pleure depuis 5 jours et que le mercure demeure coincé au dessus de 30°C, j'ai décidé d'aller me rafraichir un peu dans le grand nord... en métropole quoi. Je prends l'avion avec mon fidèle compagnon vendredi 17 pour 3 petites semaines. Ce sera l'occasion de revoir encore quelques amis et de continuer à bricoler un peu en Bretagne. Ce sera aussi un bon break après 2 mois et demi de charter intensif dont vous pouvez trouver quelques photos sur le site.
19/10/2008 :
Position :
47° 46' N / 1° 37' E
Ca caille!!. De retour en métropole, j'ai atterri samedi matin à Orly. Malgré le soleil, j'ai été saisi par la température. Passer de 35°C et 99% d'humidité à 15°C surprend un peu. Nan a repris ses quartiers dans la chambre de la maison avant de retrouver son grand jardin en Bretagne dès mardi. Ici tout va bien, j'ai repassé ma première nuit très agréable sous une grosse couette bien au chaud. Je retrouve les chaussettes, la polaire et le bonnet, que du bonheur pour l'instant.
NOVEMBRE 2008

19/11/2008
:
Position :
47° 46' N / 1° 37' E
Retour aux sources. Pendant un mois en métropole, j'ai encore bien profité. Anniversaire de mon neveu Perig, anniversaire de ma mère, 10 jours en Bretagne pour bien bricoler dans la maison et revoir Laurent et Ghislaine dans leur nouvelle maison, retour dans le centre pour y voir la famille à Tours, balade à Angers chez mon frère et Amélie, passage au Havre chez Rodolphe et Fred. Bref, pas de quoi s'ennuyer pendant ce mois. Le temps est venu de retrouver la Martinique. Mais pour y arriver, point d'avion cette fois-ci; Pascal, un ami de Martinique m'a chargé de lui convoyer son voilier vers les Antilles. Je me suis donc mis à la recherche d'un équipage. J'ai tout de suite proposé à Adrien, un ancien collègue Nîmois que j'avais encore retrouvé à l'Aber Wrac'h l'été dernier et qui travaille maintenant pour un labo en Suisse. Il régate maintenant régulièrement. Il a tout de suite été emballé mais il lui fallait être libéré par sa société pour un peu plus d'un mois. Fort heureusement, il existe encore des dirigeants capables de s'enthousiasmer pour un projet et il a très rapidement obtenu l'aval de sa direction. Je suis content d'avoir un ami comme équipier pour cette transat. J'ai ensuite surfé sur Internet pour trouver 2 autres équipiers. On y trouve de nombreuses annonces, des gens avec ou sans expériences qui veulent s'offrir une balade, réaliser un rêve, se rendre de l'autre côté de l'océan. La sélection est très difficile, il faut, sur une simple conversation téléphonique, faire confiance et choisir la personne avec qui on va passer 1 mois. Bref, j'ai fait mon choix, l'équipage sera composé de Adrien, Mathilde et Bastien. Le voilier étant dans le sud à Port Saint Louis du Rhône, je vais en profiter pour repasser par Nîmes et y retrouver d'anciens collègues. J'y retrouverai aussi Adrien et nous irons au bateau avec Pascal, le propriétaire venu de Martinique pour préparer le voilier. Départ prévu le plus vite possible selon les prévisions météo. Je suis content de retrouver la mer et une grande traversée. Ce sera l'occasion de refaire une route que j'ai déjà faite et aussi de vous refaire partager ce voyage.
29/11/2008
:
Position :
43° 22' N / 4° 49' E
Feu vert pour le départ. Je suis arrivé à Nîmes vendredi 21, chargé comme un voyageur avec mes 3 sacs, l’ordinateur et NAN, mon fidèle compagnon. Ludivine et Eddy sont passés me récupérer à la gare et nous sommes allés boire un café chez eux. Ils m’ont ensuite déposeé à Cézanne, mon ancien employeur, où j’ai retrouvé pas mal de monde. Le temps de faire un coucou et François et Sandrine m’ont emmené chez eux à Aubord. Le samedi, nous avons fêté noël avec François, Sandrine, Anne, Arnaud, Lydia et Adrien. Au programme de ce noël en avance, champagne, chants de noël (et même Oh Tannenbaum en l'honneur de ma maman), foie gras, saumon, crevettes, coquilles saint Jacques flambées au pastis et bûche de noël, un vrai repas de noël et un vrai régal que cette soirée.
Le lendemain, nous nous sommes baladés sous le soleil du sud.
Le lundi matin François et Sandrine m’ayant gentiment prêté leur 307, je suis allé à Port Saint Louis du Rhône où j’ai retrouvé Pascal et son bateau, Tara Maria, un Beneteau Oceanis 461 de 2000 (14 mètres par 4,25). Le bateau était à sec et nous avons commencé sa préparation. Grattage de la coque, pose d’adhésif sur la ligne de flottaison.
Le soir, Je suis retourné à Nîmes. J’y ai retrouvé Stéphane dans son nouvel appartement, ainsi qu’Hakim, François, Sandrine, Arnaud, Camille, Fabien, Lydia et Adrien. C’était l’occasion d’inaugurer la garçonnière Nîmoise de Stéphane.
Après un léger apéro, nous sommes allés dans un petit restaurant qui proposait des flammekueches à volonté. Inutile de vous dire qu’on s’est régalé et qu’on s’est vraiment bien marré.
Mardi, François et Sandrine m’ont déposé à Arles où Pascal m’attendait. Retour au bateau pour finir la préparation. Peinture antifouling, dépose de la voile pour quelques réparations, et plein de petites choses qui ne prennent pas longtemps mais qui mises bout à bout en prennent finalement. Mercredi matin, à 7H, j’ai été jusqu’à Martigues pour récupérer Mathilde, la première équipière. On a remis le bateau à l’eau à 15H puis je suis retourné à Martigues chercher Bastien cette fois-ci. En revenant à Port Saint Louis du Rhône, on a retrouvé Adrien et nous sommes rentrés au bateau, l’équipage enfin complet.
3 jours plus tard, en ce samedi, nous voici enfin prêt. Le plein de gasoil effectué, l’avitaillement réalisé, nos affaires bien rangées, les batteries neuves installées.
La météo n’a pas été bien clémente pendant ces préparatifs, un vent du nord bien glacé rendait le travail difficile. Fort heureusement, Pascal avait acheté 2 petits chauffages d’appoint qui nous ont permis d’avoir une température agréable à l’intérieur.
Le bateau prêt, Pascal est reparti ce samedi matin. Le vent aujourd’hui est de sud, assez fort mais les prévisions annoncent une bascule ouest puis nord dans la journée de dimanche. C’est donc demain matin que nous allons larguer les amarres. L’équipage est fin prêt.
Ce samedi après midi, François, Sandrine, Bénédicte et Julien nous ont rendu une petite visite. Sous une pluie battante et un vent assez fort, ils ont découvert l'intérieur du bateau où nous avons dégusté le gateau "maison" de Julien accompagné d'un thé chaud. A 17H00, ils nous ont quittés pour retourner vers Nîmes. Un dernier au revoir et nous voilà à nouveau à 4 sur Tara Maria, notre maison pour le mois qui vient.
Avec l’expérience, je pars beaucoup plus détendu et serein. Je sais que le bateau est prêt et que je le suis, reste à avoir une météo clémente.
Je vais reprendre dans quelques jours le journal de bord du site via le téléphone satellite et ma mère qui joue les webmaster à terre. Ce sera l’occasion une nouvelle fois de vous faire partager la vie à bord pour moi-même et mes compagnons.
A bientôt
DECEMBRE 2008

03/12/2008 :
Position :
38° 59' N / 0° 30' E
Dans le dur d'entrée.... Jour 3: Le vent souffle à 30 noeuds établi, nous avons des rafales à 40. La mer est assez creusée, une mer courte et hachée, typique Méditerranée. Chacun notre tour, pendant nos quarts, nous prenons des paquets de mer sur la tête. La nuit dernière, alors que j'étais dehors, une vague nous a submergés, j'ai été littéralement recouvert et le bateau s'est complètement couché. Tout a valdingué à l'intérieur, un vrai "bordel" à l'intérieur. On se gèle vraiment et tout est humide. C'est la première fois qu'après 3jours, je ne suis toujours pas amariné. L'envie de vomir est sans cesse présente. Je suis pour l'instant le seul à ne pas avoir rendu comme on dit mais c'est toujours limite. Le vent et la mer sont contre nous depuis le départ et cela ne semble pas changer. Les vents sont annoncés à l'ouest à Gibraltar pendant encore quelques jours. Fichier météo pris, nous avons décidé d'aller faire relâche à Cartagena, au sud Espagne. Le temps de reprendre des forces, de faire sécher nos affaires, de manger surtout un bon Mac Do car on n'a rien avalé vraiment depuis 3 jours. D'ailleurs, je crois que je vais aller vomir à mon tour, le travail sur l'ordi n'arrange rien au mal de mer.
Malgré ça, tout le monde supporte encore la situation, on serre les dents et on s'accroche en pensant aux Canaries...
Biz à tous
04/12/2008 :
Position :
37° 36' N / 0° 59' W
Escale à Cartagène. Nous sommes arrivés ce matin à Cartagène, en sud Espagne. Petit retour sur 4 jours assez difficiles. Nous avons quitté Port Saint Louis du Rhône lundi matin. La météo annonçait un vent d'ouest à nord ouest donc travers ou grand largue permettant de s'amariner tranquillement. Malheureusement, le vent a tout de suite été assez fort. La première nuit, nous avons eu un vent établi à 25 noeuds et une mer assez formée par le travers. Il faisait vraiment très froid. Difficile de trouver le sommeil quand on grelotte. Adrien et Bastien étant indisponibles momentanément..., heureusement que Mathilde était là pour assurer son quart. C'est donc toutes les 2 heures qu'il fallait se réveiller, s'habiller. Le rituel est assez dur. Je viens de finir mon quart, j'enlève ma veste de quart, mon bonnet, mon cache col, mes gants, ma grosse polaire, ma salopette, mon pantalon, ma deuxième paire de chaussettes. Je garde mon pantalon en polaire, une paire de chaussettes, mon tee-shirt manche longue et ma petite polaire. Je me glisse dans mon sac de couchage et j'essaye de dormir. J'ai froid, je me tourne et me retourne. Nan, pas très en forme non plus cherche une place près de moi, elle tente même de rentrer dans le sac de couchage. Je temble de partout, je ferme les yeux. Et puis, une lumière vient me réveiller, avec l'impression d'être endormi depuis 5 minutes et on entend la phrase qui fait mal: "c'est ton quart". Là, je me lève et le froid m'agresse tout de suite. J'enfile vite chacune des couches que j'ai laissées il y a 2 heures mais était-ce vraiment il y a 2 heures? La capuche sur la veste de quart, le harnais en place, je sors et Mathilde me donne les informations, ça souffle toujours entre 25 et 30 noeuds, super...
Le lendemain, les vents ont encore forci dépassant régulièrement les 35 noeuds. Les vagues venaient frapper la coque par le travers et nous étions très souvent arrosés. Dans la nuit, Adrien a commencé à prendre ses quarts, Bastien était un peu moins en forme mais tentait d'assumer sa part de travail. Dans la nuit, le vent a dépassé les 40 noeuds et nous avons même couché le bateau (c'est à dire que le bateau à pris 90° de gîte, le mât dans l'eau quoi...).
Durant les 2 premières nuits, j'ai eu l'impression que les quarts n'arrêtaient pas de s'enchaîner sans vraiment récupèrer. Nous étions toujours trempés, d'autant que personne ne mangeait vraiment. Après 3 jours à serrer les dents, j'ai même rejoint mes équipiers en passant par la case seau!!!
Au total en 3 jours, j'ai mangé 2 fois des saucisses aux lentilles, un peu de pâtes froides, quelques crêpes, pas de quoi se recharger vraiment. Recharger, c'est un problème que nous avons rencontré, pour nos estomacs et pour les batteries. Hier, je me suis rendu compte que les batteries ne se chargeaient plus. Ayant pris un bulletin météo annonçant 25 à 30 noeuds de vent d'ouest sur le détroit de Gibraltar (dans le nez pour nous), vu notre état de forme, vu le problème de charge des batteries, nous avons donc décidé de nous arrêter à Cartagène jusqu'à samedi matin. Dès le samedi soir, une bascule de vent est annoncée nous laissant 2 jours pour passer le détroit avec des vents portants.
Arrivés à Cartagène, le premier bonheur a été de prendre une douche. 4 jours avec les même vêtements, les même sous-vêtements, en s'étant brossé les dents une seule fois, je ne vous dis pas l'odeur dans le bateau. On s'est donc tous bien décrassé, on a mis toutes nos affaires dans une machine et on a commencé à régler les petits problèmes. Une étagère à revisser qui a failli décapiter Mathilde pendant la nuit, le répartiteur de charge à changer (c'est lui qui est hors service d'où pas de charge des batteries). Et puis il y a le ménage à bord. Avec Adrien, à midi, on a craqué, on est allé chez Burger King se faire un gros repas laissant Bastien et sa petite faim et Mathilde qu'on n'emmènera pas dans un endroit pareil.
On s'est fait un petit tour en ville d'où je vous écris. Le port est en plein centre et la ville a l'air sympa. On a prévu de se faire un bon restaurant à Tapas ce soir. Il fait relativement doux ici, on est juste en polaire dehors alors que la nuit est tombée. J'espère que j'aurai le temps de déposer des photos sur le site demain.
05/12/2008
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Position :
37° 36' N / 0° 59' W
Découverte de Cartagène. On a passé la journée à arpenter les rues de Cartagène et à jouer les touristes avec plan et appareil photo bien en vue. Les Espagnols sont très sympas, souriants et on arrive toujours à se faire comprendre avec un peu d'espagnol, un peu d'anglais et pas mal de mimiques, de signes de mains et de sourires. Comme à La Corogne et Las Palmas, je trouve à chaque fois l'Espagne et les Espagnols vraiment agréables. Il va vraiment falloir que je ressorte ma méthode Assimil.
J'ai profité de l'escale pour remettre des photos sur le site avec entre autres, les photos depuis le départ.
09/12/2008 :
Position :
36° 8' N / 5° 21' W
Escale imprévue. Dans la nuit de dimanche à lundi, alors que nous approchions de Gibraltar, au moteur contre le vent et le courant, une odeur nous a alertés. L'alternateur qui tourne via une courroie du moteur ne tournait plus. Outre le fait que nous ne chargions plus (c'est à ça que sert un alternateur, il produit du courant et recharge les batteries), la courroie du moteur, elle, continuait de tourner, brûlant sur la poulie de l'alternateur. J'ai donc immédiatement arrêté le moteur, tout le monde s'est réveillé, et la folle nuit a commencé. Mathilde et Adrien ont hissé la grand voile pendant que j'essayais de débloquer l'alternateur et de changer la courroie. Peine perdue, il était impossible de réparer et donc d'utiliser le moteur. C'est donc à la voile, contre le vent et le courant que nous avons tiré des bords devant Gibraltar, zigzagant au milieu des cargos en route, au mouillage ou en dérive volontaire. Pas loin de 11 heures pour faire 20 milles, le bonheur.A l' arrivée à l'entrée de la baie de Gibraltar, à 200 mètres de l'Europa Point, le phare d'entrée de Gibraltar, le vent est subitement tombé, plus rien, pétole, et le courant qui nous poussait vers le phare...
Et là, comme sortant de nulle part, un beau bateau rouge battant fièrement pavillon Belge est apparu. Eric (le grand skipper sur son bateau à voile) s'est approché suite à nos signes et a accepté de nous prendre en remorque jusqu'au port de Marina Bay. Arrivé au port, il est venu partager avec nous le repas du midi (à 16H30) préparé par Bastien.
Nous sommes donc, contraints et forcés, bloqués à Gibraltar dans l'attente d'un alternateur.
L'occasion pour l'équipage de découvrir une nouvelle terre (où il pleut, on est quand même chez les Anglais!!!).
11/12/2008
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Position :
36° 8' N / 5° 21' W
Balade à Gibraltar. Bloqués à Gibraltar par un alternateur mais sous un ciel clément qui nous permet de nous balader en tee-shirt par moment, nous sommes partis faire les touristes sur le rocher. Autant la dernière fois, j'avais limité ma balade au centre ville et au rocher et ses singes, autant cette fois-ci, nous sommes partis pour un tour complet de Gibraltar. On a fait plein de photos, on a marché 7 heures avec 450 mètres de dénivelé positif et on a vu plein de singes, mais toujours pas d'alternateur.
14/12/2008
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Position :
35° 46' N / 5° 46' W
Un saut en Afrique. Toujours bloqué à Gibraltar, avec l'assurance que l'alternateur n'arriverait pas avant lundi au mieux, on s'est demandé le vendredi midi ce qu'on allait faire du week-end. Moins d'une heure plus tard, on passait une première frontière entre Gibraltar et l'Espagne. Arrivé à Algeciras en taxi, on est monté dans le ferry qui nous a fait traverer le détroit de Gibraltar (enfin mais sans Tara Maria). On a passé une seconde frontière et nous étions enfin en Afrique, au Maroc, à Tanger. L'hôtel était sympa, avec vue sur mer et on a bien profité de la ville malgré une météo défavorable. Tanger n'est pas la ville la plus touristique qui soit mais on s'est bien régalé.
Le moins drôle dans ce petit week-end improvisé a été les 4 heures de retard à Tanger pour le ferry puis l'arrivée au bateau avec la fameuse théorie de la LEM dont je vous parlerai demain.
17/12/2008 :
Position :
36° 8' N / 5° 21' W
La LEM. Aussi appelée Loi de l’Emmerdement Maximum. Petite explication : Au départ, nous devions quitter Port Saint Louis fin novembre. La météo s’en mêlant, nous ne sommes partis que début décembre. Après nous être fait copieusement secouer en descendant le long de l’Espagne, nous avons rencontré notre premier souci, l’absence de charge des batteries nous obligeant à faire relâche 2 jours à Carthagène. Nous espérions alors une bascule de vent qui devait nous laisser 2 jours pour passer Gibraltar. La bascule n’est jamais venue et c’est au moteur contre vent et courant que nous avons avancé jusqu’à la panne d’alternateur qui nous a privé de moteur. Bloqués à Gibraltar, nous sommes restés le long d’un ponton en dur de la marina, personne ne pouvant nous déplacer, la marina ne disposant d’aucune annexe. Nous attendions donc depuis lundi l’alternateur. Mais ici, c’est Gibraltar, DHL livre partout dans le monde en 48 heures mais pas à Gibraltar. On peut savoir où se trouve un colis sur Internet partout mais pas à Gibraltar. Gibraltar, c’est Gibraltar, d’abord on vous dit que c’est Anglais.
Bref, sans livraison le vendredi, nous avons décidé de quitter Gibraltar pour notre petite virée au Maroc. J’ai informé la capitainerie, on a bien fermé le bateau et on est parti au Maroc. Le dimanche, notre ferry devait partir de Tanger à 16H00. A 16H30, nous montions dans le dit Ferry. A 18H, nous étions toujours dans le ferry, à quai. Tout comme à 19H, et à 20H. A 21H, nous bougions enfin, sans qu’une seule fois, quelqu’un ne daigne nous expliquer ce qui se passait, il n’y a pas qu’à la SNCF…
C’est donc à 23H, sous un vent glacial, que nous avons repassé la frontière pour revenir en Europe. Il nous a alors fallu attendre 20 minutes dehors pour récupérer un taxi avant de retrouver Gibraltar. Arrivés enfin au bateau, nous avons découvert, l’invraisemblable. Les pare battages du bateau pour la plupart crevés, quelques pneus posés pour protéger le bateau et une couche de pétrole partout autour du bateau. A minuit et demi dans le noir, j’ai tenté d’analyser les dégâts et d’arranger un peu les pneus et pare battages encore en place, le tout recouvert d’un pétrole gluant.
Le lendemain, au réveil, on a commencé à mieux voir ce qui c’était passé. Alors que pendant 5 jours, nous n’avions rien à signaler amarrés à quai, c’est pendant les 48 heures de notre absence qu’un coup de vent aussi brutal qu’inattendu a touché Gibraltar. Le coup de vent était bien entendu orienté de façon à pousser le voilier vers le quai, et pour bien faire, au moment de la marée basse…
A ce moment, quelque part dans la baie, un pétrolier ou la raffinerie (ils se rejettent la faute) n’a rien trouvé de mieux à faire que de relâcher une quantité indéterminée de pétrole…qui a pris la direction de la marina et à souillé tous les bateaux. Une vraie marée noire dans le port, un vrai désastre que de voir toutes ces coques, ces amarres, ces pare battages, tachées par une substance noire et gluante qui colle partout.
Et toujours pas d’alternateur…
On a donc passé notre journée à nettoyer, frotter, karcheriser (même si on n’est pas en banlieue). J’ai aussi pu analyser, une fois la couche de pétrole éliminée, les dégâts sur Tara Maria. Quelques éclats de gelcoat, un chandelier tordu, un évent aplati et un hublot fissuré. Uniquement des dégâts superficiels (mis à part le hublot), la structure n’est pas touchée. Je m’en veux un peu de ne pas avoir été là tout en sachant que le coup de vent n’était pas prévu et que présent ou pas, cela n’aurait pas changé grand-chose.
Aujourd’hui, après une réparation sommaire du hublot, nous attendions l’alternateur, avec le secret espoir de pouvoir partir ce midi. Mais il était écrit que…
A 15H, nous recevions enfin le coup de téléphone libérateur, l’alternateur était là. On est vite allé le chercher et 1 heure plus tard, après un passage chez un shipchandler pour acheter de quoi le fixer, l’alternateur était installé. Mais il y avait encore un os. L’alternateur est d’un modèle différent du précédent et l’installation de Tara Maria n’est pas standard. On avait donc besoin d’un électricien pour valider les branchements. Le commerçant qui nous a vendu l’alternateur avait contacté son électricien depuis 1 semaine pour s’assurer qu’il serait disponible dès la réception de la pièce mais le jour où l’on est livré, plus d’électricien, celui-ci est occupé. Il nous a garanti qu’il serait là dès le lendemain matin.
Le bateau prêt, on en a donc profité pour passer une dernière soirée en ville, goûter la cuisine anglaise et le fameux Cheese Cake que j’ai bien apprécié.
Et ce matin, on a vu arriver l’électricien, à l’heure. Il a commencé à connecter l’alternateur et les soucis ont continué. Le branchement d’origine avait été modifié par le précédent propriétaire rendant plus difficile la connexion du nouvel alternateur.
On a donc patienté encore et encore jusqu’à la délivrance qui est intervenue à midi. Le temps de payer le port, de faire le plein et on part.
Voilà donc la Loi de l’Emmerdement Maximum, on se dit que sans cette panne de répartiteur de charge, puis d’alternateur, on ne se serait pas arrêté à Carthagène ou Gibraltar, que si Gibraltar n’était pas Gibraltar, on aurait reçu l’alternateur en 48 heures au lieu d’une semaine, que si le port avait eu une annexe, on aurait pu déplacer le voilier à un endroit plus approprié. Bref, on a maintenant vraiment hâte de reprendre la mer et d’arriver enfin dans l’Atlantique, en route vers les Antilles via les Canaries.
19/12/2008 :
Position :
33° 2' N / 9° 53' W
Enfin l'Atlantique. 10 ème jour en mer- 19 ème depuis le départ.
Finalement, comme indiqué dans la dernière nouvelle, on est bien parti mercredi 17 à 12H30 local soit 11H30 UTC. Le temps de faire le plein et on attaquait le passage du détroit de Gibraltar. La météo locale annonçait 10 nœuds d’ouest, donc contre nous mais le courant devait être avec nous. Une fois dans le détroit, 30 nœuds en rafales dans le nez, au pré serré sur un cap inapproprié, on faisait du 5 nœuds en vitesse surface (par rapport à l’eau) et du 2 nœuds en vitesse fond (par rapport au fond de l’océan, différence liée au courant), bref on ne reculait pas mais presque…
Mais il était écrit que la chance tournerait avec l’Atlantique. Le vent adonnait légèrement (s’écartait de l’axe du bateau pour nous permettre de faire une meilleure route) tout en faiblissant et les courants daignaient enfin nous ouvrir les portes de l’océan. A 17H00, nous étions au large de Tanger (pas sur un ferry cette fois), avançant toujours à 5 nœuds en surface mais à 7 nœuds en fond. Le cap Spartel se présentait à nous, enfin l’Atlantique tant espéré depuis plusieurs jours et le tout sur un seul bord depuis Gibraltar. Nous avons un peu traversé le dispositif de séparation de trafic qui oblige les gros bateaux à tenir leur droite dans le passage de Gibraltar, jusqu’à nous retrouver un peu comme à contre sens sur l’autoroute mais avec l’AIS à bord (dispositif transmettant le nom, la direction et la vitesse des cargos), l’analyse des routes des cargos est vraiment simple.
Pour fêter ce passage, après les nombreux dauphins de la Méditerranée, c’est un cachalot ou un groupe de cachalots qui est passé tout proche du voilier, à 200 mètres avant de plonger à pic vers les profondeurs.
La mer était très calme, le vent quasi absent et c’est au moteur que nous avons pris le cap direct sur Las Palmas, Gran Canaria, Canaries. Le soleil s’est couché sur l’océan derrière un cargo qui passait, les lumières de la terre se sont petit à petit estompées au fur et à mesure que nous nous éloignions de la côte.
Pour cette première nuit en Atlantique, le vent était absent, mais la houle aussi. On a donc pu faire une bonne nuit sous un ciel étoilé magnifique. Le lendemain matin, accueillis par un brillant soleil au milieu d’un ciel bleu, nous avons goûté au plaisir de sortir en simple polaire, d’oublier bottes et vestes de quarts et d’enfiler nos lunettes de soleil. Le vent portant à moins de 5 nœuds, c’est toujours la brise Yanmar qui nous faisait avancer (Yanmar = marque de notre moteur). La vie a ainsi pu commencer à bord.
Comme convenu, nous attendions l’Atlantique pour passer officiellement Noël sur Tara Maria. Nous avons donc entamé la décoration du bateau avec guirlandes, boules de Noël et notre père Noël suspendu au pataras (lui depuis Gibraltar).
Un petit film, quelques mots croisés, un bon roman, le mp3 sur les oreilles, un peu de cuisine, la vie en transat peut commencer. Adrien a sorti tout son matériel de pêche et l’expérimentation a commencé. Qui du poulpe rose, du poulpe violet ou du Rapala jaune fluo (poisson en plastique dur muni de plusieurs hameçons) emportera la première prise. Le vent s’est un peu levé mais sans nous permettre de ne faire que de la voile. Une houle très longue de travers de 2 ou 3 mètres a commencé a faire bouer le bateau. La nuit a été un peu moins agréable avec le bruit du moteur et de la bôme qui dévente parfois. Au petit matin, Mathilde avait déjà remis la ligne à l’eau. A 400 milles de Las Palmas, nous avons enfin pu sortir le génois. Le vent est encore un peu faible et nous nous aidons encore du moteur. Nous n’espérons plus qu’un vent un peu plus fort au grand largue, un petit thon de 10 kilos, du soleil et ce sera parfait. Le moral est bien remonté après l’attente interminable qui nous a scotchés à Gibraltar.
Et pour apporter une nouveauté au journal de bord pour cette transat en équipage, une nouvelle rubrique, la question du journal que l’on doit aujourd’hui à Adrien : « Est-ce que ça fait mal si un requin te mord le doigt ? » On s’en pose de ces questions ici.
A bientôt.
23/12/2008
:
Position :
28° 7' N / 15° 25' W
Les Canaries, encore. On est arrivé à Las Palmas de Gran Canaria aux Canaries le 21 à 22H30 UTC. Arriver de nuit sur un port aussi important avec un tel trafic n’est pas facile mais heureusement que je le connais bien et que j’ai pu me repérer. La dernière journée avant l’arrivée, on s’est repris un peu de vent avec jusqu’à 30 nœuds en rafales. De quoi avancer à 8 nœuds avec 2 ris dans la grand voile et dans le génois.
On n’a pas été mécontent de se faire une première nuit bien au calme. Le lendemain, notre journée a été bien remplie. Plein du bateau, formalité de port, prendre la place, faire le ménage, les courses, la lessive. A 15H, on avait fait le principal et on pouvait enfin s’octroyer du temps pour flâner un peu en ville. On est allé dans le centre puis à la plage de Las Canteras. Ca a été un plaisir de retrouver une ville où j’ai passé de très bon moment dans mon voyage. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de retrouver le soir même Christine et Florence et leur fidèle destroyer Pickouic. Elles sont toujours aux Canaries et préparent activement leur traversée pour le début 2009. On a évoqué les souvenirs de cette fin d’année 2006 et parlé des bateaux que l’on connaît. Les Oustitis et les Barbapapas dans le Pacifique, Annou Ale et Samsuffy aux Antilles, Nunatak en Patagonie… Un vrai bon moment comme les voyages vous en réservent. Malheureusement, le temps était compté. Le soir, on est allé manger quelques tapas dans la vieille ville. Et ce matin, derniers préparatifs, plein d’eau, dernière toilette, un coup d’internet, prise de la météo et c’est le grand départ pour le plus long du périple, la traversée de l’Atlantique. La troisième pour Mathilde comme pour moi mais une grande première pour Bastien et Adrien qui se débrouille très bien jusqu’à présent.
25/12/2008 :
Position :
24° 49' N / 18° 19' W
JOYEUX NOËL. 3 ème jour depuis les Canaries, 15 ème jour en mer, 25 ème jour depuis le départ…
On a donc quitté Las Palmas comme prévu le 23 décembre mais en retard comme d’habitude. C’était un peu la course durant cette escale et je n’ai pris les fichiers météo que le matin du départ. A ma grande surprise, ce n’est pas 2 jours de pétole que nous allions rencontrer mais au moins 4 voire plus avant de toucher du vent. J’ai donc pris la décision de prendre encore un peu plus de gasoil avec nous. Mais les magasins ferment entre 13 et 16H aux Canaries, on a donc attendu pour s’avitailler en pétrole (dans des bidons cette fois-ci, pas sur la coque). On en a profité pour prendre un bon repas le midi, un petit steak accompagné d’une sauce au camembert (l’un de ceux qui s’étaient mis à courir tout seul dans le frigo).
J’en ai aussi profité pour installer un petit panneau solaire de 45 watts que j’ai acheté d’occasion 50 euros à un plaisancier anglais genre géo-trouvetout sur la marina. Certes, le panneau ne remplacera pas l’aquair 100 que je comptais acheter pour Idefix mais c’est déjà ça. Mais l’aquair 100, c’est quoi ? Il s’agit d’un hydrogénérateur. Pour simplifier, une hélice est traînée à l’arrière du bateau et entraîne un alternateur qui produit de l’énergie.
On a donc repris quelques bidons et on a fait un nouvel arrêt à la station service. A 0,675 euros le litre, on en profite.
Et à 17H00, on quittait Las Palmas sous un beau ciel bleu et pour ne pas changer, avec le vent dans le nez…
On a commencé comme je m’y attendais au moteur. Mais, surprise, dans le courant de la nuit, on a pu éteindre le moteur. On a bien avancé à 7 nœuds pendant 12 heures uniquement à la voile avec un vent entre 15 et 25 noeuds, mais au pré serré avec une houle de travers bâbord, le genre de situation très très inhabituelle sous ces latitudes.
Le lendemain, veille de Noël, le vent a continué de nous jouer un sale tour en s’orientant sud ouest, exactement là où l’on veut aller mais ça devient une habitude. Les prévisions météo ne sont d’ailleurs pas tendres avec nous, les alizés (vents stables portant vers l’ouest entre l’équateur et le tropique du cancer) ne sont pas encore bien établis et il faudra descendre bien sud avant de les attraper.
Pour ma part, j’ai passé la journée du réveillon dans le carré, à préparer tous les gâteaux de Noël que ma mère m’a appris à faire. Dents de loup, sablés, gâteaux à la cannelle, croissants de Noël, gâteaux à l’anis et meringues. Le tout avec une petite houle de travers bien casse-pieds.
J’ai fini avec la préparation de la bûche de Noël mieux réussie dans un four de bateau avec le gîte que la dernière fois dans le Gard (désolé les JN).
Ce matin, jour de Noël, les préparatifs de notre festin ont commencé. Mathilde à l’apéritif, feuilleté de Francfort et d’emmental, Adrien aux entrées avec foie gras et saumon et Bastien à la viande avec un rôti de porc aux légumes. Quant à moi, j’ai pris de l’avance avec le dessert dès hier.
Le père Noël ne nous a pas oubliés et il a amené 1 cadeau par personne que nous tirerons au sort en fin de repas. La décoration est prête, on a tous hâte de passer à table.
Une bonne douche, petit rasage et chemise pour fêter dignement Noël au milieu de l’océan.
La table est dressée dehors au soleil. Bon appétit.
Côté vent, on espère surtout que papa Noël va nous apporter un bon nord-est force 5 pour les 2 semaines à venir avec une houle portante de moins d’1 mètre (on peut toujours rêver).
Sinon, on tient à remercier tous ceux qui nous envoient des petits messages et ne nous oublient pas au milieu de l’océan. On pense chacun bien fort à nos familles respectives que l’on embrasse.
Et pour finir, la question du journal qui nous vient de la petite Mathilde aujourd’hui : « C’est qui le père Noël des poissons ? , parce qu’il est plus balèze que l’autre vu qu’il y a plus de poissons ».
Et la réponse d’Adrien : « S’il y a plus de poissons, pourquoi on pêche rien ? »
JOYEUX NOËL A TOUS
27/12/2008 :
Position :
21° 26' N / 22° 30' W
Le père noël est passé. 5 ème jour depuis les Canaries, 17 ème jour en mer, 27 ème jour depuis le départ…
Le 25, nous avons fêté Noël dignement. Le repas a été agrémenté d’un mousseux Espagnol (on garde le champagne pour le jour de l’an) et d’un vin blanc moelleux pour accompagner foie gras et saumon. Un vrai festin de roi jusqu’à l’arrivée du père Noël qui nous a gâtés. Des verres à thé marocains pour Mathilde, une boîte en bois marocaine pour Bastien, une boîte de Quality street pour Adrien et 2 tasses à thé en terre cuite peintes à la main pour moi. Le père Noël serait-il passé par le Maroc ?
Dans l’après midi, j’ai sorti les biscuits de Noël qui ont connu un vrai succès. Résultat, le soir, on était gavé et on n'a rien mangé.
La nuit nous a offert à tous un cadeau supplémentaire. Sous un ciel brillant de mille étoiles, sans aucune pollution lumineuse au milieu de l’océan, nous avons pu observer les constellations, la voie lactée, repérer quelques unes des étoiles les plus lumineuses, Rigel, Betelgeuse, Aldebaran ou Polaris.
La nuit était déjà belle mais est venu s’ajouter un autre spectacle. Sur la crête des vagues générées par le bateau, des micro-organismes phosphorescents se mettaient à briller jusqu’à parfois nous éblouir, nos yeux étant habitués à l’obscurité. Et pour parachever le spectacle, ce sont des dauphins qui sont venus pendant la nuit jouer à l’étrave du bateau. En traversant cette mer pleine de plancton phosphorescent, les dauphins étaient comme entourés de lumière. Ils apparaissaient vert fluo, passant et repassant devant l’étrave, passant les uns sur les autres. C’est le genre de quart qui vous fait oublier qu’il fallait normalement préparer le pain pour le petit déjeuner, le genre de quart qu’on ne voit pas passer, le genre de moment qui justifie le voyage et fait oublier les moments difficiles.
Le 26, on a joué au Yam’s, on n'a pas eu de vent et le temps était bizarre. On se serait cru sur le lac Léman (mais avec des berges vachement loin !!!). La mer était un vrai miroir. Sinon, les poissons évitent toujours soigneusement d’abîmer nos hameçons, "y" sont sympas !!!
On a tenté une partie de backgammon avec Adrien mais impossible de comprendre les règles traduites du chinois en mandarin en passant par le québécois du nord !
On s’est finalement fait une partie d’échec mais on ne sait pas si, quand un pion arrive de l’autre côté, on récupère une dame ou pas ?
La nuit a été calme, on a tenté plusieurs fois de faire de la voile (le grand bout de tissu sur le mât dont on se demande à quoi il sert depuis le début). A 4 nœuds, on a finalement abandonné et refait marcher notre fidèle Yanmar (vous savez qui c’est maintenant). On fait toujours route au sud ouest pour récupérer des vents plus stables avant de mettre cap direct sur la Martinique.
Réveil tranquille bercé par les 2200 tours/minutes de notre 4 cylindres. Petit déjeuner avec thé et gâteaux de noël puis météo marine sur RFI à 11H40 UTC comme tous les jours.
A ce propos d’ailleurs, on manque un peu d’information sur le Vendée Globe, avis aux amateurs. Pour ce qui est des nouvelles, Mathilde a d’ailleurs un message personnel à passer :
« Pour une fois que j’étais joignable en mer, j’ai même pas eu droit à un joyeux Noël de mes parents ! Pourtant je vous avais donné le numéro de l’iridium. Parents indignes va !!! »
Et pour finir, la question du jour du petit Ronan: « Comment le vent fait-il pour nous éviter nous ? »
Bonne journée à tous (et honte aux parents de Mathilde!)
29/12/2008 :
Position :
18° 45' N / 27° 1' W
Mais où est le soleil?. 7 ème jour depuis les Canaries, 19 ème jour en mer, 29 ème jour depuis le départ.
Hier matin, pour ma prise de quart à 4H, comme tous les jours, Adrien est venu me réveiller. Le temps d’enfiler un pantalon, ma veste de quart (et oui, même sous le 20 ème parallèle, on a encore les vestes de quarts), mon harnais et je sortais. Adrien m’attendait avec sa lampe frontale en mode clignotant et en chantant Joyeux Anniversaire. Et oui, 35 ans déjà, plus toutes mes dents et quelques cheveux blancs à force d’étudier les bulletins météo pour cette transat.
A 6H, je passais le quart à Bastien et retournait me coucher. Vers 9H30, j’ai entrouvert les yeux, prêt à continuer ma nuit mais,là, une odeur de chocolat chaud genre le bon chocolat chaud en revenant d’une journée de ski! Impossible de me rendormir avec une telle odeur qui vient chatouiller les narines. Mathilde avait préparé un bon gâteau au chocolat.
Pour mon repas d’anniversaire, on a préparé (ou plutôt Mathilde) une tartiflette avec un fromage proche du reblochon dégoté par Bastien à Las Palmas. Un vrai régal. On a fini avec le gâteau au chocolat, qui justifiait l’odeur à mon réveil, orné de bougies d’anniversaire qui ont tenu (ou presque) jusqu’à la table du cockpit.
Cette journée a été riche en messages sur l’Iridium. C’est important de savoir qu’on pense à nous en transat et chacun apprécie les messages qui lui sont adressés. C’est d’autant plus le cas pour son anniversaire et c’est d’autant plus décevant quand certains oublient. L’avantage et l’inconvénient d’être joignable.
L’après midi a été calme. On a eu une 2 ème touche et encore une fois, on a perdu la ligne. Toujours pas de poisson sur Tara Maria. On a refait le plein avec les bidons de gasoil que l’on avait emportés. Pendant la nuit, la pluie est arrivée. Au matin, on a pu à nouveau couper le moteur, un vent de sud-sud-est à 15 nœuds nous arrivant par travers bâbord. Le tout accompagné d’une petite pluie fourbe qui mouille bien. Sous ces latitudes, le temps qu’on attend et que j’avais rencontré il y a 2 ans, c’est un ciel dégagé, un vent portant de nord-est à 15-20 nœuds. On est normalement en short et tee-shirt et on doit mettre un chapeau pour se protéger du soleil. Mais comme pour nous, rien ne va, on a nos vestes de quarts, les lunettes de soleil sont dans leur étui, le taud de soleil qu’on pensait installer à Las Palmas pour nous protéger du soleil est toujours dans son coffre. ET TOUJOURS PAS DE POISSON…
Mais Pascal nous a annoncé les Coryphènes pour dans 2 jours, ça tombe bien, le menu du jour de l’an c’est normalement poisson et on n'en a toujours pas! On regretterait de devoir se faire une boîte de cassoulet pour le réveillon.
Mais le moral reste bon, Adrien n’a toujours pas perdu aux petits chevaux, on se partage les victoire au Yam’s. Chaque douche que l’on s’autorise (une rapide tous les 2 jours) est un vrai bonheur. Les prévisions nous annoncent que l’on devrait enfin trouver les alizés demain dans l’après-midi et on espère qu’on va enfin pouvoir faire de la voile.
JANVIER 2009

01/01/2009 :
Position :
15° 48' N / 34° 38' W
2009 au milieu de l'océan. 10 ème jour depuis les Canaries, 22 ème jour de navigation, 32 ème jour depuis notre départ de Port Saint Louis du Rhône.
Tout d’abord, bonne année à tous, tous nos vœux de bonheur, de bonne santé et de réussite dans vos projets.
Depuis la dernière nouvelle, beaucoup de choses ont changé à bord. Tout d’abord, le 30 décembre dans l’après midi, nous pêchions enfin notre premier poisson. A 16H, Mathilde faisant un tour de veille a vu un pauvre poisson que l’on devait traîner depuis un moment. On a vite réduit l’allure et on a remonté un beau thazard de 8 kilos environ. Le soir même, on s’est régalé de filets. C’est un poisson à la chair fine et légère, un vrai régal.
Le lendemain matin, alors que je dormais encore, Mathilde remontait à nouveau un poisson, une petite dorade coryphène de 2 kilos. Et comme nous étions vraiment en veine en cette fin d’année 2008, 1 heure après, c’est à nouveau une dorade coryphène que nous avons remontée mais une pièce un peu plus grosse, 98,5cm de long pour 7 kilos. On a alors pris la décision d’arrêter un peu de pêcher jusqu’à vendredi. Le soir du réveillon, Bastien nous a préparé un curry de thazard avec pommes, oranges, carottes et pommes de terre.
Mais la nouvelle du jour du réveillon, celle qui a vraiment changé nos vies à bord, celle que l’on attendait depuis notre départ des Canaries, ce n’est pas d’avoir enfin enfilé nos shorts (ça fait du bien), ni d’avoir mis le taud de soleil pour nous protéger, mais c’est d’avoir enfin coupé le moteur !
Enfin, les alizés sont apparus et nous avons pu installer les voiles en ciseaux. La grand-voile sur bâbord, le génois tangoné sur tribord. Ainsi réglé, avec 15 nœuds de vent, on file nos 6 à 7 nœuds. Il n’y a que la houle de travers avec une mer du vent par l’arrière qui rend la vie à bord parfois périlleuse. Il faut bien faire attention pendant nos déplacements.
La nuit du réveillon, on n’a rien fêté. Chacun s’est couché comme à son habitude. Je prenais le premier quart de 20 à 22H, Bastien restait éveillé pour prendre son quart de 22H à minuit. Mathilde et Adrien allaient se coucher pour prendre leur quart respectif à minuit et 2 heure avant qu’Adrien ne vienne me réveiller à 4H pour recommencer la valse des quarts.
Bref, cette nuit était une nuit normale, jusqu’à 23H59 où, Adrien avec sa frontale clignotante, Mathilde et Bastien en harnais et moi en caleçon, nous nous sommes souhaité la bonne année.
Cette première nuit uniquement à la voile depuis longtemps n’a pas été des plus reposantes. On a perdu l’habitude et le moteur nous manque !!!
On subit une houle croisée depuis hier et il faut que l’on s’y habitue un peu.
Sinon, pour ce qui est du jour de l’an, c’est ce midi que nous allons le fêter. Myriade de bulles à la Rémoise, spécialité fromagère du Massif Central sur lit de feuilletés, cirrhose de canard façon sud-ouest, réduit du roi de la mer dorée dans son écrin d’argent accompagné de sa pluie de mariage camarguais, et pour finir, oreillons sur son bain de soleil. A vous de deviner ce qu’on a mangé. A gagner au grand jeu concours, une photo dédicacée des Musclées.
Et quelques messages : Mention spéciale aux (dignes) parents de Mathilde pour leur rattrapage (et la déclaration assedic), Mathilde est ravie. Merci à tous ceux qui nous ont envoyé leur vœux, merci à Lydia qui a pris un forfait illimité SMS sur Iridium. Merci à Val pour toutes les infos. Merci à Amalia pour les nouvelles colombiennes qu’elle envoie à son frérot. Merci à la maman d’Adrien pour les vœux et le changement de billet d’avion (on n'y sera pas pour le 3, pour le 10, on essaye) et à sa tante pour ses messages. Merci à mon p’tit frère adoré et merci à ma maman sans qui nous ne pourrions pas vous faire partager notre voyage. C’est en effet elle qui sert de webmaster pour le site en le mettant à jour à partir d’un fichier html que je lui envoie par mail avec le téléphone satellite.
Bonne année à tous à nouveau.
Et pour finir en beauté, rattrapage sur la question du jour (et celle du 29 oubliée):
Pourquoi le plancton phosphorescent est-il plus lumineux à tribord qu’à bâbord ?
Pourquoi les filets de poissons sont plus gros à droite qu’à gauche ?
03/01/2009 :
Position :
15° 21' N / 40° 17' W
Au menu: . 12 ème jour depuis les Canaries, 24 ème jour de navigation, 34 ème jour depuis notre départ de Port Saint Louis du Rhône.
Le jour de l’an s’est bien passé, on s’est régalé de notre menu (toujours pas de vainqueur en vue d’ailleurs à notre jeu concours). La vie s’écoule paisiblement depuis que nous avons enfin du vent. Vers 11H, on démarre le moteur pour recharger les batteries pendant 1H30. On écoute les informations et le bulletin météo sur RFI (que l’on capte assez mal depuis 2 jours). Ensuite, il est l’heure de manger. Dans l’après midi, on a différentes options : sieste film sur PC, bouquin, mp3. Et en fin d’après midi, on se laisse très souvent tenter par un Yam’s ou un jeu des petits chevaux où Adrien a enfin été battu (après 8 victoires consécutives quand même).
On avait arrêté de pêcher le 31 jusqu’à vendredi. On avait suffisamment de poisson pour quelques repas. Bastien et Adrien nous ont d’ailleurs préparé hier soir des lasagnes de coryphène tout simplement délicieuses.
On a remis la ligne à l’eau vendredi comme prévu et 5 heures plus tard, on reprenait une dorade coryphène à peine plus petite que la précédente (93cm). On a donc remonté la ligne et on attendra de finir ce que l’on a avant de repêcher.
A propos de pêche, bravo à Pascal, le propriétaire de Tara Maria, qui avait prévu par SMS sur iridium à 12 heures près l’arrivée de la dorade coryphène.
On reçoit toujours beaucoup de messages et la question à chaque sonnerie, c’est de savoir à qui est destiné le SMS. Bastien transmet d’ailleurs un bonjour à ses parents dont il commence à recevoir les messages.
05/01/2009 :
Position :
14° 51' N / 46° 9' W
La mer qu'on voit danser. 14 ème jour depuis les Canaries, 26 ème jour de navigation, 36 ème jour depuis notre départ de Port Saint Louis du Rhône.
Depuis le réveillon, nous avons enfin du vent. Un vent relativement stable en force et direction qui nous pousse vers les Antilles et notre destination, la Martinique. Nous avançons assez bien, à 7 nœuds de moyenne et parcourons tous les jours nos 170 milles. Pour autant, notre vie n’est pas un conte de fée. La mer est toujours agitée avec une houle croisée de nord-ouest et d’est et le bateau roule sans cesse. De temps en temps, une vague plus grosse arrive de travers et le bateau fait une embardée. Le pilote met quelques secondes à réagir et replace le bateau sur le bon cap. Le roulis incessant et ces mouvements brusques rendent la vie et surtout les nuits inconfortables. On met du temps à trouver le sommeil et le moment où l’on est réveillé pour prendre son quart apparaît toujours trop tôt. Mais les choses ne sont pas si difficiles que ça. Depuis 2 nuits, nous sommes à nouveau accompagnés par la lune qui éclaire de mieux en mieux. On est en lune montante et elle sera pleine pour notre arrivée en Martinique. Aujourd’hui, le soleil s’est levé sur un ciel enfin bleu. On en profite pour prendre un peu de couleur et on cherche vite l’abri sous le taud de soleil.
L’eau de mer a dépassé les 25°C autour de nous. Nous n’avons pas vu de dauphins depuis quelques temps mais voyons toujours beaucoup de poissons volants. Adrien en a même récupéré un dans sa cabine l’autre nuit alors qu’il avait laissé un peu entrouvert son hublot. Il a entendu du bruit, a ouvert et le poisson est tombé sur son matelas. Un compagnon pour la nuit ?
Depuis hier, nous sommes passés sous la barre des 1000 milles à parcourir, c'est-à-dire moins de 1852 km. Depuis Las Palmas, ayant fait une route très sud au départ, on a parcouru 2000 milles et il en restait 880 ce midi. A ce rythme, on prévoit une arrivée dans la journée du 10 janvier mais on ne sait pas encore à quelle heure.
Petite nouvelle de notre jeu concours « notre menu du jour de l’an ». C’est Amalia, la sœur de Bastien qui est la plus proche pour l’instant mais toujours pas de vainqueur de la photo dédicacée des musclés.
Et pour répondre à une question concernant notre position. Pour la visualiser sur une carte, il suffit de cliquer sur les coordonnées géographiques soulignées en bleu sur le site (pas à partir de la newsletter) et vous verrez apparaître une carte du monde. Vous pouvez même zoomer sur quelques zones (ça m’a demandé un peu de boulot en programmation pour arriver à ce résultat).
07/01/2009 :
Position :
14° 34' N / 51° 6' W
Quand Eole nous lâche. 16 ème jour depuis les Canaries, 28 ème jour de navigation, 38 ème jour depuis notre départ de Port Saint Louis du Rhône.
On vous a laissés pleins d’espoir: sur la dernière nouvelle, nous avancions bien, le soleil était revenu et tout se présentait bien pour nous permettre d’arriver le 10. Oui, mais ça c’était il y a 2 jours !
Depuis, une tuile nous est tombée dessus, le vent. Les prévisions du jour RFI annonçait force 4 à 5, les prévisions des fichiers météo que je récupère tous les 2 jours via satellite annonçaient entre 16 et 18 nœuds de vent. Tout allait jusqu’ici bien et les prévisions étaient vérifiées depuis plusieurs jours. Mais dans la nuit du 5 au 6, le vent mollissait. Et encore plus dans la journée du 6. J’attendais la tombée de la nuit pour voir le vent fraîchir un peu mais sans succès. Notre vitesse tombait à 3,5 nœuds sous 8 nœuds de vent. A 5H50 du matin, je me décidais à renvoyer le moteur. A 6H, Bastien prenait son quart et à 6H12, il venait me chercher, le vent étant à plus de 25 nœuds !
J’ai éteint le moteur, on a réduit un peu à l’avant et le bateau filait enfin à nouveau ses 7 nœuds. Mais cela ne devait pas durer, au matin, Mathilde relançait le moteur, le vent sous les 10 nœuds ne nous portant plus.
C’est la première fois que j’espère presque la pluie, un bon grain qui nous suivrait toute la journée avec un vent à plus de 20 nœuds.
Mais non, pas de grain en vue, il fait beau, et zut !!!
Notre prévision d’arrivée pour le 10 en prend un coup. Maintenant, on n'a plus qu’à espérer que le vent va revenir et qu’il ne s’agissait que d’une anomalie passagère justifiant l’erreur des prévisionnistes.
En marge de notre vitesse, la vie à bord continue. Le 5 dans l’après midi, Adrien nous préparait enfin sa spécialité, les douceurs de saint Michel au cacao (nouvelle devinette). Chacun fait sa part de travail, pour la vaisselle, le nettoyage et la préparation des repas. Mais Bastien est celui qui, par choix, passe le plus de temps à la cuisine. Ainsi, pour fêter comme il se doit les rois mages, Bastien nous a préparé une galette des rois à la frangipane. Comme on n’avait plus d’amande en poudre mais des amandes entières, on s’est tous relayés pour râper les amandes la veille. Ca m’a rappelé le pelage de noix… Mais à 6H du matin, Bastien n’était pas bien réveillé et si certains mettent la fève au milieu (on tombe toujours dessus en découpant) Bastien lui ne l’a met pas (comme ça on ne tombe pas dessus quand on découpe). Mais on a tous voté et on l’a élu roi du jour.
Dans la journée, on continue à s’occuper, un peu de lecture, un peu de sieste et la maintenant traditionnelle partie de Yam’s. Le record de points est entre les mains d’Adrien avec 325 points. Ce sera dur à battre mais avec 5 nœuds de vent, on va avoir du temps !!!
Côté pêche, on avait arrêté depuis notre dernière prise (trop de poisson tue le poisson) mais on a remis ce matin notre poulpe vainqueur qui a remporté les plus belles prises.
Et la question du jour : Attendu qu’avec 15 nœuds de vent on avance à 7 nœuds, que la mer est à 25°C et que l’on mange du cassoulet ce midi, quel est l'âge de Nan (qui va bien)?
09/01/2009 :
Position :
14° 58' N / 56° 34' W
L'odeur des Antilles. 18 ème jour depuis les Canaries, 30 ème jour de navigation, 40 ème jour depuis notre départ de Port Saint Louis du Rhône.
Ah, les alizés, les tropiques, le soleil et l’eau à 26°C. C’est vrai que ça donne envie, surtout quand on sait qu’il neige en Europe... Sur la dernière nouvelle, on espérait presque les grains pour avancer un peu. On n’aurait pas dû !
Alors que depuis 2 jours, le vent est un peu revenu, on a pris hier un premier beau grain vers 20H. En caleçon à la barre, je me suis fait rincer. Mathilde en a profité pour se prendre une petite douche en maillot de bain. Le gros nuage passé, on s’est mis à table. Et dans la nuit, au passage de quart entre Mathilde et Adrien, un nouveau grain nous a cueillis. Le génois est passé à contre et on a pris un peu de gîte. Il a fallu enrouler le génois mais la balancine de tangon s’est enroulée avec. Bref, un peu de boulot sous un violent grain. On s’est retrouvé trempé jusqu’au sous-vêtements en 3 minutes. Après la manœuvre, on en a tous bien rigolé en nous séchant avant de retourner nous coucher et en laissant Adrien à son quart et tout trempé !
On avance à nouveau correctement et on pense arriver dans la nuit du 10 au 11.
La journée d’hier a été bien remplie. On a « croisé » notre premier voilier. ESPERANZA, un POGO 8.50 en route pour la Martinique et parti du Cap vert depuis le 28 décembre. En fait on ne l’a pas vu, il était un peu trop loin mais on l’a entendu à la radio quand il appelait un cargo en vue. L’occasion d’un petit échange à la radio. On a prévu de se recontacter plus tard. Ce jour a été l’occasion pour Adrien de passer son premier appel téléphonique satellite pour changer pour la troisième fois son billet d’avion. Il devait partir le 3 janvier, puis le 10 et enfin ce sera le 11 au soir. On a une petite marge comme ça. Il espère d’ailleurs être attendu à la gare de Saint Julien en Genevois à 17H à l’arrivée de son TGV (avis aux amateurs). L’Iridium, le téléphone satellite est aussi fait pour ce genre d’urgence.
On est aujourd’hui à moins de 300 milles de la Martinique. On a déjà parcouru 3848 milles depuis Port Saint Louis du Rhône soit 7126 km.
On attend maintenant d’apercevoir les 4 flashs blancs avec une période de 20 secondes du phare de l’îlet Cabrits au sud de la Martinique et visible à 20 milles. Il ne nous restera plus qu’à contourner le sud de l’île pour venir se poser devant Sainte Anne faire un petit plouf avant de rejoindre de jour le port du Marin.
La prochaine nouvelle sera envoyée du port du Marin en Martinique. Ce sera l’occasion de mettre en ligne toutes les photos depuis les Canaries. Vous découvrirez enfin (je sais que le monde piaffe d’impatience) notre menu du jour de l’an, la spécialité d’Adrien (on a eu une réponse très proche) et tous les bons moments que nous avons passés sur l’eau.
13/01/2009
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
De l'autre côté de l'océan. C'est fait, on a traversé l'océan Atlantique. C'est la troisième fois pour moi comme pour Mathilde, c'était la 2ème de Nan et la première pour Bastien et Adrien. On a fait un peu trop de moteur à mon goût, les alizés n'étant pas bien établis mais on s’y est fait. On a passé des moments durs avec plus de 40 noeuds de vent au départ de Port Saint Louis, les problèmes techniques au sud Espagne, l'attente mais tout ceci est derrière nous et nous ne conserverons comme souvenir que les bons moments que nous avons passés. Nos 2 à 3 parties de Yam's quotidiennes, nos repas de Noël et Nouvel an, nos poissons pêchés, la lune qui nous éclaire aussi bien qu'en plein jour, les algues phosphorescentes, les dauphins, les baleines, les poissons volants et quelques bons fous rires.
On est donc arrivé le 11 janvier à 2H30 UTC, soit le 10 janvier à 22H30 en heure locale.
18 jours et 9 heures pour faire 2908 milles à 6.59 nœuds de moyenne.
On est allé au mouillage à Sainte Anne. Le temps de poser l’ancre et on était tous au lit. Le sommeil ne vient pas facilement quand on passe du bruit incessant d’un voilier qui avance au petit clapot au mouillage. Au matin, à 7H, on a tous fait un plouf. Le bonheur de profiter de l’eau à 26°C après 3 semaines à avoir simplement flotté dessus. On l’avait quand même un peu goûtée la veille en s’échangeant quelques seaux en pleine tête.
La baignade accomplie, on a redémarré le moteur pour se rendre à moins de 2 milles de là, dans le port du Marin ponton 4. On a accosté, c’était fait.
Pascal et Christine sont arrivés 1 heure plus tard et on est tous parti boire un verre. On est ensuite allé avec Mathilde, Adrien et Bastien au restaurant. L’après midi, on est allé se faire une visite éclair du sud de l’île pour Adrien. On est allé à l’anse du bourg d’Arlet, on s’est baigné puis on a été prendre une glace à grande Anse. Il était ensuite déjà l’heure de prendre le chemin de l’aéroport pour y déposer Adrien. Sac à dos, sac de la voile de Kite et Kite surf qui n’aura pas servi en bagage, Adrien s’en est retourné vers la métropole. J’en profite pour le remercier de m’avoir accompagné dans cette aventure que reste une traversée de l’Atlantique à la voile (et au moteur). Même quand c’est la troisième, on est content d’y être parvenu.
En retrouvant le Marin, j’ai retrouvé beaucoup de copains, Philippe, Yann et Steph, Marion et Christophe et j’en oublie. J’ai hâte de pouvoir les retrouver lors de nos petites soirées bien sympas. Pour le moment, la priorité va à Tara Maria et à sa remise en état avant location et à Idefix que je dois traiter en profondeur. En effet, en arrivant, j’ai commencé le transfert de mes affaires vers mon bateau avant de me rendre compte qu’il était envahi de cafards !
Triste découverte. Je vais faire un traitement de choc et continue donc d’être hébergé sur Tara Maria avec Nan.
Tout le travail à faire explique le délai pour mettre à jour le site et pour y mettre les photos. C’est aujourd’hui la première fois depuis notre arrivée que je prends le temps d’aller sur Internet. Mais ça valait le coup d’attendre je crois, les photos sont réussies je pense.
En mer pendant plus de 30 jours au total, même à 4, on se croit un peu seul parfois. Les messages que nous avons chacun reçus nous ont fait bien plaisir. Des nouvelles du Vendée Globe aux messages d’encouragements, chaque petit SMS était un plaisir. Certains ont été plus assidus que d’autres, merci donc en particulier à ma mère qui vient en tête avec ses 32 messages, merci à Val (commentatrice du Vendée Globe), Lydia, Amalia, Stéfan, Pascal, à la mère d’Adrien, à sa tante, aux parents de Mathilde qui ont rattrapé leur retard. Merci à
Arnaud, Poussin76, Canard79, Hakim, Christelle, Eric, Cécile, Rodolphe, Fred, Maël, Erwan, Anne, Céline et Loïc.
Merci aussi à tout ceux qui m’ont envoyé des mails que je viens enfin de lire. Malheureusement, il y en a trop pour que je remercie chacun des auteurs donc un merci collectif, chacun s’y reconnaîtra.
Après 1 transat en solo puis une en double, je n’étais pas bien habitué à avoir un équipage, j’ignorais ce que donnerait 1 mois à bord avec des inconnus ou presque. Je connaissais Adrien depuis plusieurs année, c’est l’un des joyeux Nîmois et on se voit régulièrement surtout en Bretagne où il a une maison du côté de l’Aber Wrac’H. Il régate maintenant régulièrement sur le Lac Léman et a été un excellent marin à bord, prenant de bonnes initiatives et nous régalant de sa bonne humeur.
Bastien était plutôt novice en voile mais nous a régalés de nombreux petits plats tout au long de la traversée.
Quant à Mathilde, elle a été un second parfait. Monitrice de voile, elle connaît son sujet parfaitement, elle maîtrise comme on dit. J’ai très vite compris que je pouvais avoir une confiance absolue et je dormais très bien quand elle était de quart.
Nan quant à elle n’aura fait aucun quart, n’aura jamais fait la vaisselle ni le repas, n’aura passé son temps qu’à dormir ou presque mais nous aura bien accompagnés au milieu de l’océan.
Merci donc à l’équipage et bon vent à chacun d’entre eux.
24/01/2009 :
Position :
12° 2' N / 61° 44' W
GRENADE. J'ai pris l'avion le 24 pour Grenade via la Barbade pour récupérer un Océanis 393 dans le port de St Georges. Mis à part la perte de mon bagage, j'ai trouvé Grenade vraiment très beau et j'espère avoir l'occasion de revenir ici plus longuement en charter. Pour l'heure, j'ai simplement passé l'après midi au port à attendre mon bagage. Le lendemain matin, j'ai pris la mer en direction de la Martinique contre vent et vagues. Pas une partie de plaisir d'autant qu'en arrivant en Martinique, je suis tombé en panne de gasoil juste dans l'entrée du chenal du Marin. Pascal, le propriétaire de Dream Weaver m'a apporté du gasoil et j'ai pu rentrer à bon port enfin.
31/01/2009 :
Position :
17° 53' N / 62° 51' W
A travers les petites Antilles. Après mon passage à Grenade la semaine dernière, j'ai repris Tara Maria, le voilier avec lequel je viens de traverser l’Atlantique, pour l'amener à Saint Barth. Comme j'avais le temps, je suis parti le 28 pour une livraison le 31. Le premier soir, j'ai dormi à Saint Pierre, au nord de la Martinique. Le 29, je suis parti à 7H vers la Guadeloupe. Avec 25 à 30 noeuds de vent, 2 ris, j'ai fait une bon 7,5 noeuds de moyenne. Ca m'a fait bizarre de naviguer seul sur ce voilier après 1 mois et demi à 4. J’ai profité de ce temps pour perfectionner mon niveau en mots fléchés et attaquer des forces 3 (je me surprends moi-même et j’espère que ça participera à l’amélioration de mon orthographe). Le soir, j'ai posé l'ancre aux Saintes à côté du pain de sucre. Le 30, après une petite baignade matinale, j'ai repris la mer vers Saint Kitts où je suis arrivé à 1H du matin. Le lendemain à 6H30, je reprenais ma route vers Saint Barth et le port de Gustavia. J'y suis arrivé à 13H. J'ai mis ce voilier de 14 mètres arrière à quai avec l'ancre à l'avant, plutôt content de ma manoeuvre que mes voisins américains ont appréciée. Les clients ont pris possession du bateau et m'ont déposé à l'aéroport. De là, j'ai pris un petit coucou vers la Guadeloupe. Une hôtesse m'attendait sur le tarmac pour m'accompagner vers un avion plus gros qui n'attendait plus que moi. 5 minutes après avoir atterri, je redécollais vers la Martinique où j'ai retrouvé Nan sur Fétiche.
Mais c'est quoi Fétiche?
Fétiche est le nom du catamaran de Pierre et Françoise, un privilège de 12m dont je m'occupe depuis que Denis, mon tonton, m'a mis en contact avec les propriétaires. Je bricole régulièrement sur ce catamaran et depuis quelques jours, je vis même à bord. Comme je dois bricoler sur Idefix, j'ai profité de la présence de Fétiche pour libérer de l'espace sur Idefix. La semaine passée, j'ai transféré une grosse partie du contenu d'Idefix sur Fétiche. J'ai retrouvé Idefix aussi vide que quand je l'ai acheté il y a 3 ans (3 ans déjà !!!) et en ai profité pour jeter 1,5 m3 de matériel inutile à la poubelle. Avec le temps, on stocke, on garde et il faut ce genre de grand ménage pour retrouver de l'espace et jeter ce que je n’ai jamais utilisé (mais dont j’aurai besoin dans 1 semaine c’est sûr !).
J'ai une bonne liste de travaux à réaliser sur Idefix et Fétiche avant l'arrivée de mes prochains passagers, les Bourdin et Boutigny qui reviennent encore cette année mais pour une découverte des Grenadines cette fois-ci.
MARS 2009

11/03/2009
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Les Grenadines sur Fétiche. Depuis mes derniers convoyages, j’ai surtout passé mon temps sur Fétiche, un Privilège de 12 mètres appartenant à des amis et en vente aujourd'hui (détails sur le site en première page tout en haut s'il est toujours à vendre!). Il y avait pas mal de travail et avec les pluies régulières, ça n’a pas été facile mais fort heureusement, le bateau était prêt pour l’arrivée de mes amis Havrais dont vous avez déjà entendu parler si vous suivez le site (le mariage en juillet 2006, la naissance de Lilian leur deuxième, mes séjours au Havre, leur venue l’année dernière aux Antilles…).
Bref, tout allait pour le mieux ou presque, l’avitaillement étant rendu difficile par le mouvement de grève qui durait depuis plusieurs semaines. Ils sont donc venus les bagages chargés de vivres.
Le séjour avec mes amis a été très sympa et tous les détails et photos se trouvent dans la partie photo et vidéo.
Pour ma part, après leur départ, j’ai repris les travaux sur Idefix. Les plafonds sont retirés, les vaigrages, les planchers, le bateau est vide et en passe d’être tout propre. Il ne me manque plus que du matériel maintenant pour finir mais c’est là que la grève intervient. Après plus d’un mois de grève, la situation commence à devenir bien gênante. Les rayons du supermarché font penser au Kosovo en guerre après un tremblement de terre, il n’y a rien, plus rien. Le rayon des produits congelés est vide, l’occasion unique pour les commerçants de débrancher et nettoyer les congélateurs. La plupart des magasins sont fermés. Pour beaucoup, les commerçants seraient prêts à rouvrir mais le collectif des grévistes oblige les enseignes à rester fermées. Et les livraisons étant bloquées, les rayons des quelques boutiques toujours ouvertes commencent à devenir déserts. La situation est certes inconfortable mais on arrive toujours à s’en sortir, on mange des pâtes et du riz, on finit les boîtes de conserve en attendant que ça finisse. Chaque jour, on nous annonce la signature d’un accord mais il semble à chaque fois que les patrons des plus grosses enseignes refusent de partager un gâteau dont il ne laisse déjà que quelques miettes aux esclaves qu’ils croient toujours posséder.
Ici, tout le monde trouve le mouvement justifié même si certaines méthodes sont bien discutables. Mais sur le fond, les tarifs excessifs, le monopole de quelques béqués est tout simplement inadmissible et on s’étonne même qu’une telle situation puisse exister en France mais est ce bien la France. A voir quelques-uns posséder et décider pour toute la population, on peut en douter. Mais Laurence Parisot ne doit pas trouver cela choquant. Peut-être même trouve -t-elle le modèle de la Martinique à son goût, la version 18ème siècle lui plaisant bien plus vous pensez bien !!!
Dans le sud de l’île, au Marin, la situation n’a rien d’explosif comme semble le penser ou le faire croire les informations. Ici, tout se passe assez calmement. On manque de tout mais avec le sourire. La solidarité existe mais on ne l’utilise pas beaucoup pour l’instant, la situation n’est pas dramatique. Entre gens de bateau, on se file des coups de main, untel revient avec de l’essence de Sainte Lucie, untel avec du gaz. On se débrouille en sachant qu’on reste privilégié et qu’un coup de voilier nous emmènera sur une autre île, un autre pays où l’on pourra s’avitailler. Ce n’est pas le cas pour les locaux. Après plus d’un mois, les écoles sont toujours fermées, les enfants sont à la plage où ils remplacent les touristes qui ne sont pas venus. On tirera le bilan de ce mouvement dans quelques mois en espérant que ce qui sera obtenu donnera quelques idées sur ce qu’il faut faire pour faire plier un patron qui annonce 8 millions de bénéfice et 500 suppressions d’emploi dans le même communiqué !
En attendant, je vais aller à la plage, ça va me détendre.
17/03/2009 :
Position :
13° 4' N / 59° 29' W
A travers les Antilles. Depuis le départ de ma troupe de Havrais, la scopoderm team (sauf Fred qui n'a rien pris et n'a rien rendu!), j'ai eu l'occasion de recommencer à me balader à travers les Antilles. Un convoyage vers Saint Martin sur un lagoon 380 (catamaran de 11 mètres) avec 3 mètres de creux et 25 noeuds de vent. Avec tout dessus, j'ai quand même tenu une moyenne de 8 noeuds, ces bateaux sont des veaux mais bien toilés, ils avancent quand même. Après une nuit dans un hôtel 4 étoiles dont je vous invite à découvrir les photos, je suis rentré en Martinique hier. Pas le temps de souffler, ce matin, je reprenais l'avion pour la Barbade puis Antigua où je vais récupérer un monocoque de 49 pieds (15 mètres) que je ramène au Marin en Martinique. La saison n'est pas très bonne et heureusement que l'on travaille avec les autres îles car les touristes ont un peu délaissé la Martinique et la Guadeloupe. Espérons que les vacances de Pâques permettront de rattraper le manque à gagner.
Côté grève, tout semble terminé en Martinique mais la situation mettra plusieurs jours ou semaines selon les secteurs pour redevenir normale. Les supermarchés se remplissent doucement, il manque toujours quantité de produits mais le rayon frais a retrouvé un peu de fromage, jambon et autres produits qui nous ont manqué pendant 1 mois. Avec la reprise, on a aussi retrouvé les bouchons sur la route de l'aéroport. La vie recommence.
AVRIL 2009

12/04/2009 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Le carême humide. Le carême correspond à la saison sèche. D’avril à mai, il ne pleut quasiment pas, il fait chaud mais l’alizé rafraîchit un peu l’atmosphère. Je profite de cette période pour bricoler sur Idefix. Peinture de cale, vernis des planchers, peinture des plafonds, je remets mon fidèle compagnon à neuf. La saison touristique n’est pas très bonne et la caisse de bord ne se remplit guère. De temps en temps, j’interromps mon travail pour une visite sur Fétiche, le catamaran dont je m’occupe et qui est à vendre. J’ai aussi quelques sorties charter ou convoyage, une livraison de bateau à saint Martin, une sortie de 2 jours sur le sud Martinique, de quoi sortir un peu la tête du seau (de peinture). J’ai vraiment un bon rythme de travail pour préparer Idefix à l’arrivée de mon petit frère et de sa copine en mai. Levé entre 6 et 7 heures et fin de travail vers 18H30, je ne chôme pas. Sinon, la situation s’est bien améliorée et il ne manque plus rien dans les supermarchés. Par contre, je n’ai pas bien vu la baisse des prix annoncée…
Il faudra que je prenne un peu de temps pour classer et envoyer sur le site les photos, patience.
MAI 2009

06/05/2009 :
Position :
18° 29' N / 64° 21' W
Les îles vierges. J'ai quitté la Martinique le 28 sur un Lagoon 38, un catamaran de 11 mètres pour un charter avec Marion, l'hôtesse, une amie de Martinique sur Annou Alé, un petit bateau où elle vit avec son mari et ses 3 enfants dont le petit dernier Manech, mon nouveau filleul (c'est pas officiel). On a récupéré 5 passagers à Saint Martin et on est parti pour 14 heures de navigation pour rejoindre les B.V.I, les Îles Vierges Britanniques. L'endroit est très joli malgrè une météo très anglaise...
A mon retour, je ne manquerai pas de mettre de nombreuses photos.
12/05/2009
:
Position :
18° 12' N / 63° 5' W
Le nord des Antilles. Après la visite des Iles Vierges relatée en détail et photos à l'appui dans la partie photo et vidéo, nous sommes rentrés sur Anguilla avec les passagers puis avons fait un long trajet avec Marion vers la Martinique où nous sommes arrivés dans la nuit du 11 au 12.
De retour au Marin, j'ai retrouvé mon petit frère Stéfan et sa doudou Amélie en visite pour quelques jours en Martinique. Le temps n'est pas très clément mais j'espère que nous aurons le temps de nous faire la montagne Pelée.
27/05/2009
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Position :
12° 32' N / 61° 23' W
Toujours des tortues. Après mon tour aux îles vierges, j'ai retrouvé les Grenadines. Mais pas lors d'un charter classique. J'y suis retourné cette fois-ci avec des amis rencontrés par l'intermédiaire d'Annou Ale, Christophe et Marion. Ils avaient rencontré Sam et Katell pendant que ce premier réalisait pour RFO un documentaire sur les gens vivant sur leur bateau au moment où Manech naissait à bord. Ils ont sympathisé et quand ils ont cherché un skipper, c'est vers moi qu'ils ont été orientés. Je suis donc parti sur un cata de 40 pieds avec une super petite équipe. Sam et Katell avec leur 2 moussaillons Martin et Salomé ainsi que Sébastien et Maguy accompagnés de leur 2 petits lapins Emilie et la petite terreur Mathieu. On a passé un super séjour avec la visite des Grenadines sur 6 jours, une vraie course. Pour pouvoir profiter des Grenadines sur 6 jours, on a fait la descente et la remontée en une seule fois de la Martinique jusqu'à Bequia, la première île des Grenadines, le tout de nuit. 14 heures dans les 2 cas, réalisées de nuit à une bonne vitesse, 8 noeuds de moyenne dans les canaux, 5 noeuds au moteur sous le vent des îles. Ce fût un charter où le vent nous a permis de bien avancer sur un bateau bien équipé où les panneaux solaires compensaient la consommation du bord, évitant d'utiliser le moteur pour recharger les batteries.
Vivant en Martinique depuis 9 ans pour Séba et Maguy et 2 ans pour Sam et Katell, aucun n’avaient encore visité les Grenadines. Ce fût une merveilleuse découverte pour les enfants comme les adultes. Nager avec les tortues reste pour tous une aventure magnifique et moi-même qui ai l’occasion d’y aller fréquemment, je trouve toujours aussi merveilleux de suivre la danse sous-marine de ces carapaces tranquilles.
JUIN 2009

22/06/2009
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Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Ma vie en Martinique. Depuis plus de 2 ans ici, outre les nombreux charters, les transatlantiques, les passages à l’école, certains se demandent ce que je fais, comment je vis ici, comment c’est la Martinique à vivre, où je vais après et surtout quand?
D’abord, je ne passe pas mon temps libre à me dorer au soleil, d’une part parce que lézarder au soleil n’a jamais été ma tasse de thé, que le cancer de la peau sera un fléau pour un paquet d’inconscients et d’autre part parce que j’ai bien autre chose à faire.
Depuis mon arrivée de transat en janvier dernier, j’ai beaucoup travaillé sur Idefix et ce n’est pas fini. Démontage de tous les planchers, de la table de carré et de cockpit, vernis, peinture de cale, démontage des plafonds, traitement et peinture, reprise de toute l’électricité, nouveau tableau électrique, démontage de tout l’accastillage et pont pour repeindre ce dernier. Mise en place d’un second enrouleur. Bref, je n’ai pas le temps de m’ennuyer mais j’ai envie d’avoir un bateau en parfait état pour repartir car c’est bien ce que je souhaite faire.
Mais je ne fais pas que travailler sur Idefix, il y a aussi Fétiche dont je m’occupe, le catamaran d’un ami. Après de nombreux travaux, ce catamaran est en vente, c’est avec lui que j’étais parti aux Grenadines en février. J’ai aussi eu le plaisir d’accueillir mon petit frère et sa copine Amélie en mai. Nous nous sommes baladés un peu, découvrant des endroits que je n’avais pas encore visités ici et tentant l’ascension de la montagne Pelée. Nous avons malheureusement dû rebrousser chemin, trempés par une pluie fine et sans aucune visibilité au milieu des nuages qui cachent le sommet plus de 90% du temps.
Vue de la métropole, on a souvent l’impression que la vie en Martinique, c’est le rêve. Après plus de 2 ans, je peux vous apporter mon impression.
La plupart des gens que je croise sont des métros (comprendre métropolitains, venus de la métropole depuis plus ou moins longtemps). Rares sont les rencontres avec les Martiniquais. Il y a une frontière quasi infranchissable. Et je ne parle pas là que de moi ou des gens de bateau qui vivent sur le port du Marin, souvent appelé « métroland ». J’ai rencontré des métros, vivant ici depuis 6 mois, 2 ans, 10 ans au sein de la population locale, professeurs, artisans, administratifs, et tous ont le même constat, il n’y a pas de contact profond avec les locaux. On se croise, on se dit bonjour, on discute mais pas d’invitation à passer à la maison, pas de barbecue entre amis. Difficile de dire d’où vient cette distance, peut-être le fait que la plupart des métros n’étant que de passage, les Martiniquais ne veulent pas s’attacher à des gens qui vont partir. Mais cela n’explique pas tout. Les dernières grèves qui ont paralysé l’île ont fait ressurgir un comportement très limite chez une partie de la population. Il y a un problème de racisme anti-blanc chez une partie de la population. C’est la première fois que je m’entends dire dans la rue « sale blanc ». Il y a des zones où il est clairement déconseillé à un blanc de se balader, surtout la nuit, un peu comme un flic dans certaines banlieues. Il y a un mélange absurde fait entre métros, blancs, békés, esclavagisme. Le moindre conflit fait ressortir ces problèmes qui n’ont toujours pas été réglés. La Martinique est une île vraiment étrange. Dans les communes du sud, où le tourisme s’est beaucoup développé avec le port de plaisance, le club Med, la cité Pierre et Vacances, on retrouve beaucoup de métros et le contact avec les locaux n’est pas évident. Ces communes sont d’ailleurs dirigées par des indépendantistes autonomistes. Dans le nord, où le touriste est bien moins présent, le contact est bien plus chaleureux. Les gens sont souriants et accueillants. La Martinique est une île formidable de diversité et de beauté et c’est vraiment dommage que le tourisme n’y soit pas plus développé. Quand on se balade dans les autres îles des petites Antilles, abandonnées par les Anglais depuis le moment où elles ont cessé d’être rentables, on découvre que ces îles se sont orientées vers le tourisme. L’accueil y est chaleureux, les prix raisonnables et même les Anglais y sont toujours très bien accueillis.
Dans les autres îles, le touriste est une denrée qu’il faut protéger, la survie de l’île en dépend. La situation en Martinique et semble- t-il aussi en Guadeloupe est différente. Les subventions et l’implication de l’Etat dans l’île garantissent le niveau de vie et alors même que la beauté de ces îles pourrait attirer un grand nombre de touristes, peu viennent. Sur l’île de Sainte Lucie, il y a chaque jour au moins 1 paquebot et j’en vois régulièrement jusqu’à 3 dans la capitale. A Fort de France, il n’y a guère qu’un paquebot toutes les 2 semaines seulement.
Le problème de la vie chère qui a justifié les grèves du début d’année est un vrai problème. Les prix jusqu’à 2 fois plus élevés parfois ne sont pas toujours justifiés et le système me fait penser à la mafia. On est dans un vrai système opaque où on ne sait pas où partent les subventions, comment l’Etat peut laisser en place des monopoles illégaux.
Le fonctionnement des écoles primaires où les enfants doivent fournir le matériel scolaire qui n’est pas pris en charge par l’éducation nationale ! Le mot d’une maîtresse demandant aux parents de fournir du papier toilette car il n’y en a plus depuis plusieurs jours et que les enfants ne peuvent plus s’essuyer! Une école avec plus de 10 classes qui fonctionne 3 mois sans photocopieur. Autant d’exemple de dysfonctionnements étranges quand on sait que les subventions arrivent jusqu’en Martinique.
La gestion mériterait d’être entièrement revue mais finalement personne ne veut s’y atteler. Sur le plan touristique, il faudrait un changement total de mentalité pour ne pas voir le touriste comme un envahisseur mais comme une source de développement. Dans ce système, je me braque souvent quand j’entends parler d’indépendance. Alors même que les exportations ne couvrent plus que 30 % des importations en Martinique, que la banane est hyper subventionnée, je n’imagine pas ce que serait la Martinique sans la France. Il est d’ailleurs intéressant d’entendre le discours des Martiniquais qui voyagent dans les Caraïbes ou en métropole et de le comparer à celui des Martiniquais qui n’ont jamais quitté leur île. La modération dans les propos de ceux qui voyagent devrait servir d’exemple aux autres.
Malgré ces critiques, la vie est quand même bien agréable ici, il fait toujours chaud même si c’est souvent trop pour un breton, très souvent beau (même s’il pleut systématiquement quand je sors mon pot de peinture) et une grande partie de la population est vraiment charmante et ceux là méritent le détour et méritent surtout que les autres fassent un effort pour faire de cette île ce qu’elle devrait être, un coin de paradis.
Pour ce qui est de mon voyage, je vous en dirai plus prochainement. Mes prochaines étapes sont la métropole du 11 août au 7 septembre (je ne vais pas rater le mariage de toutes mes cousines quand même) puis retour ici pour une formation spécialisation voile pour obtenir un nouveau diplôme des affaires maritimes. Ensuite, je vous raconterai.
JUILLET 2009

25/07/2009 :
Position :
12° 52' N / 61° 11' W
Ca flotte aux Antilles. Alors que l’été a bien commencé en métropole, le travail continue ici. J’avais un programme assez chargé entre les travaux sur Idefix et les charters pour Switch devenu Karavel-Promovacances avant de prendre l’avion pour la métropole le 10 août.
Alors que sur Idefix, la fibre et l’époxy étaient à peine secs et devaient être poncés, j’ai été appelé un soir à 18H par Switch pour un départ le lendemain jeudi 9. Moins de 15 secondes pour se décider à laisser les travaux sur Idefix en suspens pour partir naviguer un peu et aussi remplir la caisse de bord. Un nouveau charter en combiné (alternance 7 jours bateau- 7 jours hôtel) où je dépose des passagers après 4 jours de bateau à l’hôtel d’Union, l’île la plus au sud ou presque des Grenadines de Saint Vincent. Je récupère alors d’autres passagers que je monte à un autre hôtel à Sainte Lucie où je récupère un troisième groupe que je remonte en Martinique. 36 passagers en 1 semaine, c’est beaucoup mais c’est surtout le premier groupe que j’ai pendant 4 jours avec lequel j’ai le temps de sympathiser. Ce charter de dernière minute a été l’occasion de nouvelles rencontres et a volé de loin la première place de mon classement du meilleur charter. Chaque groupe est différent, parfois dur, fêtard, drôle. Et il y en a quelquefois avec qui les choses se passent tellement bien qu’un effort n’en est plus un mais un vrai plaisir. C’est le genre de groupe qu’on a bonheur à retrouver. C’est ainsi que, alors que je ne devais pas repartir tout de suite, j’ai tout fait pour récupérer ce groupe. De retour le jeudi 16 au Marin, je suis reparti le soir même avec de nouveaux passagers et j’ai ainsi pu retrouver mon premier groupe le mardi soir suivant à Sainte Lucie (où il avait été déposé par un autre bateau… compliqué je sais mais ça marche !).
C’est très agréable de retrouver des passagers que l’on a quittés 1 semaine auparavant et qui depuis notre dernière visite ont plein d’anecdotes à raconter suite à leur séjour.
De ces rencontres, je conserve des contacts, des amitiés…
Pour ce groupe j’ai innové en allant les retrouver à la Pointe du bout puis en les accompagnant à l’aéroport. Quitter des passagers avec lequel tout a été parfait est très dur et j'espère un jour les retrouver.
Après l’aéroport, retour au Marin pour finir de préparer le bateau pour repartir le soir même.
La transition est alors plus terrible encore. Accueil d’un nouveau groupe, des nouveaux prénoms. Il faut rester professionnel. Débuter par une navigation de nuit est l’idéal dans ce cas là. Tout le monde est couché, un seau à portée de main pour certains. Je suis paisible, assis à mon poste de barre ou sur le roof à l’avant, le bruit des vagues et du vent comme seul compagnon pour 3 à 4 heures. Quand la chance est avec moi, la lune ou les étoiles m’accompagnent et je laisse mon esprit divaguer au rythme de la houle.
Je rentre jeudi prochain en Martinique après 3 semaines non stop. Je profiterai alors de 3 jours au calme avant de reprendre la mer pour une semaine, puis le lendemain de mon retour, l’avion pour un petit tour en métropole, le parrainage de Maël, le mariage de ma cousine Laura et quelques personnes à voir qui passeront par Brest.
Mais cette année, j’attends avec bien plus d’impatience mon retour.
SEPTEMBRE 2009

20/09/2009
:
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Mes vacances en métropole. Après un long silence depuis mon départ pour la métropole, il était temps d’apporter quelques précisions.
Tout d’abord, les « vacances » en métropole. Ce fût tout simplement magnifique, j’ai passé des moments extraordinaires.
De mon arrivée à Paris et un accueil des plus chaleureux, au mariage de ma cousine Laura, tout a été parfait sauf peut-être une météo toute Brestoise au mois d’août en Finistère.
Le lendemain de mon arrivée, je signais un engagement solennel en la mairie de Beaugency. Je devenais officiellement le parrain de Maël Claude Didier Bourdin. Rody et Fred, les parents ont fait d’une pierre deux coups ce jour en faisant aussi le parrainage de Lilian, leur second. Avec Stéphanie, la marraine, Anne et Jean-marc, marraine et parrain de Lilian et toutes les familles, on a passé une soirée très sympa. Un vrai plaisir de retrouver tous ces gens qui comptent pour moi et que je ne vois que trop rarement.
Deux jours après, nous partions avec Fred, Rody, Maël et Lilian pour la Bretagne, retrouver ma mère à Argenton. Ils sont restés 3 jours durant lesquels, malgré une météo maussade, on a pu profiter de la plage. On s’est même baigné entièrement avec Rodolphe dans une eau à 16 ou 17°C, ça caille.
On a pu aussi profiter de Ghislaine et Laurent, les plougadas, avant qu’ils ne s’envolent pour le nouveau continent.
2 jours plus tard, à peine le temps de bricoler un peu à la maison, c’est Cathy et son fils Mathys qui sont venus découvrir la pointe Bretagne, la côte des légendes et le port d’Argenton, le plus beau que je connaisse.
La météo n’était pas extraordinaire pour changer cet été mais on a pu profiter d’une superbe après midi à Quimper à se balader, de la plage à Argenton où Cathy a aussi fait un plouf dans cette eau glaciale et où j’ai fait des pâtés de sable avec Mathys, et de la Fleur des thés, un ancien bateau de pêche reconverti en salon de thé sur le port d’Argenton.
Le soleil a été suffisamment présent pour qu’on profite assez souvent de la Mégane de ma mère en position cabriolet. Un vrai plaisir de longer la mer le ciel au dessus de nos têtes.
On a aussi loué un petit first 210 pour se balader une journée dans la rade de Brest.
La journée a été un peu nuageuse mais très agréable une fois passée la sortie du port du Moulin Blanc…
On est allé jusqu’à l’anse de l’Auberlach où on a déjeuné. Au retour, par 15 nœuds de vent au grand largue (trois quarts arrière), Mathys, du haut de ses 5 ans ½, a tenu la barre pendant 1H30… un gros effort de concentration pour diriger comme un chef un voilier de 6 mètres.
Au retour au Moulin Blanc, après un verre au nouveau Tour du monde, le bar du port, on s’est baladé au port de commerce où on a eu la joie de faire une merveilleuse rencontre. Juste devant la Recouvrance, le vieux gréement de Brest, un dauphin était là. On a pu le caresser de nombreuses minutes, il revenait quand on tapotait sur l’eau, se mettant sur le dos pour se faire frotter le ventre. Un superbe souvenir pour chacun d’entre nous.
De retour de Bretagne, je suis passé à Tours voir ma grand-mère, mes oncles et tantes avant de partir pour l’île de Ré pour y retrouver Pierre et Françoise, les propriétaires de Fétiche, dans leur superbe maison.
Le lendemain, je retrouvai toute la famille sur l’île d’Oléron, pour le mariage de ma cousine Laura, merveilleuse dans sa belle robe blanche, avec Julien, son époux aujourd’hui.
L’occasion de retrouver tous les cousins et cousines et notamment ma cousine Isabelle que je ne vois que trop rarement.
Couché à 4H30, je me suis réveillé à 7H pour prendre un train et vivre une dernière journée idyllique entre Nantes et Angers.
Lundi matin, le réveil fût difficile et le départ douloureux pour retrouver la Martinique.
De retour au Marin, Nan a retrouvé ses marques, et moi le centre de formation où je prépare le module voile pour obtenir le capitaine 200 voile et ajouter une corde à mon arc.
On a retrouvé avec Nan notre Idefix. C’est étonnant de voir les liens qu’on lie avec un morceau de plastique et de fibres à qui j’ai déjà parlé de nombreuses fois, que j’ai appris à écouter, à soigner.
Je vais finir les travaux entamés pour le rendre tout beau. Une installation électrique entièrement refaite, une peinture neuve sur le pont et dans les fonds, de nouveaux plaflonds, un nouvel éclairage.
Pour ce qui est de mon retour en Martinique, il a été plus difficile cette année, loin de la joie de retrouver mon chez moi, l’impression étrange d’avoir laissé une partie de moi de l’autre côté de l’Atlantique, 7000 km, un océan bien grand…
Quant à mes projets, comme chaque année, chaque mois, ils évoluent, au gré des vents, des envies, des rencontres et c’est ce qui rend ma vie intéressante.
NOVEMBRE 2009

25/11/2009 :
Position :
14° 28' N / 60° 52' W
Des petits tours. Des petits tours. Depuis le mois de septembre, j'ai repris une formation, le module voile pour l'obtention d'un diplôme de capitaine 200 voile.
Pour être honnête, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas aussi ennuyé. Après un merveilleux été, le retour en Martinique avait été dur. Me retrouver à l'école à ne rien apprendre est vraiment frustrant.
J'ai par l'intermédiaire de STW fait une formation sur la navigation astronomique et je n'apprends vraiment rien.
J'erre dans cette école en attendant que le temps passe et je passe mon temps au téléphone avec la métropole si loin...
A la Toussaint, c'était les vacances, l'occasion pour moi d'un saut en Europe pour découvrir une région que je ne connaissais pas, la Suisse. J'ai retrouvé une amie là-bas et elle m'a fait découvrir cette région qu'elle a bien connue. On a retrouvé Adrien qui vit à Genève et Lydia qui nous a très gentiment prêté son appartement à Lutry. Le samedi en arrivant, j'ai aussi eu le bonheur de retrouver Anne, Sandrine et François venuS pour le week-end.
Avec le décalage horaire, l'avion et le train et les 70km à faire après la soirée, je n'ai pas traîné le soir pour m'endormir du sommeil du juste.
Cette semaine a été magnifique avec une météo très agréable, du soleil sur le lac, la découverte de Lausanne, Lutry, Veuvey, Morges, les bains de Lavey, Friburg, le village de Gruyère.
J'ai profité de ce séjour pour faire une cure de fromage et on aura réussi à se faire 2 fondues en 2 jours le dernier week-end...
Avant de retrouver la Martinique, j'ai fait un rapide détour par Messas pour profiter d'une courte soirée avec ma mère. L'occasion de voir aussi Fred et Rodolphe ainsi que Maël et Lilian heureux de découvrir un nouveau camarade de jeu.
De retour ici, j'ai retrouvé cette distance avec la métropole. Mais avec la saison, les bateaux reviennent et j'ai les copains ici pour passer de bons moments. Antony et Vanessa, Yves, Damien, Marion et Tof et les bambins, Myriam et Philippe.
La formation continue et on a enfin commencé la pratique, les journées sur l'eau. Sur des monocoques de 50 pieds (15 mètres), à 8 élèves pour 1 mono, on a le temps de s'ennuyer.
J'étais aux anges de retrouver la mer et je continue de prodigieusement m'ennuyer.
Malheureusement, on ne peut plus passer ce type de diplôme en candidat libre et il est obligatoire de passer sur les bancs de l'école.
Encore jusqu'au 11 décembre si tout va bien et je retrouverai Adrien et Lydia que j'emmènerai vers les Grenadines avant de m'envoler enfin à nouveau vers la métropole pour la fin d'année. Un tour à Argenton pour un nouvel-an dans l'intimité puis un passage par Nantes et Grenoble pour le mariage de Bérénice...
La fin d'année va être rapide et l'année prochaine sera pleine de rebondissement dans mes choix de carrière et de vie.
AVRIL 2010

25/04/2010 :
Position :
47° 12' N / 1° 30' W
KENAVO. « Les bergers, comme les marins ou les commis voyageurs connaissent toujours une ville où existe quelqu’un capable de leur faire oublier le plaisir de courir le monde en toute liberté » Paolo Coehlo
Il était bien temps de donner quelques nouvelles après si longtemps. Que de choses me sont arrivées depuis l’été dernier, que de changements, que de bouleversements.
Tant de choses, de celles qu’on ne raconte pas, de celles qui se taisent, de celles que je suis bien incapable de raconter.
Il ne sera pas difficile de lire entre les lignes de cette citation tirée de « l’alchimiste ». Juste pour moi le fait de vous dire que cette ville est pour moi Saint Sébastien, à côté de Nantes. C’est là que j’ai déposé mon sac de marin. C’est là que j’ai remonté les meubles que j’avais entreposés ou prêtés. C’est là que je découvre une nouvelle existence.
Voilà donc une longue pause, une trêve dans le voyage. Je ne sais pas si j’ai trouvé ce que je cherchais, je sais ce que j’ai perdu, je crois savoir ce que j’ai gagné.
La dernière fois que j’ai quitté Idefix, c’était le bagage pour le moins très léger et le cœur serré une nuit de Janvier. Adieu inracontable pour moi, plus qu’un pincement au cœur, une véritable déchirure.
Je tourne la page, ou j’essaye, après 4 ans de vie commune avec mon compagnon des mers.
Je ne sais pas si je cesserai un jour de rêver au voyage, je sais que je n’oublierai jamais les milles parcourus avec mon compagnon. Je ne sais où la vie me mènera mais tout comme sur un voilier, je laisse le vent guider mes pas et je prends plaisir où je suis aujourd’hui, je me réjouis d’être où la vie m’a amené, vivant et heureux.
L’idée du voyage est loin d’être enterrée, il sera simplement différent.
J’ai rejoint aujourd’hui le froid de la métropole, j’ai retrouvé une vie bien plus banale aux yeux de beaucoup et je ne mettrai plus mon site à jour pour raconter ma vie, celle-ci n’avait d’intérêt que par son côté atypique et les lieux merveilleux que je découvrais. Je retrouve une vie que certains qualifient de classique mais qui pour moi aujourd’hui est loin de l’être.
J’ai laissé au fil des escales des connaissances, des copains, des amis. De la simple soirée partagée aux personnes que l’on n'oubliera jamais. Il est des visages, des sourires, des rencontres qui resteront pour moi inoubliables. Alea, Les Ouistitis, Les Barbapapas, Sam Suffy, Blanche Neige, Claude, les incontournables d’Annou Ale, et j’en oublie. Il est des personnes que j’espère revoir ici ou ailleurs, sur terre ou sur l’eau. De mes amis, certains sont en Amérique du sud, d’autres dans le Pacifique, beaucoup encore aux Antilles, certains sont comme moi revenus, pour un mois, un an, une vie.
Merci à tous ceux qui ont partagé mon voyage, qui ont partagé ces moments, qui m’ont soutenu dans mon périple. J’ai posé l’ancre aujourd’hui à terre, j’ai abandonné pour un temps les bouts et les nœuds de nos voiliers pour tisser des liens encore bien plus forts et plus durables que le plus puissant des nœuds.
A tous bon vent, vivez votre vie intensément pour ne jamais rien regretter.
Et pour finir avec l’auteur qui a ouvert cette nouvelle, « C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante »
Kenavo