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I. PRINCIPE DE BASE
II. LE SEXTANT
III. LA POSITION DU SOLEIL
IV. DETERMINATION D'UNE POSITION PAR RAPPORT AU SOLEIL
V. L'INTERCEPT ET L'AZIMUT
VI. REPORT SUR UNE CARTE
VII. MERIDIENNE
VIII. MESURE DES ETOILES
IX. L'HEURE
IX. LES FEUILLES DE CALCULS
I. PRINCIPE DE BASE
Le principe de base pour se repèrer a toujours nécessité de connaître la position exact d'un ou de plusieurs objets. En navigation côtière, on mesure l'angle entre le nord et l'amer ou les amers et l'on obtient une position. Si on a un seul amer, on peut faire un transport de relèvement pour déterminer sa position.
Pour un petit rappel, vous pouvez vous rendre au chapitre V. RELEVEMENTS ET POSITIONNEMENT du cours de navigation.
Pour simplifier les explications, je commencerai par ne parler que du soleil, c'est le plus simple à reconnaître de tous les astres. Mais avant toute chose, introduisons l'objet qui permet ces mesures, ce bijou de technologie, ce bel objet qu'est le sextant.




Si l'on tire une ligne entre le centre du soleil et le centre de la terre, on obtient un point à la surface de la terre que l'on appel Pg, pour point Géographique de l'astre. On appel aussi ce point le pied de l'astre.

L'angle que fait le soleil par rapport à l'équateur, qui correspond à l'angle entre le point Pg et l'équateur depuis le centre de la terre, cet angle est appelé Déclinaison et noté D.

La déclinaison varie pendant l'année. Le 21 juin, le point géographique Pg du soleil est le plus au nord possible (c'est l'été dans l'hémisphère nord). La déclinaison du soleil est alors de 23°26' Nord. Cette latitude correspond au tropique du Cancer.
A l'inverse, le 21 décembre, le point géographique Pg du soleil est le plus au sud possible, à 23°26' Sud. Cette latitude correspond au tropique du Capricorne.
Aux équinoxes, de printemps ou d'automne, la déclinaison est égale à zéro, ce qui veut dire que le point géographique Pg du soleil se situe sur l'équateur.

La déclinaison varie durant l'année entre +23°26' et -23°26'. De plus, durant la journée, la terre tournant sur elle-même, le point géographique Pg du soleil se déplace sur la surface de la terre.
Pour définir la position du point géographique du soleil sur la terre, on a besoin de 2 informations:
-la déclinaison que l'on a vu peut-être définie comme la latitude du point géographique du soleil.
-L'angle horaire à Greenwich du soleil, appelé AHG et qui correspond à la longitude du point géographique Pg du soleil. Il s'agit de l'angle entre le méridien de Greenwich et le méridien sur lequel se trouve le point géographique Pg.
Il est à noter que l'angle horaire à Greenwich AHG s'exprime en degré de 0 à 360. On n'utilise pas les termes Est ou Ouest pour cet angle. LA décliniaison peut elle s'exprimer Nord/Sud ou Plus/Moins.
Pour obtenir ces informations, on utilise les éphémérides. Ceux ci nous fournissent par jour, toutes les 6 heures ou heure par heure les informations sur la position du soleil.
Les éphémérides les plus simples donnent pour chaque jour les informations suivantes:
-AHG (ou AHv0) à 0H T.U, c'est à dire l'angle que fait le méridien de Greenwich avec le méridien portant le point Pg à minuit en temps universel (le soleil éclaire alors le pacifique). En général cette valeur est proche de 180 (ce qui est logique vous en conviendrez).
-Var AH (ou Var AHv0). C'est la variation par heure de l'AHG (Angle Horaire à Greenwich). En fonction de l'heure on peut déterminer cet angle AHG précisèment.
-D: la Déclinaison (ou Dec.) Donnée en Sud/Nord ou avec un signe et comprise entre -23°26' et +23°26'
-Var. D (ou Var dec.). C'est la variation de la déclinaison par heure (souvent exprimée en minute)
-T.Pass: c'est l'heure en T.U (Temps Universel) à laquelle le soleil est au zénith du méridien de Greenwich.

IV. DETERMINATION D'UNE POSITION PAR RAPPORT AU SOLEIL
Connaissant la position exact de Pg à un instant donné, on a un point de référence par rapport auquel se positionner.
Le soleil étant très éloigné, tous les rayons du soleil qui touche la terre sont parallèles. Ainsi, les rayons du soleil qui passent par le point Pg sont parallèles aux rayons qui passent par l'observateur (et son beau voilier).
La distance qui sépare l'observateur du point géographique du soleil Pg est égale à l'angle Dz nommé Distance Zénithale. C'est l'angle entre l'astre et le zénith de l'observateur. Mais comme on ne peut pas viser le centre de la terre, on va mesurer l'angle que fait le soleil avec la ligne d'horizon. Cette mesure nous donne la valeur h. Et la magie de la géométrie fait le reste. Les rayons du soleil sont tous parallèles. On a au niveau de l'observateur un angle droit entre la verticale et la ligne d'horizon, soit 90°. On mesure la hauteur h du soleil par rapport à l'horizon. On retrouve donc facilement la valeur de Dz, à savoir:
Dz = 90 - h
Si on mesure le soleil à une hauteur de 45°, on aura une distance zénithale de 45°. Chaque degré valant 60 minutes donc 60 milles, on aura donc une distance entre l'observateur et le point Pg de 45*60, soit 2700 milles.
On a donc la distance Dz qui nous sépare du point Pg, point Pg que l'on connaît grâce aux éphémérides. Mais en réalité, il existe plusieurs points du globe où l'on obtiendra exactement la même valeur Dz.
Sur une coupe de la terre passant par le centre de la terre, le point Pg et la position de l'observateur, on a déjà 2 positions où l'on obtient la même valeur Dz.

Comme on ne dispose que d'une distance Dz par rapport à un point définit Pg, on a en réalité un cercle pour lequel, chaque point présente la même distance zénithale Dz. Pour chaque point du cercle, un observateur mesurera la même hauteur du soleil h.
On appelle ce cercle une droite de hauteur
(logique non?). Par convention, on utilise un double trait pour tracer une droite de hauteur.
Pour mieux comprendre le terme "droite de hauteur", il faut s'imaginer représenter une toute petite partie du cercle de rayon Dz sur une carte marine. L'echelle de la carte est telle que le bout de cercle que l'on représentera apparaîtra comme une droite mais nous reverrons cela plus loin.

Avec une seule valeur Dz, on peut juste en déduire que l'on est quelque part sur ce cercle.

V. L'INTERCEPT ET L'AZIMUT
Remarque: tous les calculs expliqués ici sont repris dans le chapitre IX. LES FEUILLES DE CALCULS où vous trouverez les éphémérides jusqu'en 2013, les feuilles de calculs vierges ou la feuille de calcul automatique ou semi automatique que j'ai créée.
Conscient que l'on ne pouvait pas utiliser directement la valeur Dz, des petits génies en trigonométrie, arithmétique et géométrie ont trouvé une solution.
Plutôt que de prendre comme référence la point Pg, on prend comme point de départ la position estimée de l'observateur, Pe (de laquelle on espère être le plus proche possible).

Comme on connaît pour un instant t l'AHG (Angle Horaire à Greenwich du soleil) et la longitude estimée, on peut calculer facilement l'AHL, l'Angle Horaire Local du soleil, c'est à dire l'angle entre le méridien qui porte l'observateur et le méridien qui porte le point Pg.

Pour une heure précise donnée, on a donc, la déclinaison du soleil, l'Angle Horaire Local du soleil par rapport à la longitude estimée et la latitude estimée de l'observateur.
Il ne reste plus qu'à appliquer les formules que je ne saurai vous expliquer facilement (se replonger dans les cours sur le calcul d'orthodromie, la trigonométrie etc...).


Intercept, c'est à dire la différence entre les 2 hauteurs. L'Intercept correspond à la distance entre les 2 cercles. Le résultat est une distance exprimée en mille.
Intercept I = hv - hc
Mais ne disposant pas du centre des cercles, le point Pg, sur nos cartes, on ne peut pas tracer sur une carte marine d'echelle normale les 2 cercles. On a donc besoin d'une seconde information, l'Azimut
.
Zc = Z
Zc = 360 - Z

VI. REPORT SUR UNE CARTE
On a donc une latitude et une longitude estimée, un Intercept et un azimut. Ceci va nous permettre de positionner sur la carte notre droite de hauteur. Pour cela, partant de la position estimée Pe, on trace une droite vers le point Pg, selon l'Azimut Zc calculé. Ensuite, on reporte sur cet droite la distance obtenue à partir de l'Intercept.
A noter que si l'Intercept est négatif, on s'éloignera du point Pg (on ira donc à l'opposé de l'azimut).
A partir de ce point, on trace la droite de hauteur perpendiculaire à l'Azimut calculé. Par convention, une droite de hauteur se trace toujours avec 2 traits.
Cas d'un Intercept positif:

Cas d'un Intercept négatif:
La droite de hauteur que l'on reporte sur la carte ne correspond en réalité qu'à une partie de l'immense cercle de rayon Dz que nous ne pouvons tracer sur nos cartes.
Bien sûr, avec une seule mesure du soleil, on n'obtient pas une position. On peut seulement dire que l'on se trouve quelque part sur la droite de hauteur.
Il existe cependant un cas particulier, la méridienne. Mais ceci fait l'objet d'un autre chapitre, VII. LA MERIDIENNE.
Pour obtenir une position on a sqder('''''besoin de 2 points. Soit on a 2 astres à viser, soit on vise 2 fois le même astre à 2 moments différents.


Par exemple, si on prend comme echelle 2 cm pour 1' de latitude, à la latitude 20°. On aura alors pour la longitude:
1' de longitude = 2 / cos(20°)
Soit: 1' de longitude = 2,12 cm
De la même manière, si on prend comme echelle 2 cm pour 1' de longitude à la latitude 45°, on aura pour la laitude:
1 ' de latitude = 2 * cos(45°)
Soit: 1' de latitude = 1,41 cm
Pour valider ces formules, il suffit de vérifier qu'au niveau de l'équateur, comme cos(90°)=1, on n'a pas de différence entre 1' de latitude et 1' de longitude.
Avec votre echelle de latitude et de longitude, il ne reste plus qu'à tracer un quadrillage sur une feuille blanche, à positionner le point estimée et à tracer les droites de hauteurs. A chaque droite de hauteur, on affine sa position estimée et on reprend l'estime à partir de ce nouveau point.

VII. MERIDIENNE
C'est le moment où un astre se trouve le plus haut dans le ciel, le moment où l'astre passe au dessus du méridien sur lequel se trouve l'observateur. Pour le soleil, ce moment se produit à midi local, quand le soleil est au zénith.
Contrairement à la droite de hauteur où l'on mesure une hauteur à un instant T, avec la méridienne, on doit noter exactement l'heure à laquelle le soleil est au zénith et mesurer l'angle de celui-ci.
Contrairement à la droite de hauteur, les calculs sont beaucoup plus simple ici et on obtient une position en une mesure.
Ceci paraît simple en théorie mais beaucoup moins en pratique. Entre le moment où le soleil atteint son zénith et le moment où il commence à redescendre, il s'écoule un délai dépassant la minute. Il est très difficile de déterminer ce moment précisèment en 1 mesure.
Une technique consiste à prendre 2 ou 3 mesures à partir de 30 minutes avant que le soleil ne soit au zéntih. On note à chaque fois, l'heure précise et l'angle. Quand le soleil est au zénith, on mesure précisèment l'angle. Ensuite, quand il commence à redescendre, on règle le sextant aux différentes hauteurs que l'on avait mesurée. On attend que le soleil atteigne ces hauteurs et on note les heures précises.
Pour obtenir l'heure exacte où le soleil était au zénith, on fait la moyenne des heures que l'on a noté à la montée et la descente. On obtient ainsi l'heure de la culmination en heure T.U.
Mais un exemple est plus parlant.
Imaginons que l'on ai calculé avec nos différentes mesures que le soleil était au zénith à 15H34'53" en ce 1er janvier 2009. Les éphémérides nous indiquent pour cette date un T.Pass de 12H03'40". Le soleil était au zénith du méridien de Greenwich à 12H03'40". Le soleil a donc mis 15H34'53" - 12H03'40" pour arriver, soit 3H31'13".
Sur ces même éphémérides, on a pour le 1er janvier 2009 une variation de l'angle horaire à Greenwich de 14°995. C'est à dire que le point Pg bouge de 14°995 par heure. En 3H31'13", soit 3,51883 heures, le soleil a parcouru 3,51883 * 14,995 degré soit 52,7649°.
Notre longitude est donc de 52°45,89' Ouest.

Continuons avec notre exemple. On est par 52°45,89' Ouest. On a mesuré au sextant la hauteur au zenith hi = 78°34' en ayant le dos au sud.
Le 1er janvier 2009, la déclinaison est de 23°0,5' Sud soit -23°00,5'.
On a donc comme latitude L = 78°34' - 90 - 23°00,5'
On est à la latitude -34°26,5' soit 34°26,5' Sud.
Notre position est 34°26,5' Sud 52°45,89'Ouest soit au large du sud du brésil.

VIII. MESURE DES ETOILES
Le soleil est une étoile comme les autres ou presque. Ce qui la différencie pour nous des autres étoiles, c'est sa taille et le moment pendant lequel on peut l'observer. On n'observe pas les étoiles quand on peut observer le soleil et inversement (même au coucher ou lever du soleil, quand on voit les étoiles, le soleil est trop bas pour permettre une mesure et une droite de hauteur. Il faut en général que le soleil soit au moins à 7° de hauteur).
On différencie donc les étoiles du soleil par le tableau de correction de la hauteur mesurée pour obtenir la hauteur vraie. (Voir le chapitre II. LE SEXTANT).
On a vu que pour le soleil, on avait besoin de sa déclinaison et de son angle horaire à Greenwich ainsi que de la variation horaire de ces 2 valeurs pour chaque jour. On pourrait pour chaque étoile donner ces même valeurs, certains éphémérides complets le font mais il existe une autre solution, le POINT VERNAL.
Pour comprendre ce qu'est le point Vernal, il faut comprendre que les étoiles sont si éloignés que vu de la terre, les étoiles sont fixes les unes par rapport aux autres et que leur déclinaison ne varie pas pour ainsi dire durant l'année. Si on a la position d'une étoile, on peut positionner toutes les autres étoiles par rapport à la position de cette première étoile. Mais plutôt que de prendre une étoile comme référence, on a inventé le point Vernal. Les éphémérides simples que j'utilise donne l'angle horaire à Greenwich du point Vernal. La variation horaire de l'angle horaire du point Vernal est une constante. Elle vaut 15,041° par heure.
Pour positionner chaque étoile, les éphémérides donnent leur déclinaison et leur ascension Verse. La déclinaison est fixe pour l'année. L'Ascension Verse AV de l'étoile correspond à l'écart en angle horaire entre le méridien du point Vernal et le méridien de l'étoile considérée. On l'intègre pour le calcul de l'Angle Horaire Local:

IX. L'HEURE
Dans tous les calculs et les explications, on a vu que l'un des éléments essentiels pour la navigation astronomique est l'heure en temps universel T.U. Avant l'avénement du GPS, l'heure était à bord des navires une chose vitale. Sur les vieux gréement, maintenir l'heure exact était la clé pour se positionner précisèment. Et encore aujourd'hui, si l'on veut n'utiliser que le sextant, il faudra avoir l'heure exact à bord. Certes, de nombreux progrès ont été fait et nos montres sont pour le moins précises. Il n'empêche que l'on obtient avec le temps et l'usure de la pile un certains décallage.
Prenons l'exemple de la mesure de la latitude à la Méridienne. On définit notre latitude uniquement en fonction de l'heure à laquelle le soleil était au zénith. On sait que la terre tourne de 15° environ par heure. Donc chaque minute, la terre tourne de 15 milles (15°/H = 900 milles/H soit 15 milles par minutes). Toute les 4 secondes, la terre tourne d'1 mille. Si la montre du bord présente 15 seconde de décallage par rapport à l'heure exact, on aura 3 milles d'écart!
On peut bien sûr recaler le plus régulièrement possible sa montre sur l'heure T.U mais une solution consiste à apprendre comment sa montre se décalle. Quelques jours avant de partir, on règle sa montre précisèment à l'heure T.U. Après 24H, on observe s'il y a un décallage sans rerègler sa montre. On observe chaque jour le décallage. Après 4 ou 5 jours (plus si on est patient), on peut établir l'"erreur" de sa montre. Le jour du départ, on remet sa montre à l'heure exact en T.U et pendant le voyage, on tient compte de l'erreur observé pour corriger l'heure affichée et obtenir l'heure T.U exact.
L'erreur généré par l'heure est moins importante pour une droite de hauteur que pour la méridienne mais il convient quand même d'être le plus précis possible pour éviter de rajouter une erreur là ou on peut déjà en avoir beaucoup (erreur de lecture, erreur de visée...)

Grille de calcul vierge à imprimer:
J'ai aussi créé 2 feuilles de calcul sous excel en y intégrant les éphémérides jusqu'en 2013.
-Sur la première les calculs sont automatiques, il suffit de saisir la date, l'astre visé, l'heure et la mesure de la hauteur et l'on obtient l'Intercept et l'Azimut. il ne reste plus qu'à tracer la droite de hauteur.
-Sur la seconde, les calculs sont automatiques mais il faut chercher manuellement dans les éphémérides les valeurs de Déclinaison, AHG, les valeur de la variation d déclinaison et d'angle horaire.
Avec ces 3 versions, automatique, semi-auto et manuelle, vous pourrez vous exercez, vérifier et enfin vous passer de l'ordinateur.
Pour les éphémérides, j'en ai récupéré jusqu'en 2013. ils sont disponibles gratuitement sur plusieurs sites internet dont l'excellent site navastro.fr.
Ephéméride 2009: 
Ephéméride 2010: 
Ephéméride 2011: 
Ephéméride 2012: 
Ephéméride 2013: 